Des centaines de fans foulent chaque jour l’un des passages pour piétons les plus célèbres du monde devant les studios d’Abbey Road à Londres, pour rejouer la photographie légendaire des Beatles traversant la rue, il y aura 40 ans samedi.
Le 8 août 2009, les nostalgiques des « Fab’ Four » doivent se retrouver à 11h35 (10h35 GMT) pour célébrer, à la minute près, le quarantième anniversaire de la séance photo qui, en 10 minutes et seulement six clichés, accoucha de la couverture de leur dernier album, « Abbey Road ».
Le cérémonial se répète chaque jour sur ce carrefour, près de St John’s Wood, dans le nord-ouest de Londres. Des centaines de touristes se photographient en train de singer, plus ou moins scrupuleusement, la célèbre mise en scène: file indienne, regard droit devant, jambes écartées.
A part l’usure des fameuses bandes blanches, le décor n’a quasiment pas changé. « C’est l’un des rares endroits non altéré de l’histoire des Beatles, où on peut avoir une idée de ce qui s’est passé à cette époque », s’enthousiasme un fan californien.
Populaire à l’époque, le quartier est pourtant devenu une zone résidentielle hupée de Londres, bordée de propriétés valant des millions de livres.
Maddie, une adolescente du quartier, se souvient de « cette bande d’Espagnols, d’un certain âge, qui ont subitement enlevé leur pantalon au milieu de la rue » le mois dernier.
« Le défi, c’est de faire exactement la même photo », explique Christophe. « Sauf qu’il faudrait un escabeau et se mettre au milieu de la rue », répond Thierry. Ces deux amis français, T-shirt des Beatles sur les épaules, viennent de passer une heure à traverser dans tous les sens le carrefour, avec quatre de leurs enfants, des ados tous passionnés du groupe britannique.
« C’est fou de se dire qu’on marche exactement au même endroit qu’eux », réalise Lucille, 15 ans. « En plus si près de la date exacte », ajoute Paul, son frère. « Mais on s’est dit qu’il valait mieux venir trois jours avant, il y aura trop de monde samedi ».
Du monde, il y en déjà trop pour certains automobilistes qui « klaxonnent et hurlent des trucs pas très gentils en anglais », raconte Paul, lorsque les touristes se figent trop longtemps au milieu de la rue.
Quinze mètres plus loin, au numéro 3 d’Abbey Road, le studio d’enregistrement est la seconde étape du pélerinage. Outre les Beatles, Fred Aster, Glenn Miller, les Pink Floyd, Oasis, ou U2, y ont travaillé. Mais c’est aux « Scarabées » que sont dédiés les milliers de signatures et de graffitis sur le muret à l’entrée.
Marcelo, un accro brésilien des Beatles, est à la recherche de son paraphe, gravé là 13 ans plutôt. Entre de nombreux gribouillis, on distingue les messages d’amoureux (« Simon and Alice here come together »), des appels désespérés (« Come together over »), des hommages émus (« This is where the magic happened »), souvent résumés par un titre de leurs chansons: « Here comes the sun », « All you need is love ».
Marcelo cherche encore. Sans succès. « Le guide nous a dit qu’ils repeignaient le mur six fois par an », explique Lucille. Même les maisons voisines ont été envahies.
Ce qui ne plaît pas beaucoup au concierge de l’immeuble mitoyen, au numéro 1 d’Abbey Road. « Les gens viennent et secouent les portes pour qu’on les laisse entrer, mais il n’y aucun lien avec le studio ici », s’agace le sexagénaire.
Au-dessus du carrefour, le studio d’Abbey Road a installé une webcam, et depuis 1999 un site internet invite les fans à publier leurs meilleures photos. Christophe et ses enfants sont satisfaits des leurs. « On fait un peu partie de la photo maintenant », lance-t-il en partant.
Copyright © 2009 AFP
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