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Paul McCartney “Memory Almost Full” : preview

En 97 Dylan a surpris les fans et les observateurs avec son album come back Time Out Of Mind. Lourdement produit par Lanois, Dylan a offert un album chargé d?importance et il en a été applaudi. L?opinion était qu?avec un bon collaborateur et un bon savoir faire, Dylan pouvait refaire des albums aussi forts que dans sa prime jeunesse. Quatre ans plus tard, Dylan prefere produire lui-même ce qui serait un de ses plus brillants albums depuis sa jeunesse : Love & Theft. Fans et critiques etaient sur le cul en ecoutant la qualité musicale et des paroles de l?album. Meme les aficionados de Time ne pensaient pas que Dylan serait capable d?un instant aussi magique a ce stade de sa carrière.
Osons le dire simplement, Memory Almost Full est le Love & Theft de McCartney.
Paul a consciencieusement rebati sa credibilité depuis une bonne dizaine d?annees maintenant, s?investissant dans quelques albums forts comme Flaming Pie ou, avec moins de succès, Driving Rain. Son dernier opus, Chaos…, etait un triomphe artistique et largement crédité a la presence de Nigel Godrich. Les articles revenaient sur la methode de Godrich qui visait a muscler Paul lui-même, le forçant a renvoyer ses collaborateurs serviles et rejetant meme plusieurs chansons. Le resultat etait là : une collection de titres beatlesesques, avec des paroles a la hauteur de l?enjeu, beaucoup de sincérité, et avec une prod sans defaut.
Evidemment, comme pas mal d?admirateurs de l?album, j?ai chanté les louanges de Saint Nigel, il l’avait bien merité… En souhaitant surtout qu?il produise les albums du reste de la carriere de Paul, et meme reprendre entierement Press To Play ! Je voulais qu?il soit a Paul ce que Rick Rubin etait a Johnny Cash. Et pourtant je devais bien admettre qu?il manquait un petit quelque chose a Chaos, ce quelque chose comme une determination sans faille qu?il y a toujours eu dans son approche inevitablement « Beatles » des choses. Certains disaient que Chaos n?etait pas assez rock, ok, mais je dirait plutot qu?il manquait une certaine energie, qui ne se traduit pas forcement par “rock” mais au moins par la joie d?enregistrer, en gros il n?y avait pas assez de chaos avec la creation. Bref, j?etais heureux de cet album, mais bon, j?en voulais encore plus.
Mais… heureusement pour nous tous, Paul est un cameleon, et certainement un peu chamboulé a l?idee d?avoir dans le dos un contremaitre toujours là pour lui casser les couilles… Comme Dylan en 2001, Paul nous a donc pondu un album plein de courage et de creativité, avec ses propres armes, ses propres mots. Et aussi improbable que cela semble, MAF est un point haut de sa carriere et un compagnon de bon aloi à Chaos and Creation. Là ou le precedent album evoquait Rubber Soul, Revolver, et le White Album, MAF est en réalité le meilleur album Wings jamais réalisé. Ceux qui jugeaient Chaos trop lent vont etre servis par des flots d?energie a revendre, et pour la premiere fois peut-etre en 30 ans. Pour ceux qui adoraient Chaos, ici la production est d?excellente tenue, la sincérité au rendez vous, et ajoute une note de gaieté et un souci de l?experimentation qui fera de vous un nouveau croyant.
Cela commence par Dance Tonight un simple hors d?oeuvre fait de mandoline et de batterie. Cette mandoline qui fait immanquablement penser a George et son ukelele, ce qui me fait sourire en pensant a lui. C?est un titre sans pretention, un peu dans la veine de Great Day, sinon mieux. C?est court et sans grande substance ? ce qui en fait un curieux choix comme premier single UK vous me direz… ? mais c?est plein de charme et devrait rassurer ceux qui craignaient un album d?auto-flagellation en raison de son divorce. J?aurais preferé ce titre en final de l?album, mais on en reparlera…
MAF commence reellement avec la seconde chanson, avec le single americain, Ever Present Past. Pur titre pop (ici sans rentrer dans les details techniques) avec une confection particulière que Godrich aurait probablement rejeté. Les paroles servent la chanson, et a la difference de certains titres dance-pop precedents comme Press, là elles ont un certain poids, ou en tous cas en ont l?apparence. La chanson se termine par un joli petit ch?ur de guitares et introduit immediatement la troisieme qui ouvre sur un choeur vocal a cappella extremement doux.
See Your Sunshine est donc un autre bijou pop, et Paulo y trouve meme ? apres tant de chansons d?amour ? un nouvel angle d?attaque.
Look what You’ve done to me baby
You’re making me feel so fine
Step out in front of me baby
They want you in the front of the line
The wanna see your sunshine
Paul chante ici avec beaucoup de conviction, et les choeurs sont sublimes. Il y a semble-t-il une touche de ?cloche? avec la batterie et la fin, chargée d?une belle ligne de basse, me rappelle ?And Your Bird Can Sing?. Aucunement un titre lourd ou pretentieux, juste un petit bijou.
