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Paul McCartney retrouve ses vingt ans

En 1967, Paul McCartney écrivait »When I’m sixty-four». En 2005, il a 63 ans et sortira lundi son vingtième album post-Beatles, »Chaos and creation in the backyard» (EMI), qui compte parmi ce qu’il a fait de plus réussi depuis la séparation des »Fab four».
La parution de »Chaos and creation in the backyard» (qui ne sort que mardi aux Etats-Unis) précède de quelques jours le lancement de la tournée américaine de McCartney, le 16 septembre à Miami. Son précédent album studio, »Driving rain», remontait à 2001.
Une attente qui a manifestement été profitable au bassiste gaucher: loin de la pop parfois anodine de ses disques précédents, »Chaos and creation in the backyard» s’inscrit dans la lignée des premiers et meilleurs albums solo de »Macca», comme »McCartney» (1970) ou »Ram» (1971, co-signé avec sa femme Linda, aujourd’hui décédée), et même dans celle des albums tardifs des Beatles, comme l’album blanc (1968) ou »Abbey Road» (1969).
»C’est vrai, certains de ces titres auraient pu être enregistrés avec les Beatles. J’en suis arrivé à un point dans ma vie où je me dis: +OK, c’est mon style. Je l’ai inventé avec les Beatles. Un tas de groupes font référence à ce son là, pourquoi n’aurais-je pas le droit d’y revenir moi aussi?+ J’ai pris la décision de ne pas avoir honte de mes racines», a affirmé McCartney à Epok, l’hebdomadaire de la FNAC.
Ces racines sont apparentes dans »Chaos and creation in the backyard», qui contient treize titres (plus un instrumental caché) et dure 47 minutes. La superbe »Jenny Wren», troisième chanson du disque, rappelle un titre de l’album blanc, »Blackbird», les harmonies élégiaques de »At the mercy» semblent sorties d’»Abbey Road» tandis que »English tea» évoque à la fois »For no one», une chanson de l’album »Revolver» (1966), pour sa mélodie au piano, et »The fool on the hill» (tiré de »Magical mystery tour», 1967) pour un court passage à la flûte en plein coeur du morceau.
»Chaos and creation in the backyard», qui sort 35 ans après la séparation des Beatles, 25 ans après le meurtre de John Lennon et quatre ans après la mort de George Harrison des suites d’un cancer, baigne en outre dans une ambiance très mélancolique et nostalgique.
»Looking through the backyard of my life» (»En examinant l’arrière-cour de ma vie»), chante ainsi »Macca» dans »Promise to you girl», alors que la très belle photo de pochette prise en 1962 par son frère, Mike, le montre, tout jeune homme, en train de gratter une guitare au fond du jardin familial.
McCartney n’est pas le seul responsable de la réussite de cet album. Elle tient pour beaucoup au fait qu’il a été produit par Nigel Godrich, une »pointure» dans son domaine, qui a notamment collaboré avec Radiohead, Travis ou Beck et n’a pas hésité à bousculer le »mythe» McCartney pour l’inciter à donner le meilleur de lui-même.
Godrich a convaincu McCartney de laisser provisoirement tomber son groupe et de jouer lui-même la plupart des parties instrumentales, comme dans l’album »McCartney» en 1970. Le producteur est également responsable du son simple et dépouillé du disque, qui, du coup, semble intemporel.
Comme pour boucler une boucle de près de quarante ans, c’est George Martin, producteur des Beatles dans les années 60 et qu’on peut considérer comme le cinquième d’entre eux, qui a conseillé à McCartney de travailler avec Godrich.
»Macca» fait cette année une double rentrée : outre »Chaos and creation in the backyard», qui sort une semaine après le nouvel album des Rolling Stones, il publiera en octobre un livre pour enfants intitulé »Dans les nuages».

Source : Tageblatt

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