C’est aujourd’hui que l’abum de John Lennon, « Plastic Ono Band » fête ses 41 ans. Yellow-Sub.net vous propose une petite rétrospective sur ce disque considéré par beaucoup de fans comme le meilleur album solo de John Lennon.
John Lennon/Plastic Ono Band est le premier album solo de John Lennon. Auparavant, il a réalisé des albums expérimentaux avec Yoko Ono, ainsi que le Live Peace in Toronto 1969, enregistré en public à Toronto et attribué à The Plastic Ono Band. Cet album est lun des plus populaires de Lennon en solo. John Lennon et Yoko Ono ont fait appel à Phil Spector, qui avait déjà produit le hit de Lennon Instant Karma!, pour co-produire cet album dans les studios Abbey Road.
Sommaire
Le contexte de l’enregistrement
L’année 1969 est très mouvementée pour John Lennon : mariage avec Yoko Ono, les « bed in », divers engagements contre la Guerre du Viêt Nam, participation à Toronto au festival pour la paix (où sera réalisé Live Peace in Toronto 1969), un concert au London Lyceum, deux albums expérimentaux, deux singles (Give Peace a Chance et Cold Turkey), et une dispute en septembre avec les autres Beatles qui le poussera à leur annoncer en privé son retrait définitif du groupe.
Le premier semestre de 1970 savérera très difficile pour Lennon. Demblée, son projet de festival pour la paix, prévu pour lété 1970, est annulé. Le conflit d’intérêt qui l’oppose à Paul McCartney s’aggrave malgré la reprise par Phil Spector de la post-production de l’album Let It Be. Par ailleurs, ses problèmes récurrents avec les forces de l’ordre et la justice font les choux gras des tabloïds londoniens. Malgré tout, le single Instant Karma! sort en février et obtient un beau succès dans les charts.
John Lennon et Yoko Ono se cloîtrent dans leur nouvelle propriété de Tittenhurst Park, dépendants aux drogues dures, doù ils prennent connaissance du communiqué de presse dans lequel Paul McCartney annonce sa volonté de quitter les Beatles. Cette nouvelle nest cependant que lofficialisation dune volonté exprimée depuis plusieurs mois au sein du groupe.
Cest ainsi quils décident de suivre une thérapie chez le docteur Arthur Janov, spécialiste du cri primal (primal scream) qui consiste à laide de cris et de pleurs à replacer le patient dans les situations les plus critiques de sa lointaine enfance. Même si la thérapie fut interrompue et inachevée du fait du départ des Lennon des États-Unis, elle eut des conséquences intéressantes sur lartiste: cette thérapie lui permit décrire et denregistrer des chansons dune qualité supérieures à ses compositions habituelles.
L’enregistrement
Revenu en Angleterre, John Lennon enregistre à partir du 26 septembre aux studios Abbey Road avec le Plastic Ono Band. Le Plastic Ono Band était un groupe à géométrie variable dont le personnel pouvait varier selon les projets. Pour cet album, on retrouve Ringo Starr à la batterie et Klaus Voormann à la basse. Billy Preston joue du piano sur God et Phil Spector sur Love. John Lennon est au chant, à la guitare et au piano sur les autres morceaux.
L’analyse musicale :
Toutes les chansons ont été écrites et composées par John Lennon. Le disque souvre sur Mother, base du disque, comparable à lenfance qui est le point de départ de la Vie. Après un son de cloche glacial, commence ce rock tragique et émotionnel, où lauteur dans un trait de génie arrive à résumer dans de courts vers toute la douleur quil a subi étant enfant : Mama dont go, Daddy come home que lon traduira aisément par « Ne ten va pas maman, reviens à la maison papa ».
Immédiatement après, Hold On vient nous rassurer avec une façon optimiste de voir le présent. Le tout accompagné par un air de guitare électrique « ensoleillé ». Lalbum rentre alors dans sa phase purement philosophique avec I Found Out, Working Class Hero et Isolation. Dans le premier, il sen prend vivement aux idées pacifiste de ces comtemporains (en particulier des hippies) qui circulaient beaucoup à cette époque pour ne garder que la réalité (ce sujet avait déjà été traité quelques mois plus tôt dans le titre Instant Karma).
Working Class Hero est une des plus brillantes chansons engagées jamais réalisée, Lennon défend la classe ouvrière, résultant des longues discussions qu’il eu avec le Docteur Arthur Janov (As soon as youre born they make you feel small – depuis ta naissance ils font tout pour te réduire) tout en parlant de lui-même aussi.
Isolation, présente la solitude sous sa forme la plus fatale. Remember , avec son air nostalgique nous ramène aux angoisses du début du disque, Lennon y fait référence à la Conspiration des poudres. Dans Love, la chanson se veut étre un clin d’oeil au John Lennon des années 60, en parlant de l’amour à la 3eme personne ce qui nous rappelle The Word et All You Need Is Love. Well Well Well se veut quant à lui un retour au style primaire mis en scène par une guitare gueulante et accompagnés de cris. Le sujet va de pair, avec une façon très crue de décrire l’amour dans sa vie de couple. Look At Me, est une chanson toute douce qui contraste avec la précédente. Elle fut écrite à lépoque où les Beatles étaient en Inde en 1968, mais navait pas été utilisée jusqualors.
