Le numéro trois mondial de l’édition musicale escompte un retour à la croissance à l’horizon 2005/2006. En attendant, EMI dévoile des comptes certes en repli, mais néanmoins supérieurs aux attentes.
Pour EMI, la crise du marché du disque ne sera-t-elle bientôt plus qu?un vieux « tube » passé de mode ? La Major britannique, en dépit d?une chute attendue de son chiffre d?affaires et de ses profits, a en effet limité son repli, engrangeant là les premiers bénéfices de sa politique d?austérité. Et surtout, anticipé sur un regain du secteur, notamment aux Etats-Unis, la zone référence de l?industrie musicale mondiale. Le tout au moment où Warner Music vient d?être reprise par Edgar Bronfman Jr et où ses deux autres concurrentes, Sony et BMG, tentent de faire avaliser leur fusion par Bruxelles. La Commission doit du reste communiquer ces jours-ci ses griefs à l?encontre des deux futurs partenaires.
Le numéro trois du disque, derrière Universal et le nouveau tandem germano-nippon, a vu ses ventes reculer de 2,5% à 2,12 milliards d?euros. Soit cependant moitié moins que le plongeon du secteur qui a atteint les 5,6%. Ce qui du coup a permis à l?éditeur historique des Beatles de gagner 0,5 point de parts de marché, à 13,2%. En revanche, ses revenus « annexes », issus de sa division numérique (sonneries pour mobiles, téléchargements légaux?) ont triplé pour dépasser les 22 millions. Au final, son déficit a certes dépassé la barre des 100 millions d?euros contre plus de 350 millions de profits un an auparavant, mais il était attendu à presque 170 millions. Et puis, la performance flatteuse de 2002 était gonflée par la plus-value de la vente du distributeur HMV.
EMI touche en fait les premiers dividendes de sa politique de rigueur. La Major londonienne a ainsi supprimé 3 500 postes en un peu plus de deux ans, gelé les contrats de 20% de ses artistes et enfin délocalisé certains de ses sites américains de pressage de CD et DVD aux Pays-Bas. Ceci étant, à Londres, l?action EMI dérapait lourdement et lâchait près de 12% lundi. Car, pour cette année encore, l?heureux producteur de Norah Jones (7,5 millions d?albums) ou Coldplay (9 millions en deux ans) n?escompte toujours pas toucher le jackpot. Le retour à la croissance n?est en effet programmé que pour 2005/2006 au mieux. Et à cela s?ajoute les craintes de voir la « maison » isolée sur la scène au moment où se trament les grandes man?uvres en coulisses.
Source : LExpansion.com












