Le président du procès de Phil Spector à Los Angeles a infligé un revers lundi à la défense du producteur accusé de meurtre en refusant de considérer comme une preuve un manuscrit de la victime présumée, dans lequel Lana Clarkson évoquait un suicide.
« Je ne considère pas que quoi que ce soit dans ce document ait de l’importance » dans l’affaire en cours, a déclaré le juge Larry Fidler. Ce manuscrit de Clarkson, intitulé « l’histoire de ma vie », « n’a aucune valeur de preuve », a-t-il ajouté.
Spector, 67 ans, comparaît depuis fin avril devant 12 jurés pour répondre du meurtre de Clarkson, une ancienne actrice de série B retrouvée morte d’une balle dans la tête dans le manoir du célèbre producteur de rock le 3 février 2003.
Depuis le début de l’affaire, l’accusé et ses avocats affirment que cette femme de 40 ans, déprimée par le tour qu’avait pris sa carrière, était ivre et s’est suicidée dans la demeure de Spector. Tous deux venaient de se rencontrer dans la salle de concerts de Hollywood où Clarkson travaillait comme serveuse.
L’un des avocats de Spector, Christopher Plourd, affirmait que le manuscrit de Clarkson était un journal intime et dépeignait la déprime de l’ex-starlette, sa toxicomanie passée, son alcoolisme et sa fascination pour les armes.
De son côté, le procureur adjoint Alan Jackson avait assuré que ces écrits n’étaient qu’une fiction au mieux semi-autobiographique, rédigée en vue d’un cours de comédie.
La défense voulait ainsi contrer le témoignage du médecin ayant autopsié Clarkson. Enumérant les signes montrant que l’arme ayant tué cette femme avait été introduite de force dans sa bouche, le docteur Louis Pena a dit la semaine dernière avoir la certitude que l’ancienne actrice avait été victime d’un homicide.
M. Plourd affirmait que les conclusions du praticien avaient été biaisées car il n’était pas au courant de l’état psychologique de Clarkson peu avant sa mort.
Depuis le début des débats du procès, le 25 avril, le parquet a présenté les témoignages de quatre femmes affirmant avoir été menacées avec une arme par Spector après qu’elles eurent refusé ses avances.
L’ancien chauffeur du producteur a pour sa part raconté avoir entendu son patron dire « Je crois que j’ai tué quelqu’un » peu avant la découverte du corps de Clarkson.
Spector comparaît libre après avoir versé une caution d’un million de dollars. Le parquet a décidé de ne pas requérir la peine de mort contre lui, mais il risque de longues années sous les verrous.
Le producteur est considéré comme l’un des génies de la musique rock grâce à la technique révolutionnaire d’enregistrement dite du « mur du son » qu’il avait mise au point dans les années 1960 au profit d’artistes comme John Lennon, George Harrison ou les Ronettes.
Source : AFP












