Le spectacle a commencé par Magical Mystery Tour pour se terminer 2 h 45 plus tard par The End. Entre les deux, 35 chansons. De la puissance (l’explosive Live and Let Die), de la douceur (la sublime Jenny Wren), des moments de pure grâce (Let it Be) et des surprises (In Spite of All the Danger, la toute première chanson enregistrée par Paul McCartney, John Lennon et George Harrison). Une soirée unique, parfaite… magique.
«Saturday night in New York», répétait Sir Paul à la foule réunie au Madison Square Garden, où McCartney a arrêté son Us tour quatre soirs plutôt qu’un. Le 15 août 1965, ses collègues des Beatles et lui se produisaient à New York devant 50 000 personnes, dans le Shea Stadium des Mets.
Quarante ans plus tard, à 63 ans, Sir Paul est loin d’être un has been. Son dernier disque, Chaos And Creation in the Backyard en est la preuve. Et sur scène, son magnétisme n’a pas pris une ride.
McCartney n’incarne pas la nostalgie. L’heure est aux bilans, mais l’artiste assume l’ensemble de son parcours musical. Avant son entrée en scène, une vidéo, projetée sur des écrans géants, retrace les moments forts de sa carrière: sa naissance à Liverpool, son apprentissage de la musique, sa rencontre avec John Lennon, l’hystérie beatlesque, son chemin avec les Wings et les albums solo qui ont suivi.
Samedi soir, ses images ont gonflé le public à bloc pour la suite, une suite garnie de succès des Beatles. Après un départ solide incluant Magical Mystery Tour et Jet (des Wings), McCartney s’est adressé à la foule: «On va jouer de nouvelles chansons ce soir, mais la prochaine est du old stuff». Ont suivi I’ll Get You, Drive my Car, Till There Was You, Let Me Roll It et Got to Get You into my Life. Cela vous donne une idée…
Le «cute Beatles» est naturel, relax et sweet. Il ne manque pas de rendre hommage à John et George, devant une foule émue. Après chaque chanson, il lève les deux bras en l’air en marchant d’un pas cool. «Oups, un piano vient d’apparaître», dit-il, expliquant qu’il est déjà tombé dans le trou duquel l’imposant instrument émerge derrière lui.
Il s’assoit au piano pour Fine Line, qui ouvre Chaos And Creation in the Backyard, suivie des superbes Maybe I’m Amazed et The Long and Winding Road. Ses musiciens se retirent. «Bienvenue dans mon salon», chuchote-t-il au micro, en empoignant une guitare, pour interpréter I Will et Jenny Wren, précédée de In Spite of All the Danger – une chanson des Quarrymen (le premier groupe de John, Paul et George) enregistrée grâce à la contribution d’une livre sterling de chacun des membres.
Tout au long de la soirée, McCartney passe de la basse à la guitare, en s’arrêtant au piano de temps à autre. Il revisite quelques succès des Wings, d’autres de son nouvel album (English Tea, Follow Me), mais surtout des titres des Beatles (Blackbird, Eleanor Rigby). Ses excellents musiciens et lui reprennent les solos, les harmonies vocales et les arrangements d’origine. Et le son est impeccable. Résultat: des succès qui déboulent dans le Madison Square Garden. Avant le premier rappel, cela n’arrête plus: Good Day Sunchine, Band on the Run, Penny Lane, I Got a Feeling, Back in the USSR, Hey Jude et Live and Let Die, accompagnée d’explosions sonores et visuelles (des boules de feu).
Paul et ses quatre musiciens partent à l’arrière-scène, sous un déluge de cris et d’applaudissements. Puis McCartney revient pour Yesterday, expliquant qu’il gratte la même guitare qu’au Ed Sullivan Show, en 1964! Après Get Back et la foudroyante Helter Skelter, un autre rappel, lancé par Please Please Me. Puis Paul s’assoit au piano, éclairé par une chandelle, pour Let it Be. Poignant… Et le tout se termine par Sgt Peppers et The End.
Sur le cul. Voilà comment étaient les 20 000 spectateurs après 2 h 45 de hits. De tous les musiciens pop de ce monde, Paul McCartney est sans doute celui qui peut puiser dans le meilleur répertoire (et les Rolling Stones? laissons ce débat de côté). De le voir et de l’entendre était un privilège unique, voire la chance d’une vie.
Source : Émilie Côté / La Presse / New York












