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« Live 8 »: dix plateaux de stars pour lutter contre la pauvreté

« Quand un Européen verse 65 centimes d’euro par Africain comme subvention, il donne 840 euros par tête de bétail: il y a un problème quelque part… » C’est en partant de ce constat que Bob Geldof a décidé, vingt ans après le Live Aid, de remettre ça samedi, avec dix concerts à travers le monde.
A quatre jours de l’ouverture du sommet du G8 à Gleneagles, en Ecosse, les participants demanderont aux pays les plus industrialisés en d’annuler la dette des pays pauvres et d’augmenter leurs aides.
Pour faire entendre leur voix, les organisateurs ont sorti l’artillerie lourde. Les concerts de Londres et de Cornouailles, de Philadelphie, Versailles (France), Rome, Berlin, Johannesburg (Afrique du Sud), Tokyo, Moscou et Barrie (Canada) seront retransmis dans 140 pays. Avec 5,5 milliards de téléspectateurs visés, les concerts pourraient battre les audiences des JO d’Athènes et des funérailles de la princesse de Galles.
Björk (Tokyo), Placebo, James Brown et The Cure (Versailles), Destiny’s Child, Stevie Wonder (Philadephie), Neil Young (Barrie), Youssou N’Dour (Versailles et Londres), entre autres stars, ont répondu à l’appel.
Mais c’est dans la capitale britannique que les 205.000 heureux détenteurs de billets assisteront à un concert-événement. Parmi les gros bonnets attendus figurent U2, Elton John, Paul McCartney, Madonna, REM, Coldplay, le clou de la soirée restant la réunion sur scène, pour la première fois depuis 1981, des membres de Pink Floyd.
A Versailles, les stars locales (David Hallyday, Kyo, Florent Pagny notamment) partageront l’affiche avec des poids lourds du rock, telles que The Cure, Muse et Placebo. Vingt mille personnes sont attendues dans le parc du château.
Grands absents des scènes occidentales, les musiciens africains avaient regretté de ne devoir se produire qu’à Johannesburg. « Si nous avions la chance d’une collaboration, d’être sur la même (scène), et de tenir les mains de certains de ces artistes, cela voudrait dire bien davantage », avait estimé Zola, star du kwaito en Afrique du Sud et tête d’affiche du concert sud-africain.
Plus sévère, le leader de Blur et de Gorillaz, Damon Albarn, a estimé sur les ondes de la BBC que l’initiative « perpétue l’idée selon laquelle l’Afrique est séparée du reste du monde ».
En réponse à la polémique, Peter Gabriel a décidé de transformer son concert « Eden Project » dans les Cornouailles en concert Live 8, baptisé « Africa Calling ». Plusieurs figures africaines, dont Salif Keita, Youssou N’Dour, Thomas Mapfumo et Angélique Kidjio, s’y produiront samedi soir.
De son côté, Bob Geldof, le grand ordonnateur de ces concerts humanitaires, a souligné qu’il s’agissait d’abord de toucher le plus large public possible et donc d’inviter des « plus grands artistes » en terme de « popularité et de ventes ». « Le fait est que la plupart des gosses africains écoutent aujourd’hui Eminem et 50 Cent », a-t-il observé.
La présence de certains artistes tels que Mariah Carey à Londres a également attiré les railleries de l’intarissable Liam Gallagher. Le chanteur et guitariste d’Oasis a d’autre part noté qu’il serait étonnant « qu’un des gars du G8 prenne une pause à Gleneagles, voit Annie Lennox chanter ‘Sweet Dreams’ et se dise…’elle doit vouloir dire quelque chose, vous savez?' »
C’est pourtant sur ce principe que Saint Bob, rebaptisé ainsi par la presse anglaise, avait pu récolter 100 millions de dollars en 1985 pour venir en aide aux victimes de la famine en Ethiopie. Il avait alors écrit « Do They Know It’s Christmas? », interprétée avec Sting, U2, Boy George et Duran Duran lors du Live Aid, chanson qui devait inspirer « We Are The World », et lancer la mode des concerts humanitaires.

Source : AP

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