Décidément, Sonic Youth ne nous quitte plus. Qui s’en plaindrait ? Après avoir sillonné la France cet été (festivals Art rock de Saint-Brieuc, Eurockéennes de Belfort, La Route du rock de Saint-Malo), vingt-quatre ans après sa formation, le quintet pop noisy new-yorkais lâchera de nouveau ses guitares saturées, ce soir et demain à la Cité de la musique, pour une visite historique à plus d’un titre.
D’abord, ces deux concerts seront les derniers de Jim O’Rourke, l’inspiré musicos-producteur-arrangeur américain, avec le combo qu’il avait rejoint en 2002 pour l’enregistrement de Murray Street, 17e album des légendes indies. Mais il se dit que le Chicagoan pourrait collaborer de nouveau dans le futur avec ses futurs ex-amis. Autre fait exceptionnel : invités à célébrer l’exposition hommage à John Lennon à la Cité de la musique (jusqu’au 25 juin) est-ce parce qu’ils ont enregistré leur mythique Experimental Jet Set, Trash and No Star (1994) à la Hit Factory, où Lennon oeuvrait quand il a été assassiné ? , les Sonic Youth (Moore, Gordon, Ranaldo, Shelley, O’Rourke) ont choisi d’illustrer in situ deux projections.
La première, Two Virgins, est un court métrage de vingt minutes réalisé en 1968 par John Lennon et Yoko Ono, dont la musique a été composée par le duo pour son premier album Unfinished Music n° 1. Par la suite, les New-Yorkais lâcheront leurs décibels sur une création de Tony Ousler réalisée à leur intention.
Si l’on en juge par la dernière sortie de ce genre des Sonic Youth ils avaient hérité d’une carte blanche d’Olivier Assayas à Art rock , les inconditionnels pourront venir à cette performance, que l’on devine barrée, les yeux fermés, mais les profanes, eux, devront peut-être y réfléchir à deux fois…
Source :
par Philippe BROCHEN