God est la conclusion de cette saga : John Lennon détruit tous les mythes, y compris celui des Beatles, ceci à l’aide de litanie où il dresse la liste de toutes les choses auxquelles il ne croit pas ou ne croit plus : la Bible, la magie, Hitler, Jesus, John F. Kennedy, Elvis Presley, Bob Dylan (qu’il nomme ici par son vrai nom, Zimmerman) et enfin, et surtout, les Beatles. Après un court silence il révèle quil ne croit quen lui-même, et après une hésitation, il ajoute quil croit aussi en Yoko et termine la chanson en expliquant pourquoi il ny a plus et ny aura plus jamais de Beatles: la phrase The dream is over, ( le rêve est fini ) vient ponctuer dun point final tous les rêves des fans désireux de voir la magie Lennon/McCartney et Harrison renaître de ses cendres.
Lalbum sachève de manière surprenante avec un petit passage qui sappelle My Mummys Dead . Ce titre fut volontairement enregistré dans de moins bonnes conditions de manière à ce que Lennon ait lair de venir dun passé lointain pour témoigner du drame que fut la mort de sa mère, Julia, douze ans auparavant.
Le Track-listing de l’album
- Mother
- Hold On
- I Found Out
- Working Class Hero
- Isolation
- Face B
- No Titre
- Remember
- Love
- Well Well Well
- Look at Me
- God
- My Mummy’s Dead
Les musiciens ayant collaboré à l’enregistrement :
- John Lennon guitare acoustique, guitare électrique, piano, orgue Hammond, chant
- Ringo Starr batterie
- Klaus Voormann guitare basse
- Phil Spector piano (sur Love)
- Billy Preston piano (sur God)
L’équipe technique et studio
- John Lennon producteur
- Yoko Ono producteur
- Phil Spector producteur
- John Leckie ingénieur du son
- Richard Lush ingénieur du son
- Phil McDonald ingénieur du son
- Andy Stevens ingénieur du son
Zoom sur « Mother »
- Contexte de la composition : Après la séparation des Beatles fin 1969, John Lennon, encouragé par Yoko Ono, suit une thérapie auprès du docteur Arthur Janov pour exorciser le souvenir de la mort de sa mère Julia, survenue dans sa jeunesse. Lennon et Ono partent donc aux États-Unis dans le centre médical de Janov, qui y expérimente sa thérapie primale auprès de ses patients. Celui-ci permet à Lennon de constater que certaines de ses chansons à l’époque des Beatles étaient des allusions inconscientes à ce drame, comme Tell Me Why, quand elles n’y faisaient pas clairement référence, comme dans le cas de Julia. Cette thérapie, qui pousse Lennon dans ses derniers retranchements et est abandonnée prématurément, lui permet également d’évacuer ses peurs et les traumatismes de son enfance en composant une dizaine de chansons très personnelles. Parmi elles se trouve Mother, appel déchirant à ses parents disparus4. La chanson n’est en effet pas uniquement destinée à sa mère disparue, mais également à son père Alfred Lennon qui l’a quitté alors qu’il n’avait que cinq ans.
- L’enregistrement : Comme le reste des chansons enregistrées fin 1970 par Lennon, Mother se distingue par une instrumentalisation très simple. Au piano dont il joue et au chant qu’il assure, s’ajoutent simplement la basse de son ami Klaus Voormann rencontré alors que les Beatles jouaient à Hambourg, et la batterie de Ringo Starr. Lennon n’osait pas, en effet, enregistrer de chansons trop personnelles en présence de Paul McCartney et George Harrison, qu’il connaissait trop bien et depuis trop longtemps pour le faire sans être mal à l’aise. Les enregistrements se déroulent aux studios Abbey Road à Londres en septembre et octobre 1970. Avant de jouer du piano, Lennon avait tenté d’utiliser une guitare électrique, qui ne convenait finalement pas à l’effet désiré. La version de Mother à la guitare peut être entendue sur la John Lennon Anthology.
- Analyse musicale : Mother se base, d’un point de vue musical, sur une ligne de basse et une piste de batterie assez simples, ainsi que des accords de piano ponctuant les phrases de chant. Durant les trente premières secondes de la version longue résonnent des coups de cloches à intervalle réguliers, symboles de deuil. Suit ensuite une partie chantée, puis, sur un rythme un peu plus accéléré, la longue fin de la chanson, Lennon y hurlant à répétition « Mama don’t go ! Daddy come home ! » (« Maman, ne pars pas ! Papa, reviens à la maison »), appels à sa mère morte et à son père parti au bout du monde quand il avait six ans. La partie de chant en elle même se compose de trois couplets sur la même forme. Le premier s’adresse à la mère de Lennon : « Mother, you had me, but I never had you » (« Mère, tu m’as eu, mais je ne t’ai jamais eue ») et lui explique à quel point il avait besoin d’elle. Le deuxième couplet s’adresse ensuite à son père, Alfred : « Father, you left me, but I never left you » (« Père, tu m’as délaissé, mais je ne t’ai jamais délaissé »), poursuivant sur le mal qu’il a eu à vivre sans lui. Le dernier couplet s’adresse aux enfants (et certainement en particulier à son fils Julian, les implorant de ne pas faire les mêmes erreurs que lui. Chacun des trois couplets s’achève sur un « Good bye » (« au revoir »). Mother peut-être mise en parallèle avec une autre chanson de John Lennon/Plastic Ono Band, My Mummy Is Dead, qui clôt l’album. Les deux chansons, partageant le même thème, sont pourtant bien différentes : là où la première dure plus de cinq minutes, la seconde dure moins d’une minute. Quand la première est composée de cris déchirants, la seconde est chantée d’une voix d’enfant étouffée à l’aide d’une guitare acoustique. À l’appel désespéré de la première répond le simple constat de la deuxième qui tente d’expliquer son malheur avant de conclure « I can’t explain ; so much pain » (« je ne peux pas l’expliquer ; trop de douleur »).
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- John Lennon en 1970
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