Notre reporter est le seul journaliste français à avoir assisté à la dernière répétition de Ringo et son groupe avant une tournée estivale qui passera par Lyon le 2 juillet. Et échangé quelques bons mots avec l’ancien des Beatles.
Cest une Angleterre de carte postale. À une heure de train au sud de Londres, dans la campagne. Des prairies vertes, des pubs fleuris, un golf, et même un concours de lévriers juste à la sortie de Cranleigh, dans le Surrey. Cest là que les Londoniens aisés viennent oublier lagitation de la City. La moindre voiture est une Daimler. Les maisons sont énormes. Et il y a un petit aérodrome. Et cest là, dans le hangar 86, que Ringo sest installé pour ses dernières répétitions. Une scène a été installée, sur laquelle trône la fameuse batterie « Ludwig » du maître.
Une vingtaine de journalistes est venue assister à la dernière répet. Un Russe, une Italienne, plusieurs Allemands. Et le représentant du Progrès, puisque Ringo joue à Lyon début juillet. Après une annonce enthousiaste de son producteur, qui rappelle que Ringo va aller jouer dans des endroits où il na pas chanté depuis les Beatles (Lyon, par exemple), le voilà qui débarque.
Costume noir, t-shirt noir, lunettes noires. Il est en forme, aminci. Entouré dune pléiade de fines lames (dont Edgard Winter et Rick Dirringer). Installé derrière sa batterie, il lance « Boys », la chanson quil chantait déjà sur le premier album des Beatles. Une version enjouée et puissante, qui ramène immanquablement lauditeur à sa jeunesse, quels que soient lâge et lépoque où lon a découvert cette musique. Il laisse ses amis chanter quelques titres, salue les journalistes présents, et entame « With a little help from my friends », que John et Paul avaient écrite pour lui, à lépoque de « Sgt. Peppers ». Sa voix na pas bougé. Le groupe est fidèle aux arrangements et aux churs. Frissons dans lassistance
{{Pourquoi reprendre la route des tournées ? Soif de gloire, dargent ?}}
(Rires.) Ca fait tout simplement des années que je nai pas tourné en Europe, ça me démangeait. Jai un super-groupe, des très jolies chansons, un public qui semble mattendre. Alors pourquoi pas
Vous savez, jouer de la batterie, chanter sur scène, cest ce que je veux faire depuis lâge de 13 ans. En fait, cest même à peu près tout ce que je sais faire
Alors je continue.
Il ne reste que deux Beatles
(Il coupe la question) Non, je suis le dernier Beatle vivant ! Je plaisante, cest une blague typiquement britannique. Vous ne pouvez pas saisir
Vous savez, les Beatles, cétait juste quatre « lads » (1) qui faisaient de la musique, il ne faut pas exagérer, on nétait pas sur le Mayflower ! (2)
{{Encore une blague à la Ringo ?}}
Oui, il faut que je fasse attention. Il y a deux ans, jai dit que je naimais plus Liverpool, pour rigoler. Jai reçu des montagnes de protestations. Je paye encore cette blague idiote. Et pourtant jaime Liverpool.
{{Vous allez jouer à Liverpool, justement
}}
Oui, tant mieux. Jadore vraiment cet endroit, sans déconner. Jy ai grandi, ma famille est encore là-bas. Enfin, pas mes parents, mais de la famille, quoi. Cest chouette cette ville. Jinsiste
{{Vous allez jouer à Hambourg, le soir de votre anniversaire. Comment ça va se passer ?}}
Je vais payer une tournée. De leau pour tout le monde ! Hambourg me ramène bien sûr à mes jeunes années, on y a fait une fête permanente pendant tous mes séjours. Et pourtant, on passait des heures sur scène. Jy étais bien avant de jouer avec les Beatles. Au début je jouais avec Rory Storm and the Hurricanes, puis avec Tony Sheridan
{{Vous navez pas demandé à Paul McCartney de venir jouer avec vous ?}}
Si bien sûr, comme je lui demande à chaque fois. Je lui ai proposé dintégrer le « All Starrs band », avec loffre de chanter deux chansons sur scène, comme tout le monde. Mais hélas, il nétait pas libre
Source : leprogres













