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Une biographie musicale bienveillante de John Lennon débute à Broadway

L’affiche faisant la promotion de la nouvelle comédie musicale sur la vie de John Lennon parle de sa musique, de sa vie ou des textes de ses chansons. Ce qui manque pourtant, c’est l’homme lui-même et aussi, l’aspect théâtral du spectacle.
Ce qui reste n’est guère davantage qu’une biographie mielleuse et un peu ennuyante. Nombre de passages sont récités aux spectateurs, pendant que les acteurs à l’arrière-plan font leur gros possible pour faire la promotion de deux douzaines de chansons de Lennon, et de l’ère post-Beatles, en plus.
Il faut dire que ce récital théâtral complaisant a reçu la bénédiction de sa veuve, Yoko Ono, qui est arrivée dans le décor vers la toute fin de l’association des Fab Four et de leurs plus grands succès. Du reste, elle a fait bien davantage qu’offrir sa bénédiction à la comédie musicale, elle s’est directement impliquée dans le projet, affirment certaines sources.
Difficile d’imaginer comment on aurait pu mettre de l’excitation dans cette oeuvre de Don Scardino, qui en assume aussi la direction théâtrale. L’histoire est présentée de la façon la plus simple possible. Lennon naît en 1940 pendant que les Nazis bombardent l’Angleterre. Puis on évoque l’enfant turbulent, élevé par une tante après la séparation de ses parents. Il retrouvera sa mère à l’âge de 14 ans, mais il la perdra pour de bon quelques années plus tard lorsqu’elle sera fauchée par une automobile conduite par un policier en état d’ébriété.
Vient ensuite sa rencontre avec Paul McCartney, la création des Beatles et leur ascension musicale foudroyante.
Dans la pièce, chacun des neuf acteurs joue une partie de la vie de Lennon. Cela se fait essentiellement avec une paire de lunettes en métal ronde et une approximation de l’accent anglais de Liverpool.
Cela dit, les chansons de Lennon sont des oeuvres extraordinaires et les chanteurs les rendent fort bien. Will Chase, notamment, déborde d’énergie et domine dans ses interprétations, d’autant plus qu’il est celui qui ressemble le plus à Lennon. Particulièrement réussi est son interprétation de Whatever Gets You Through the Night, un duo enflammé avec Marcy Harriell, dont le talent est aussi à signaler.
A mi-chemin du premier acte, Lennon rencontre Ono, campée par l’actrice Julie Danao-Salkin, étonnante elle aussi. Dès lors, les hauts et les bas du couple deviennent l’élément central de la pièce.
Malheureusement, le spectacle n’a jamais la chance de vraiment décoller. Les chansons vont et viennent sans enchaînement et sans susciter de momentum dramatique.
La mort de John Lennon est également évoquée sans aucun effet théâtral. Le chanteur est trouvé mort par un policier devant son appartement de Manhattan en décembre 1980, après avoir été abattu par un individu en mal de reconnaissance.
Ironiquement, le seul instant dramatique du spectacle survient vers la fin lorsque le vrai John Lennon interprète sur film une de ses oeuvres les plus célèbres, Imagine. Il y a plus d’effet dramatique, plus de passion dans ce film montrant aussi Yoko Ono que dans tout le reste du spectacle.

Source : La Presse Canadienne, 2005

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