Il y a trente cinq ans commençait la carrière solo de Paul McCartney avec un premier album éponyme ? Avant, il y avait eu les Beatles et le succès qu’on leur connaît mais tout au long des vingt ouvrages qui ont parsemé son épopée solitaire, McCartney n’aura eu de cesse d’évoluer, de donner un nouveau visage à sa musique, pas toujours franchement du goût de ses fans mais à chaque fois résolument novateur. Et puis il y a eu les retrouvailles avec Sir George Martin, le légendaire producteur des Fab Four, et la rencontre avec Nigel Godrich, l’artisan du son et du succès de groupes comme Air, Radiohead, Beck ? Et d’un coup d’un seul, McCartney tira un trait pour revenir trente cinq ans en arrière et enregistrer un album qui évoque étrangement autant son premier opus solo que les derniers albums Beatles. L’exercice peut paraître un tantinet délicat, même si c’est ce qu’une grande partie du public espérait en secret, et il aura fallu deux ans de travail pour le mener à bien ?
Sans aucun excès de mégalomanie mais avec une réelle volonté de donner le meilleur de lui-même, McCartney a choisi de mettre la main à la pâte sur la quasi-totalité de ce qui devient à peu de chose près son jubilée et, outre l’écriture, la composition et le chant, il s’offre pratiquement toute l’interprétation en passant allègrement de la guitare, la basse, la batterie ou le piano au bugle, l’harmonium ou encore la flûte ? En découle un petit parfum de déjà-vu bien évidement, mais c’est fait avec une telle envie et une telle maîtrise que cela en devient touchant, à l’image de ces entraînants » Fine Line » ou » Promise To You Girl » que l’on croit connaître depuis toujours ou des morceaux plus personnels et plus sombres comme peuvent l’être » At The Mercy « , » Too Much Rain » ou » Riding To Vanity Fair « . Un album de Paul McCartney sans au moins un tube ne serait pas totalement achevé et » Chaos And Creation In The Back Yard » ne déroge pas à la tradition en nous offrant les indispensables » Jenny Wren » et » Follow Me « , deux titres où l’Epiphone acoustique est mis particulièrement en avant qui devraient achever de semer la discorde entre partisans et détracteurs d’un ouvrage paradoxalement aussi ambitieux que passéiste. Parfois, les traditions ont du bon et McCartney nous prouve par l’objet qu’il est possible de faire du neuf avec du vieux ? Bien joué l’artiste !
Source : ZICAZINE













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