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Paul McCartney: “Je me sens toujours comme un môme”

Kisses on the bottom, album de reprises de titres jazzy des années 30, voit l’ancien Beatles Paul McCartney rendre hommage à son père, un pianiste amateur qui lui a inculqué l’amour de la musique. Rencontre à Londres avec une légende vivante.

A quand remonte l’idée de reprendre ces chansons que votre père jouait au piano quand vous étiez enfant ?
A très longtemps, peu après les débuts des Beatles. Mais, à ce moment-là, il fallait toujours proposer de la nouveauté. Puis, en 1970, Ringo Starr, notre batteur, a sorti Sentimental Journey, dans lequel il revisitait des chansons de son passé. Et moi je revoyais notre famille chantant, au nouvel an, avec mon père au piano. J’adorais ces vieux standards qu’il m’apprenait ou que je découvrais à la BBC.
Et ensuite ?
Des années plus tard, j’avais toujours ce rêve en tête, mais dès que je voulais m’y atteler, Robbie Williams ou Rod Stewart sortaient un disque du même genre et je ne voulais pas avoir l’air de prendre le train en marche. Du coup, j’ai opté pour des titres moins connus. Moi-même je ne connaissais pas “More I cannot wish you”, de Guys & Dolls.
Quelle influence ont eu sur vous ces titres des années 1920 ou 1930 ?
Ces morceaux remontent à une ère pré-rock’n’roll, mais nous ont influencéd par leur structure. Cela nous a aidéd à mettre en forme nos premiers morceaux. Quand j’ai connu John Lennon, on a réalisé sans honte que nous aimions ces vieux titres, qui nous ont servi de référence pour écrire les nôtres. On combinait ce qui nous y plaisait avec le rock.
Vous trouviez alors Fred Astaire ou Cole Porter “vraiment cool”. Comment vous ont-ils influencé ? Vouliez-vous leur ressembler à l’époque ?
Oui ! Qui n’aurait pas aimé bouger comme Fred dans les années 1950. Mais j’ai abandonné. (Rires.) C’était un personnage si élégant. Le style du disque lui doit beaucoup ainsi qu’à Gershwin… A propos, avez-vous vu The Artist ? C’est un bon film, mais surtout il évoque une période bénie en termes de style, de musique, d’intelligence dans l’art.
Avec la reine ou Michael Caine, vous êtes l’une des rares icônes britanniques vivantes. Comment le vivez-vous ?
C’est étrange car je me sens toujours comme un môme de Liverpool. Ma manière de réagir reste inspirée de la façon dont j’y ai grandi. C’est un sentiment étrange mais plaisant. Je suppose que, comme pour tous les boulots, j’ai voulu faire le mien le mieux possible. Aussi, si tu fais partie de cette liste d’“icônes”, tu ne vas pas dire une fois au sommet : “Oh non, ce n’est pas cette personne que je voulais être.” Et si c’est ainsi que les gens te voient, autant l’accepter et les remercier.
A l’époque des Beatles, vous disiez que le showbiz au-delà de 30 ans vous semblait pathétique…
Disons que c’est amusant comme la perception de l’âge évolue avec le temps. A 16-18 ans, nous pensions que 30 ans était un âge canonique et on se trouvait très cool à côté. Aujourd’hui, ça me paraît incroyablement jeune… En fait, je ne me voyais pas sur scène à un tel niveau à l’âge que j’ai. Mais le secret, c’est que ça ne m’a jamais lassé, et ça tient en forme. Et monter sur scène sous des ovations telles qu’en Amérique du Sud l’an passé m’amène à penser que j’aurai du mal à prendre ma retraite.?Même si j’ai un peu plus de 30 ans !
Un hommage à l’ancienne
A l’aube de ses 70 ans, sir Paul revisite son enfance. Pour dresser son inventaire jazzy-swing, plutôt que des standards, il privilégie des titres, “Home” ou “It’s only a papermoon”, lui rappelant son père, James. Ce pianiste amateur, qui a eu Paul à 40 ans, lui a transmis son amour des musiques old-fashioned. Elles l’aideront à affronter la perte de sa maman à 14 ans. Entouré de Diana Krall et de son groupe aux Capitol Studios de LA Macca se régale sur ces douze joyaux oubliés, tel “Bye bye blackbird” (repris par Sinatra), et offre deux inédits. Et les solos sont signés Eric Clapton ou Stevie Wonder.

Source : metrofrance

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