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Décès de Johnny Cash, légende la musique country

Le chanteur américain Johnny Cash, légende de la musique country avec des titres tels que « I Walk the Line » et « Folsom Prison Blues », est décédé vendredi à l’âge de 71 ans à l’hôpital de Nashville, dans le Tennessee.

Johnny Cash est mort à 02h00 du matin (07h00 GMT) « du fait de complications diabétiques qui ont entraîné une défaillance respiratoire », selon la chaîne de télévision CNN citant une porte-parole de l’hôpital, Nicole Base.

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Enfant de la Grande Dépression, Johnny Cash était la voix des éprouvés de l’Amérique dont il chantait depuis plus de 50 ans les peines et les espoirs.

Dans la même veine qu’un Bob Dylan ou un Leonard Cohen, Johnny Cash, surnommé « Man in Black » (l’homme en noir), avait la voix cassée de trop d’alcool et d’excès mais savait comme personne évoquer la vie des mineurs de Pennsylvanie, des ouvriers du Michigan, ou des prisonniers de St Quentin.

Au cours de 50 ans d’une impressionnante carrière, Johnny Cash a enregistré plus de 400 albums et quelque 1.500 chansons bercées par sa voix grave et profonde. Devenu une icône aux Etats-Unis, une plaque portant son nom figurait dans le Country Music Hall of Fame depuis 1980.

Avant son hospitalisation dans un hôpital de Nashville (Tennessee, sud) pour une pancréatite, il était en train de travailler sur un nouvel album avec des chanson écrites par sa femme, June Carter Cash, également chanteuse de country, décédée en mai à l’âge de 73 ans, selon son manager Lou Robin.

Johnny Cash cultivait un réel amour des racines et de la musique américaine. De ballades en évocations romancées ou viriles, il se plaisait à conter les maux et les espoirs de tout un pays avec un recul adéquat et ce qu’il faut de dérision. Son inspiration était la vie elle-même.

La santé chancelante mais toujours sur la brèche, il venait d’être nominé à 6 reprises pour son clip « Hurt » lors des récentes MTV Video Awards et avait remporté une récompense, la dernière d’une longue série.

Né en février 1932 dans une famille pauvre de l’Arkansas (sud), une région particulièrement éprouvée par la Grande Dépression, il avait travaillé dans des champs de coton puis en usine avant de s’engager dans l’Armée.

C’est en 1955, qu’il signe son premier contrat musical avec la société Sun Label qui compte dans son catalogue Elvis Presley, Carl Perkins et Jerry Lee Lewis. Son premier succès s’intitule « Doggone Lonesome ». Ses textes coulent de source et servent à la perfection une musique définitivement inspirée. Le ton est désinvolte, le regard détaché. Ses textes marient poésie, ironie et satire.

Suivront d’autres grands titres comme « Folsom Prison Blues », « I Walk the Line » et « Ring of Fire ».

Au début des années 60 pourtant, tout manque de se terminer. Alcool et drogue sont sur le point de l’engloutir. Il connaît lui-même la prison.

En 1965, à 33 ans, il en paraît quinze de plus. Son visage est ravagé mais sa voix n’aura peut-être jamais été plus belle.

Son mariage, le second, avec June Carter le ramène à la vie. Son inspiration devient plus religieuse sans tomber dans la bondieuserie. Ce raconteur d’histoires se veut toujours défenseur de la veuve et de l’orphelin.

Ses ennuis de santé -il était atteint, entre autres, de la maladie de Parkinson- ne l’empêchait pas de courir les routes. De salles de concerts étroites en bars enfumés, il assurait quelque 200 représentations par an.

Son dernier album, « The Man comes around » avec notamment des reprises de Depeche Mode, John Lennon et Paul McCartney et un duo avec Fiona Apple était emprunt de mélancolie. La voix était fatiguée mais toujours juste et n’avait rien perdu de sa beauté. Le dernier titre sonnait comme une promesse: « We’ll Meet Again » (nous nous retrouverons).

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