Musée des Abattoirs (Toulouse):
Blast to Freeze l’art britannique au XXe siècle :
Blast to Freeze : L’art britannique au XXe siècle englobe une période de l’art moderne en Grande Bretagne qui va du Londres édouardien aux » Young British Artists » de la dernière décennie.
À partir de l’exposition conçue pour le Kunstmuseum Wolfsburg par Henry Meyric Hughes, independant curator à Londres, en concertation avec plusieurs critiques et historiens d’art de renom, les Abattoirs explorent les spécificités avant-gardistes de l’art britannique de tout un siècle, provocatrices et novatrices.
Le titre de l’exposition joue avec les évènements culturels qui marquent le début et la fin de cette rétrospective artistique : Blast ! (en français : la rafale) est le nom que portait une revue d’avant-garde de 1914 et Freeze (en français : geler, se transformer en glace) était le titre d’une exposition spectaculaire montée par Damien Hirst en 1988. Blast to Freeze offre l’occasion pour la première fois depuis 1987, date à laquelle l’exposition de la Royal Academy s’est déplacée à la Staatsgalerie de Stuttgart, de passer en revue toute l’histoire de l’art britannique du XXe siècle hors les frontières de la Grande Bretagne.
De nouvelles connaissances dans le domaine de l’histoire de l’art et de nouvelles perspectives historiques apparues entre temps, ont bien évidemment eu des répercussions sur le choix des pièces exposées à Toulouse. La période que couvre l’exposition coïncide avec la notion popularisée par l’historien britannique Eric Hobsbawm d’un » XXe siècle court « , allant du début de la première guerre mondiale en 1914 à la fin de la guerre froide en 1990.
À son commencement, il y a le morcellement de la conscience individuelle et la croyance décroissante en un dénominateur commun. Il se termine par un changement structurel de l’identité sociale et culturelle, dû à la mondialisation du pouvoir politique et économique.
Blast to Freeze met en lumière la contribution britannique à l’art moderne de ce » XXe siècle court » que l’on place toujours dans un contexte plus large quand il s’agit de mettre en évidence des liens et des parallèles essentiels, que ce soit à l’intérieur de l’art britannique ou bien en référence aux développements sur le continent européen et aux États-Unis. Au début et à la fin de ce » XXe siècle court « , deux moments marquent une coupure décisive avec le passé : d’un côté l’adhésion des vorticistes à la guerre, sous la conduite de Wyndham Lewis, et de l’autre l’exposition d’?uvres d’étudiants en art que Damien Hirst et ses amis ont organisée dans un coin délabré des Docklands londoniens.
Le premier numéro de la revue Blast pose les jalons de l’agression et de la modernité auxquels les mouvements artistiques ultérieurs auront à se mesurer. L’exposition Freeze (1988) annonce l’apparition d’une génération iconoclaste de jeunes artistes britanniques qui, comme les vorticistes, ont été à l’origine d’un renouveau et ont donné aux médias une position centrale dans leur stratégie auto-publicitaire. Pendant les années qui séparent ces deux moments, l’art britannique oscille entre tradition nationale et modernité internationale, entre confiance en soi et dépendance à des influences extérieures.
Des moments de rébellion contre le goût conventionnel, comme les activités de l’Independent Group dans les années 50, le New Art de la deuxième moitié des années 60 et la première moitié des années 70 ont alterné avec les courants modérés des années 20 et des » néo-romantiques » des années 40, période où une préférence traditionnelle pour le » pittoresque » et les contenus narratifs semble reprendre le dessus.
En parallèle, il y a toujours eu des artistes qui ont fait cavalier seul, tel Stanley Spencer dont le monde imaginaire très particulier semble être l’incarnation de l’excentricité anglaise. L’exposition qui réunit plus de 350 ?uvres de plus de 100 artistes n’a cependant pas la prétention d’offrir une représentation exhaustive de l’art moderne en Grande Bretagne au XXe siècle. Elle s’essaie plutôt, dans le cadre chronologique choisi, à sensibiliser le visiteur à quelques-unes des éruptions périodiques de créativité qui ont éveillé l’attention internationale, ainsi qu’au travail de personnalités de tout premier plan qui ont durablement influencé leurs successeurs sur fond de développements sociaux et politiques.
