EMI Group a annoncé vendredi que les bénéfices annuels de son activité musique seraient inférieurs aux attentes après un Noël décevant, ce qui a fait perdre près de 10% à son cours de Bourse.
Le numéro trois mondial de l’édition musicale, qui fondait ses espoirs sur des nouveautés telles que l’album remixé « Love » des Beatles ou « Rudebox » de Robbie Williams, a précisé que le chiffre d’affaires annuel de la division musique diminuerait sans doute de 6 à 10% à taux de change constant, après une baisse de 5,2% sur les six mois au 30 septembre.
La maison de disque britannique a également annoncé le départ immédiat du PDG d’EMI Music, Alain Lévy, et de son vice-président David Munns, ainsi que son intention de réduire les coûts. Lévy était aux commandes d’EMI Music depuis octobre 2001.
« La performance d’EMI Music au second semestre est à ce jour, en termes de chiffre d’affaires et de résultats, en deçà des attentes », explique le groupe dans un communiqué.
« Cela est le résultat de mauvaises conditions de marché, surtout durant la période de Noël, et de ventes inférieures aux prévisions à ce jour du portefeuille de nouveautés d’EMI Music au second semestre ».
EMI, label d’artistes tels que Robbie Williams ou Coldplay et propriétaire du catalogue des Beatles, a rejeté une approche en décembre qui, selon une source proche du dossier, émanait du fonds de capital investissement Permira .
UN « VOEU PIEUX »?
La maison de disques avait tenté au début 2006 de se rapprocher de Warner Music Group, chacune des deux sociétés lançant une offre sur l’autre. Mais la justice européenne a mis un coup d’arrêt à leur tentative en annulant la fusion, conclue en 2004, de Sony Music, filiale de Sony, et de BMG, propriété de Bertelsmann .
« Une fois de plus, la société s’embarque dans un programme de restructuration alors qu’elle avait réaffirmé à l’automne que tout allait bien, qu’elle se sentait suffisamment solide pour rejeter l’offre d’un groupe de private equity dont on dit qu’elle dépassait celle de 310 pence de Warner cet été », commente l’analyste Patrick Yau, de Bridgewell Securities.
« Ces valorisations paraissent vraiment relever du voeu pieux et la direction se retrouve bien en peine de proposer une stratégie qui tienne la route », ajoute-t-il, ramenant sa prévision de bénéfice imposable annuel de 160 à 112,8 millions de livres.
Eric Nicoli, président du groupe EMI depuis juillet 1999, assumera également les fonctions de directeur général et aura la responsabilité directe de la gestion d’EMI Music.
« Nous venons de connaître sept années consécutives de déclin sur le marché du disque », a déclaré Nicoli lors d’une vidéo-conférence, précisant qu’il fallait désormais qu’EMI améliore sa part de marché sur les ventes en ligne.
En novembre, EMI avait annoncé que ses ventes et téléchargements en ligne représentaient 9,4% de son chiffre d’affaires disques, contre une moyenne de 11% pour le reste de l’industrie musicale.
« Les ventes de l’industrie musicale sont faibles, mais il semble également qu’EMI ait perdu une part importante de ses parts de marché », estime Simon Wallis, analyste chez Collins Stewart.
« Une année de mauvais résultats ne veut pas dire qu’EMI Music est foutu et n’a plus de valeur. Cela prouve plutôt la capacité limitée de la direction à déterminer une ligne de dépenses appropriée en fonction du type d’activité, et de parvenir à s’en tenir au calendrier fixé. »
ECONOMIES DANS LE « NON CREATIF »
Nicoli a dit que le groupe ne comptait pas pour l’heure modifier sa politique du dividende. Il a ajouté qu’il s’était assuré une facilité supplémentaire de 250 millions de sterling à partir des lignes de crédit existantes pour financier une charge de restructuration.
EMI a également fait part de son intention d’économiser 110 millions de livres (166 millions d’euros) par an, plus de la moitié de cette économie devant être dégagée sur l’exercice clos au 31 mars 2008 et la totalité durant l’exercice suivant.
Ces économies, réalisées notamment à partir de suppressions d’emplois dont le nombre n’a pas été précisé, génèreront elles-mêmes dans un premier temps une charge qui ne dépassera pas 150 millions de livres, précise EMI.
Le directeur financier Martin Stewart a précisé que 85% des économies envisagées proviendraient de la musique enregistrée et le reste de l’édition musicale. Il a ajouté qu’aucune des régions du groupe n’aurait à subir de réduction des coûts disproportionnée. Nicoli a dit de son côté que la « grande majorité » des économies seraient réalisées dans les segments « non créatifs » de l’entreprise.
L’action EMI, qui surperformait l’indice DJ Stoxx européen des médias de quelque 4% en 2006, a clôturé à 264-1/2 pence jeudi, valorisant l’entreprise à 2,1 milliards de livres environ. Mais son « profit warning » a entraîné une chute de 10% dans les premiers échanges. Elle perdait 6,05% à 248-1/2p vers 15h15 GMT.par Kate Holton et Mark Potter
LONDRES (Reuters) – EMI Group a annoncé vendredi que les bénéfices annuels de son activité musique seraient inférieurs aux attentes après un Noël décevant, ce qui a fait perdre près de 10% à son cours de Bourse.