Le titre 4 sent a plein nez la premiere grande ballade de l?album, avec une intro a cordes. Mais on est pris par surprise apres 40 secondes par l?arrivée en force des guitares electriques, et Paulo nous offre là un de ses meilleurs morceaux rock de sa carriere, Only Mama Knows. Tres Wings dans l?ame, beaucoup plus que Beatles, mais jouée par son equipe traditionnelle et avec des paroles fascinantes qui seront chères a tout Beatleogiste qui se respecte ! Evidemment, le mot ?Mama? se refere inevitablement a Linda. Le psychologue du fauteuil expliquera sans probleme que la ?ville abandonnée? dont il est question dans les paroles n?est que le synomyme de la perte de reperes que vit Paul sans Linda. La suite des paroles en dit long sur son combat. Bon bien sur, apres tout, il ne s?agit peut-etre que d?un morceau sans reflexion particulière, mais au moins c?est le premier qui inviter a la ?speculation?. La fin se termine avec les cordes, et de maniere assez sombre, dans la veine de Glass Onion.
La suivante et la ballade que j?attendais, You Tell Me. Peut-etre une chanson ?Anti-Heather? et pourtant, elle daterait de 2003. Chanson d?amour sombre, qui semble aggressive ?sur le papier? mais au fond plein de regrets. Instrumentation simple, guitare acoustique, batterie en sourdine, et des ch?urs tres Wings. Est-ce que Denny Laine a été assommé, embarqué de nuit dans un camion, et ramené au Mill pour enregistrer de force ? on ne le saura jamais, mais ces ch?urs sont plein de tristesse. Peu de notes, beaucoup d?emotion dans le jeu de guitare electrique.
Et ça nous amene au milieu de l?album et son sommet.
Mr Bellamy est tout ce que Chaos n?est pas : marrant, ridicule, absurde, mais glorieux. Ahh ça aurait peu vous faire enrager sur Paul, cela aurait pu etre “Magneto and the Morse Moose de Soleil Like an Icon” mais pas du tout. C?est une structure, un modèle de chanson jusqu’à present inconnu dans sa carriere ainsi que celle des Beatles. J?etais tellement sur le cul a la premiere ecoute que je me suis mis a rire nerveusement. Debutant par des cuivres vaguement melancoliques, puis repris par un piano en verve, Paul commence une chanson qui parle vraisemblablement de son chat coincé dans l?arbre (du point de vue du chat). Les voix changent au gré de celle du chat,
I’m not coming down
No matter what you do
I like it up here without you
du proprio,
All right, Mr. Bellamy
We’ll have you down soon
et enfin des pompiers qui arrivent pour sauver la bete.
Steady, lads
easy does it
Ooooh, don’t frighten him!
Here we go…
Au fond, Mr Bellamy ne serait-il pas le reflet des problemes personnels de Paul ? il semble aimer la quietude de l?arbre?Mr Bellamy est-elle aussi profonde ? Paul a-t-il voulu mettre autant de reflexion dans une chanson au sujet d?un chat perdu dans l?arbre ? Nul ne le sait, mais c?est en tous cas une piece maitresse de ce genie, parfaitement jouée et produite. Quand il chante « ne le brusquez pas !! » il y a alors une ligne de guitare qui reflete parfaitement l?inquietude des paroles. Apres le refus final du chat “I’m not coming down/ No matter what you do/ I like it up here without you”, il y a un final cuivres-piano avec Paul chantonnant “Come down, come down to me.”
Tout simplement brilliant.
Le titre qui suit est un peu un ton en dessous, mais qui ne serait pas un ton en dessous apres Mr Bellamy ?
Gratitude nous rappelle Call Me Back Again, mais sans le coté vibrant de celle-ci. C?est un point tournant de l?album en fait, et les paroles sont specifiquement dediees a Linda. Lui montrer a quel point elle lui manque.
I’m so grateful for everything
You’ve ever given me
How can I explain
What it means to be loved by you?
I wanna show my gratitude…
I should stop loving you
Think what you’ve put me through
But I don’t want to lock my heart away
I will look forward to days when I’ll be loving you
Until then I’m gonna wish, and hope, and PRAAAAAY!!!!
Ce sont surtout les deux dernieres lignes qui sont pleines d?emotion, Paul semble attendre le moment ou il sera reuni avec Linda dans une autre vie. Le titre vire assez vite a la ?celebration?, avec une avalanche de cuivres succedant au piano. Il surchante un peu, vraisemblablement, et ce ne sont peut-etre pas les flutes de gospel les plus adaptees, mais bon ça passe.
Vintage Clothes introduit le fameux medley. Si on doit appeler cela un medley, cela se rapproche plus de Red Rose que de Abbey Road. Là ou on perd en symphonie, on gagne en emotion. C?est un titre piano rock qui se moque gentiment des gens entre deux ages. C?est marrant et charmant et surtout, pas trop long, introduisant idealement un titre rockabilly joyeux a la ?Summer of 59? , avec plus d?energie toutefois, et qui s?appelle ?That Was Me?.
