Le 8 décembre 1980 à New York, Mark David Chapman abattait John Lennon de quatre balles de revolver, la cinquième ratant sa cible. La motivation de Chapman, garçon de 25 ans sans grand intérêt, était de devenir célèbre. Objectif atteint ! Ce docu allemand vient en remettre une couche en déroulant en parallèle les vies de Lennon et de son meurtrier, désormais unis pour l’éternité. C’est dire s’il sera impératif de tenir les frappadingues éloignés du téléviseur pendant les 52 minutes de cette émission : les rues sont déjà si peu sûres.
Le film est basé sur les témoignages de Frederic Seaman, proche de Lennon, de Daniel Schwartz, psy qui a eu à examiner Chapman, et de Jack Jones, biographe de ce dernier. C’est à tort qu’Arte affirme que les auteurs du docu ont pu interviewer l’assassin de Lennon dans sa prison d’Attica (Etat de New York) : la voix (off) de Chapman provient des enregistrements réalisés au début des années 90 par Jack Jones. Depuis, Chapman, qui s’est vu refuser trois demandes de liberté conditionnelle depuis 2000, a bien compris qu’il avait intérêt à la boucler s’il voulait ressortir un jour.
Comment devient-on assassin de star? En ratant sa vie au point de vouloir emprunter celle d’un autre. C’est ainsi qu’après une existence médiocre Chapman s’est retrouvé devant le Dakota Building (l’immeuble néogothique où Polanski avait tourné Rosemary’s Baby quelques années auparavant) avec un revolver dans sa poche droite, un exemplaire de l’Attrape-Coeur de Salinger dans la gauche, et le dernier disque de Lennon-Ono (Double Fantasy) sous le bras. Lennon sort du Dakota à 17 heures et dédicace le disque qui lui est tendu. Frederic Seaman, le confident de la star, immortalise la scène en prenant Lennon et Chapman en photo. Puis l’ex-Beatle part. Il ne revient qu’à 22h50. Chapman est toujours là, il tire. Dans un premier temps, le meurtrier a prétendu qu’il s’était totalement identifié à Holden Caulfield, le héros du livre de Salinger, et qu’il était parti à son tour «en croisade contre la duplicité», en l’occurrence celle de Lennon, idéaliste devenu bourgeois. Seul moment amusant du film, cette confession de Frederic Seaman : «Après la crémation de Lennon, Doug McDouglas (garde du corps du fils Lennon) a posé sur mon bureau une urne enveloppée de papier cadeau et m’a dit : « Ben voilà, c’était le musicien le plus célèbre du monde ».»
Source : Edouard LAUNET













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