
Plus de 15 000 personnes ont assisté, mardi 25 mars, au Palais omnisports de Paris-Bercy, au début de la tournée européenne de Paul McCartney.
Absent des scènes depuis dix ans (sauf concerts exceptionnels), le chanteur anobli par la reine d’Angleterre revient des Etats-Unis où sa tournée a été la plus lucrative du circuit rock en 2002.
Quoi de différent d’un continent l’autre ? Strictement rien, si l’on se réfère au double album Back in the World qui vient d’être publié. Les mêmes chansons sont exécutées à Paris comme à New York.
McCartney a toujours fait preuve d’un grand professionnalisme, qui confine chez lui à la prudence.
Ce n’est pas ce soir qu’il interprétera Helter Skelter à la guitare sèche ou When I’m 64 (pour lui, l’échéance arrive dans quatre ans). Son dernier album en date, l’excellent Driving Rain, se retrouve pratiquement sacrifié sur l’autel de la Beatlemania.
Sur une trentaine de titres joués, les deux tiers appartiennent au patrimoine légué par son illustre groupe. On pourrait faire la fine bouche devant ce concert aux allures d’inventaire. D’autant que cette rafale de tubes, sortis des albums rouge et bleu, a aussi pour objet de signifier à l’auditeur un peu sourd d’oreille qui en est l’auteur. Dans Back in the World, McCartney a procédé à une inversion de la fameuse double signature, ce qui a choqué Yoko Ono.
Etait-ce utile tant il est évident que John Lennon ne saurait avoir écrit les paroles – en 1967, donc plus à l’âge de l’innocence – de Hello Goodbye (« Tu dis oui/Je dis non/Tu dis haut/Je dis bas », etc.), première salve du feu d’artifice ?
FRANCOPHILIE
McCartney s’est entouré d’un groupe irréprochable : deux guitaristes (Rusty Anderson et Brian Ray) restituant à la perfection les interventions de George Harrison, un claviériste (Paul « Wix » Wickens) qui a stocké les sons inventés dans le studio d’Abbey Road, un batteur explosif (Abe Laboriel Jr.) s’offrant, lui, la liberté de meubler les blancs laissés par Ringo Starr.
Et parmi eux, Paul à la basse, à la guitare ou au piano, végétarien en forme olympique. Séducteur, radieux, ivre de la beauté de son répertoire. Y compris de celui des Wings, qui soutient finalement la plus haute comparaison – Band on the Run, Let’Em In et Live and Let Die, constituant quelques temps forts du spectacle.
McCartney en fait parfois un peu trop. Il donne ce soir des gages de sa francophilie, chante Michelle devant un écran figurant le Moulin-Rouge et la Tour Eiffel, brandit plus tard un drapeau tricolore.
Le sympathique rouleau compresseur laissera cependant s’exprimer une récréation acoustique en solitaire, permettant d’apprécier la splendeur de Blackbird (dédiée à son sujet, « une jeune femme noire au temps de la lutte pour les droits civiques »).
La machine, huilée à la nostalgie des années 1960, va pourtant être enrayée par le grain de sable de l’actualité. McCartney, n’oubliant personne parmi ses disparus – My Love pour Linda ; Something pour George Harrison – laisse, approbateur, le public scander Give Peace a Chance, l’hymne pacifiste de Lennon, à la fin de Here Today, la chanson des regrets exprimés à son alter ego.
Bien avant que l’âge d’or ne revienne en rappel, dans le karaoké de Hey Jude ou la larme essuyée pour Yesterday.
Bruno Lesprit
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Offensive en DVD de la Beatlemania
La publication de Back in the World (2 CD Capitol), troisième enregistrement public de Paul McCartney après Tripping the live fantastic (1990) et Paul is Live (1993) offre à ses admirateurs l’opportunité de réviser le répertoire du Beatle avant de se rendre aux concerts de sa tournée européenne qui vient de débuter par Paris. En même temps paraît le DVD Back in the US (Capitol), journal de son périple américain triomphal, comprenant extraits de concert, mise en place de la balance et visites des loges, du bus, de la limousine du héros et même de son jet.
Enfin, huit ans après sa sortie en vidéo et neuf mois avant les fêtes de fin d’année, la série « Anthology » (Apple), soit les Beatles racontés par eux-mêmes, sort le 1er avril en DVD. Ces cinq volumes rassemblent plus de onze heures de propos et de musique avec 81 minutes inédites : images des retrouvailles, entre rires et chansons, des « Threetles » (Paul, George et Ringo) en 1994 dans un jardin anglais et aux studios d’Abbey Road.