On peut voir de nombreuses ?uvres choisies parmi des expositions qui ont fait date et qui ont apporté la célébrité à des artistes britanniques incontournables du XXe siècle, depuis le vorticisme (Jacob Epstein, Percy Wyndham Lewis) jusqu’à la génération des » Young British Artists » (Damien Hirst), en passant par le surréalisme anglais (Roland Penrose) et le Pop-Art anglais (Peter Blake, David Hockney). Autres éléments importants de l’exposition, les sculptures remarquables de pierre d’Henry Moore et de ses contemporains, et le » New Art » de la deuxième moitié des années 60, lorsque le langage de l’art a connu un tournant décisif (Barry Flanagan, Gilbert et George).
Des salles entières sont consacrées aux ?uvres de plusieurs artistes, depuis l’excentrique mais impressionnant Stanley Spencer jusqu’à des peintres de la pointure d’un Francis Bacon et d’un Lucian Freud et aux sculpteurs des générations suivantes, tels Richard Long et Tony Cragg.
On peut également voir, aux côtés de quelques-unes des ?uvres les plus représentatives, qui n’ont pas été montrées depuis longtemps, des reconstructions partielles de deux des expositions les plus importantes de l’Independent Group des années 50, Parallel of Art and Life (1953) et This is Tomorrow (1956), qui étaient des modèles révolutionnaires de présentation d’expositions et qui, les premières, ont mis en évidence le rayonnement de la culture populaire américaine et des mass média (Richard Hamilton, Eduardo Paolozzi).
L’exposition s’ouvre sur une reproduction de la Birmingham City Art Gallery, qui est peut-être l’?uvre la plus agressive et la plus radicale qui ait été conçue dans la première moitié du XXe siècle en Grande Bretagne – un moulage d’un personnage masculin, ayant l’apparence d’un robot sur une vraie perforatrice à air comprimé de Jacob Epstein – ; le point final en est A Hundred Years (1990) de Damien Hirst, pièce de la collection du Kunstmuseum Wolfsburg, une boîte en verre et acier, minimaliste, divisée en deux compartiments ; dans le premier, un nid de mouches, dans l’autre un piège à mouches. Dans la catalogue de l’exposition, les contributions de Andrew Causey, Richard Cork, David Curtis, Penelope Curtis, Margaret Garlake, Charles Harrison, Robert Hewison, Anthony Howell, James Hyman, Jeremy Lewison, Marco Livingstone, Norbert Lynton, Tim Marlow, Anne Massey, David Alan Mellor, Richard Shone, Christopher Stephens, Nick de Ville, et Andrew Wilson fournissent une étude approfondie des périodes, des tendances, des groupements et des thèmes relatifs à l’art britannique de ce siècle mouvementé. Édité en anglais, il fait l’objet d’une traduction des textes en français.
Cette exposition est placée sous le patronage de Tessa Jowell, Secretary of State for Culture, Media and Sport (GB) et Jean Jacques Aillagon, ministre de la Culture et de la Communication (FR).
Elle est réalisée en coproduction avec le Kunstmuseum de Wolfsburg (Allemagne) et bénéficie du soutien du British Council. Commissaire général : Henry Meyric Hughes, independant curator Commissaire : Alain Mousseigne, conservateur en chef, directeur des Abattoirs Communication / presse : Michel-Paul Monredon
Dates et Renseignements: Jusqu’au 11 mai
Les Abattoirs-Musée d’art moderne et Centre d’Art comptemporain
76, allées Charles de Fittes
31 000 Toulouse
Ouvert tous les jours de 11 h à 19 h (horaire d?hiver) fermeture le lundi
Tél : 05 62 48 58 00
Site Internet : http://www.lesabattoirs.org