Don’t live in the past
Don’t hold onto something that’s changing fast
What we are is what we are
And what we wear … is vintage clothes
That was me, at the scout camp
In the school play,
Spade and bucket by the sea
That was me
Ce sont des souvenirs d?enfance, la aussi, jusqu?a la vague de Beatlemania, c?est agreable de l?entendre aussi joyeux et heureux, surtout a la fin !
Cela nous amene au plus calme Feet In The Clouds.
Un tres grand titre mid-tempo, qui fonctionne immediatement, avec la aussi une veine d?enfance nostalgique :
The teachers said I had my head in the clouds
They directed, I suspected, disconnected
Had it my way
On the street I had my feet on the ground
Stood corrected, well protected, resurrected
Had it my way
Les choeurs sont typiques de Macca, mais ils deviennent beaucoup plus complexes a la fin.
I’ve got my feet in the clouds
Got my head on the ground
I know that I’m not a square
As long as they’re not around
But I find it very, very, very, very, very, very hard
Les choeurs sont répétés sur la fin, la derniere ligne etant chantée plusieurs fois via un vocoder, avec Paul chantant scat, avec les cordes en fond. Cela pourrait etre un alliage desastreux mais ça fonctionne impec !
Ce sont ces trois là qui font vraiment le medley, car les choses prennent un tournant sinistre avec House Of Wax?ce titre semble sorti tout droit de la ?rock arena? des Wings Over America, une grande ballade rock. Un peu comme Soily, les paroles sont sombres et mysterieuses.
Lightning hits the house of wax
Poets spill out on the street
To set alight the incomplete
Remainders of the future
Hidden in the yard
Underneath the wall
Buried deep below a thousand layers
Lay the answer to it all
Le reste est a l?avenant, de la pure stupidité Wings, a la ?Beware My Love?, et on pourrait oublier…sauf que c?est superbement chanté, et de splendides guitares, et tres sympa a l’ecoute, au fond. Et joué en live, ça peut etre du tonnerre.
Alors evidemment apres un morceau aussi long/eprouvant, Paul comme d ?hab nous fait le coup de se caler dans quelque chose de plus mignon, et avec un bien bel impact : The End Of The End a toutes les marques d?un final, avec toutes les exigences de quelqu?un qui a composé Let It Be et Hey Jude. Certains ont deja commenté les paroles, plutot morbides et s?etonnant que Paul evoque probablement sa propre mort. Cela semble inevitable que cela le travaille un peu apres tant de pertes autour de lui.
At the end of the end
It’s the start of a journey
To a much better place
And this wasn’t bad
So a much better place
Would have to be special
No need to be sad
Tres bien foutu, très “take a sad song and make it better” ? et il vous atteint direct entre les deux yeux avec les parole qui suivent :
On the day that I die I’d like jokes to be told
And stories of old to be rolled out like carpets
That children have played on
And laid on while listening to stories of old
C?est une chanson charmante et touchante et ? heureusement ? il n?est pas là a geindre. Il a ecrit les fameuse lignes “And in the end/ The love you take/ Is equal to the love/ You make” il y a pres de 40 ans et il s?est ecoulé une vie entiere depuis lors. Vous serez forcement touché en l?entendant.
Malheureusement ce moment sublime est gaché par la seule faute de l?album, un bruyant n?importe quoi appelé “Nod Your Head”. On aurait pu vivre avec s?il y avait eu une plage de silence de 10 minutes entre l?avant dernier et le dernier titre.ù. Le probleme est qu?il succede brutalement a The End Of The End et rejette toute l?emotion que vous aviez patiemment accumulé en l?ecoutant. Bon, ça ne tue pas l?album, mais mettre ce titre de non-sense en cloture de ce merveilleux album est une mauvaise idee. Comme je l?ai dit au debut, si il avait du mettre un court titre a la ?Her Majesty? ici, eh bien c?etait Dance Tonight qu?il fallait placer, pour compenser la ballade precedente. J?ajouterais donc les bonus tracks quand j?acheterais l?album final. La seule chose que je modifierai sur l?album, personnellement.
Bon alors ? ou peut se situer Memory Almost Full dans le pantheon mccartneien ? La question avait deja été soulevee avec Chaos, certains le mettant dans le top 5 d?autres dans le top 3.
Plus raisonnablement, mieux vaut toujours attendre un an ou deux avant de faire de pareils classements. Evidemment, Chaos vieillit bien mais Memory va forcement provoquer une reevaluation car le nouvel album a reveillé des cotés disparus depuis longtemps chez McCartney, qu?on croyait engloutis a jamais.
Là ou Chaos etait mature et majestueux, Memory est direct et impetueux. La larme dans l??il de Paul est remplacée par une etincelle. Je ne sais pas comment l?album sera reçu ailleurs, ça varie largement ok, mais mon vrai probleme perso c?est : qui je vire dans les 5 premiers pour l?y mettre ???

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