Trente-quatre ans après la séparation des Beatles, Paul McCartney se raconte dans « Paul McCartney – Many years from now: les Beatles, les sixties et moi », biographie très riche née d’une série d’entretiens avec son ami Barry Miles et parue mardi chez Flammarion.
Cette biographie, sortie en anglais en 1997 et qui n’avait jamais été traduite en français, revient longuement sur les rapports tantôt fusionnels tantôt conflictuels qu’entretenait McCartney avec John Lennon.
« John et moi avons sans doute été deux des personnes les plus chanceuses du XXe siècle, parce que nous nous sommes rencontrés! Ce partenariat était incroyable », estime « MacCa », qui, entre 1991 et 1996, a accordé 35 entretiens à Barry Miles, figure du « Swinging London » des années 60 qu’il connaît depuis cette époque, pour aboutir à un ouvrage dans lequel il se livre comme rarement.
Ainsi, il évoque sans détours la séparation des Beatles en 1970, sur fond de querelles artistiques et contractuelles avec Lennon, George Harrison et Ringo Starr : « Je crois que je tombais dans une sorte de dépression nerveuse (…). Vous parlez d’un traumatisme! Non seulement les Beatles n’existaient plus, mais en plus ces gens si gentils, ces trois amis de toujours, les trois meilleurs potes de ma vie devenaient du jour au lendemain mes pires ennemis! »
Lennon, assassiné en décembre 1980, a eu la dent particulièrement dure envers McCartney après la séparation des Beatles.
« Je n’éprouve aucune rancune envers John. Je trouve qu’il a juste été con de vouloir me blesser », commente McCartney, qui s’était réconcilié avec son alter ego avant la mort de ce dernier : « On a produit une oeuvre que John n’aurait jamais pu, je crois, produire tout seul. Et moi non plus. »
Il s’attache également à détruire son image de « gentil Paul qui fait des jolies mélodies » par opposition à Lennon, l’intellectuel cynique.
Ainsi, il souligne que dans les années 60, c’est lui qui, contrairement aux apparences, était attiré par l’avant-garde artistique et non Lennon.
Leurs débuts à Liverpool et Hambourg, les tournants musicaux qu’ont représenté les albums « Rubber Soul » et « Revolver », la drogue ou les rapports difficiles avec Yoko Ono : c’est toute l’histoire des Beatles, et donc tout un pan de la culture populaire du XXe siècle, qu’on revit à travers les yeux de McCartney.
« Au cas où je blesserais quelqu’un, ou que la famille de quelqu’un aurait un souvenir différent, j’aimerais dire qu’il ne s’agit là que de mes souvenirs, qui ne sauraient être infaillibles », note McCartney en préambule de cet ouvrage qui, en 14 chapitres et une foule d’anecdotes, retrace de façon exhaustive le parcours de quatre gamins de Liverpool qui ont révolutionné la musique.
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