Widgets Amazon.fr

Paul McCartney chante sur la place Rouge

Ce fut une soirée étrange, bercée de nostalgie et comme irréelle. Dans la chaleur estivale de Moscou, ce samedi soir, quatre fantômes surgis du passé, entraînant dans leur sillage démons et sorcières, ont quelques heures durant mené un bien singulier bal en un des lieux les plus symboliques de la planète.

A l’ombre d’Ivan le Terrible, au pied des murailles du Kremlin et à quelques pas du mausolée de Lénine, les quatre jeunes de Liverpool, cheveux au vent, sourire de défi et yeux rieurs d’insolence, étaient de retour sur scène pour un premier et unique concert en Russie.

Bien sûr, ils n’étaient pas quatre. Bien sûr, les Beatles ne sont plus. Mais, ce samedi, nul sur la place Rouge ne l’a remarqué. S’appuyant sur le mythe, sur le nom, sur cette éternelle nostalgie qui, de tout temps, a balayé la Russie, Paul McCartney n’a eu aucune difficulté à remplir au-delà de tout espoir son contrat : «Il fallait le faire un jour», a-t-il expliqué.

Quand, en ce lieu mythique, il entama Back in USSR, ce fut comme un feu d’artifice ou un télescopage de comètes. Brutalement, la Russie s’évanouissait pour ne plus laisser place qu’à la fantasmagorie. Dans la magie d’un coucher de soleil sanguin, on perdait pied. Ivan le Terrible venait de surgir des clochetons de Saint-Basile tandis que l’on imaginait la momie de Lénine, recluse à quelques pas en son sarcophage glacé, tressaillant de rage ou de dépit. Et, comme emportée par la magie de ce moment sans tabou, l’assistance, jusque-là sage et tranquille, s’est d’un coup levée et trémoussée. A osé, chose rare en Russie, se laisser aller à un moment partagé, comme si un rêve commun pouvait être possible.

Il y avait là ? prestige oblige ? des starlettes toutes empaillées en des minirobes façonnées à même des liasses de dollars, des «hommes d’affaires» à la nuque rasée taillés en armoire à glace, des gardes du corps en quantité et d’innombrables miliciens. Mais il y avait aussi des hommes modestes à la cinquantaine compassée, des gamins aussi énamourés que l’Europe l’était durant les sixties, des amoureux transis et des étudiants en goguette.

Vladimir Poutine était là qui, surgissant par une porte du Kremlin, a fait une apparition peu avant que ne soit entamée Back in USSR. Comme le tsar Dmitri, successeur de Boris Godounov, avait pu en son temps apprécier la musique polonaise, l’actuel chef de l’Etat, tout de noir vêtu, a applaudi. Sans excès, avec modération, mais contentement. Quelques heures auparavant, Vladimir Poutine avait fait les honneurs du Kremlin à Paul McCartney.

Noyé dans la foule à l’avant-scène, le leader de la droite libérale, Boris Nemtsov, se déchaînait. Quand Let It Be fut entonné, il se lança dans un langoureux slow, tandis que la place Rouge semblait reprendre d’un même élan ce refrain, symbole d’une musique qui, selon Vladimir Poutine, a représenté «une idéologie étrangère». Et le reste encore, pour beaucoup, en Russie…

JE M'ABONNE A LA NEWSLETTER

Envie de ne rien manquer des Beatles et de Yellow-Sub ? Abonnez-vous à la newsletter et recevez nos actus, offres et information concours
JE M'ABONNE
Garantie sans SPAM ! Conformité RGPD.
close-link