Un jury de Los Angeles (Californie) a reconnu, lundi 13 avril, Phil Spector coupable du meurtre de l’actrice Lana Clarkson, tuée le 3 février 2003 d’une balle dans la bouche, à l’entrée du luxueux manoir du producteur de musique.
Arrivé au tribunal, arborant sur sa veste un badge « Barack Obama Rocks », Phil Spector, 69 ans, qui était resté en liberté depuis les faits grâce au versement d’une caution de 1 million de dollars, a été immédiatement placé en détention, après le verdict. Sa peine sera prononcée le 29 mai. Il risque quinze années de prison pour « second degree murder » (« meurtre sans préméditation »). Peine qui pourrait être aggravée pour l’utilisation d’une arme à feu.
La défense a soutenu, en vain, la thèse du suicide de l’actrice âgée de 40 ans, qui avait joué dans des films de série B et avait rencontré Phil Spector dans la soirée du 3 février 2003 dans le club de Sunset Boulevard House of Blues où elle travaillait comme hôtesse. Mais l’ancien chauffeur de Spector avait témoigné avoir vu son patron sortir de sa résidence, une arme à la main, et dire : « Je crois que j’ai tué quelqu’un. »
L’accusation a produit les témoignages à charge de cinq femmes qui avaient été menacées d’une arme par le producteur ivre, alors qu’elles refusaient ses avances. Et elle a réussi à convaincre le jury de six hommes et de six femmes, qui délibérait depuis le 26 mars, à l’issue d’un procès de cinq mois, qui a vu défiler soixante-dix-sept témoins à la barre (mais Spector a choisi de ne pas témoigner en sa faveur). Un premier procès en 2007 n’avait pas abouti à un verdict.
Producteur réputé dans les années 1960 et 1970, Phil Spector est connu pour la technique originale d’enregistrement dite « wall of sound » (« mur de son ») qu’il a perfectionnée au début des années 1960. Il a d’abord produit des groupes vocaux (The Crystals, The Ronettes), puis Ike et Tina Turner (River Deep Mountain High, 1966), les Beatles (Let It Be), John Lennon, George Harrison, Leonard Cohen (1974), ou The Ramones (1980). Parmi ses succès, Be My Baby, par The Ronettes, Da Doo Ron Ron, par The Crystals ou You’ve Lost That Loving Feeling, des Righteous Brothers.
Source : LE MONDE












