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2005 L'actualité Beatles

Les belles histoires de l’oncle Paul

C’est en Floride que Paul McCartney a lancé sa tournée mondiale. Et son formidable nouvel album. Photo AP.
Vendredi, se tenait à Miami la première mondiale du US Tour de Paul McCartney. Nous y étions, en exclusivité pour la presse belge. Bravo Paulo !
C’est comme si les Stones, jeudi à New York, et les Beatles, par l’entremise de McCartney, vendredi à Miami, s’affrontaient une dernière fois. Un duel qui montre l’incroyable mainmise des sexagénaires du rock et de la pop sur une industrie dont ils sont toujours les capitaines, plus riches et plus admirés que jamais.
Il y a 40 ans, le 15 août 1965, avec les Beatles, Paul McCartney s’était produit devant plus de 55.000 personnes dans le Shea Stadium des NY Mets. Cela appartient aujourd’hui à l’histoire, à notre histoire. Et Macca arbore fièrement ces années. Son « Us tour » de 37 dates (jeu de mots avec us, nous) s’ouvre d’ailleurs sur un film racontant sa vie. En fait, pour les Stones comme pour Paul, l’événement ne tient plus qu’à ça : la longévité. Les deux spectacles reviennent sans cesse sur le passé, les années d’or. Paulo prend plaisir à jouer la carte nostalgique, sachant ce plaisir partagé par les 20.000 personnes qu’il a tous les soirs devant lui.
Le concert démarre sur les chapeaux de roue avec « The Magical Mystery tour » et son décor psychédélique. Avec « Jet », on se rend tout de suite compte à quel point le groupe qui entoure Paulo est bon. Brian Ray, Rusty Anderson, Abe Laboriel Jr. et Paul Wickens connaissent chaque note des Beatles et des Wings par coeur. Le son est renversant. La surprise, cette année, vient du répertoire qui, par exemple, va rechercher un incunable d’avant-Beatles : « In spite of all the danger », le premier enregistrement de Paul, avec John et George.
« I’ll get you », « Till there was you », « Got to get you into my life », « Drive my car », « Let me roll it ». Paul joue sur toutes les émotions. Il est hyper cool, s’amuse à blaguer, il la joue naturel, proche du public. Ce sont les belles histoires de l’oncle Paul, en somme.
« Maybe I’m amazed » et « The long and widing road », au piano, émeuvent autant que « I will ». Mais toujours Paul rebondit avec humour, comme d’oser commencer « Yellow submarine » avant de l’abandonner en disant : laissons ça à la tournée de Ringo. Les nouveaux titres passent beaucoup mieux que sur disque : rien de tel qu’un vrai bon groupe jouant ensemble. Puis c’est l’artillerie lourde avec « Blackbird » et « Eleonor Rigby ».
Paul dédie « Too many people » aux Stones et « Good day sunshine » aux astronautes de Discovery à qui Houston avait offert ce titre pour leur retour sur terre. Avant le fabuleux doublé « Band on the run » et « Penny Lane ». Arrivent ensuite les classiques des classiques : « Back in USSR », « Hey Jude » au piano, « Live and let die » et ses explosions sonores et visuelles. Les rappels sont imparables : « Yesterday », « Get back », « Helter Skelter », « Please please me », « Let it be » avec la bougie sur le piano droit et enfin « Sgt. Pepper’s ».
On reste séduit par des chansons, un groupe et un interprète qui ont tout pour eux : la force, l’émotion et la sympathie. All you need is Paul, est-il inscrit sur une des nombreuses pancartes tenues à bout de bras par les fans. Une pluie de confettis s’abat sur le public une fois le groupe parti. Des paillettes sur nos vies pour les rendre plus belles ? C’est à ça aussi que sert la musique. Donner du bonheur, que du bonheur, tout le bonheur du monde. En deux heures trente, et 36 chansons, Mister Paul n’a fait que ça.

Source :
THIERRY COLJON

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