Le numéro trois mondial de l’édition musicale, qui fondait ses espoirs sur des nouveautés telles que l’album remixé « Love » des Beatles ou « Rudebox » de Robbie Williams, a précisé que le chiffre d’affaires annuel de la division musique diminuerait sans doute de 6 à 10% à taux de change constant, après une baisse de 5,2% sur les six mois au 30 septembre.
La maison de disque britannique a également annoncé le départ immédiat du PDG d’EMI Music, Alain Lévy, et de son vice-président David Munns, ainsi que son intention de réduire les coûts. Lévy était aux commandes d’EMI Music depuis octobre 2001.
« La performance d’EMI Music au second semestre est à ce jour, en termes de chiffre d’affaires et de résultats, en deçà des attentes », explique le groupe dans un communiqué.
« Cela est le résultat de mauvaises conditions de marché, surtout durant la période de Noël, et de ventes inférieures aux prévisions à ce jour du portefeuille de nouveautés d’EMI Music au second semestre ».
EMI, label d’artistes tels que Robbie Williams ou Coldplay et propriétaire du catalogue des Beatles, a rejeté une approche en décembre qui, selon une source proche du dossier, émanait du fonds de capital investissement Permira .
UN « VOEU PIEUX »?
La maison de disques avait tenté au début 2006 de se rapprocher de Warner Music Group, chacune des deux sociétés lançant une offre sur l’autre. Mais la justice européenne a mis un coup d’arrêt à leur tentative en annulant la fusion, conclue en 2004, de Sony Music, filiale de Sony, et de BMG, propriété de Bertelsmann .
« Une fois de plus, la société s’embarque dans un programme de restructuration alors qu’elle avait réaffirmé à l’automne que tout allait bien, qu’elle se sentait suffisamment solide pour rejeter l’offre d’un groupe de private equity dont on dit qu’elle dépassait celle de 310 pence de Warner cet été », commente l’analyste Patrick Yau, de Bridgewell Securities.
« Ces valorisations paraissent vraiment relever du voeu pieux et la direction se retrouve bien en peine de proposer une stratégie qui tienne la route », ajoute-t-il, ramenant sa prévision de bénéfice imposable annuel de 160 à 112,8 millions de livres.
Eric Nicoli, président du groupe EMI depuis juillet 1999, assumera également les fonctions de directeur général et aura la responsabilité directe de la gestion d’EMI Music.
« Nous venons de connaître sept années consécutives de déclin sur le marché du disque », a déclaré Nicoli lors d’une vidéo-conférence, précisant qu’il fallait désormais qu’EMI améliore sa part de marché sur les ventes en ligne.
En novembre, EMI avait annoncé que ses ventes et téléchargements en ligne représentaient 9,4% de son chiffre d’affaires disques, contre une moyenne de 11% pour le reste de l’industrie musicale.
« Les ventes de l’industrie musicale sont faibles, mais il semble également qu’EMI ait perdu une part importante de ses parts de marché », estime Simon Wallis, analyste chez Collins Stewart.
« Une année de mauvais résultats ne veut pas dire qu’EMI Music est foutu et n’a plus de valeur. Cela prouve plutôt la capacité limitée de la direction à déterminer une ligne de dépenses appropriée en fonction du type d’activité, et de parvenir à s’en tenir au calendrier fixé. »
ECONOMIES DANS LE « NON CREATIF »
Nicoli a dit que le groupe ne comptait pas pour l’heure modifier sa politique du dividende. Il a ajouté qu’il s’était assuré une facilité supplémentaire de 250 millions de sterling à partir des lignes de crédit existantes pour financier une charge de restructuration.
EMI a également fait part de son intention d’économiser 110 millions de livres (166 millions d’euros) par an, plus de la moitié de cette économie devant être dégagée sur l’exercice clos au 31 mars 2008 et la totalité durant l’exercice suivant.
Ces économies, réalisées notamment à partir de suppressions d’emplois dont le nombre n’a pas été précisé, génèreront elles-mêmes dans un premier temps une charge qui ne dépassera pas 150 millions de livres, précise EMI.
Le directeur financier Martin Stewart a précisé que 85% des économies envisagées proviendraient de la musique enregistrée et le reste de l’édition musicale. Il a ajouté qu’aucune des régions du groupe n’aurait à subir de réduction des coûts disproportionnée. Nicoli a dit de son côté que la « grande majorité » des économies seraient réalisées dans les segments « non créatifs » de l’entreprise.
L’action EMI, qui surperformait l’indice DJ Stoxx européen des médias de quelque 4% en 2006, a clôturé à 264-1/2 pence jeudi, valorisant l’entreprise à 2,1 milliards de livres environ. Mais son « profit warning » a entraîné une chute de 10% dans les premiers échanges. Elle perdait 6,05% à 248-1/2p vers 15h15 GMT.
Source : Reuters












