Cinq cents enregistrements originaux des Beatles, dérobés il y a plus de 30 ans et contenant des morceaux considérés comme inédits, donc d’une valeur inestimable, ont été retrouvés aux Pays-Bas, épilogue du « plus grand vol de l’histoire du rock’n’roll ».
Au terme d’une enquête qui a duré plus d’un an, cinq personnes (trois Britanniques et deux Néerlandais) ont été arrêtées vendredi, dont trois près d’Amsterdam et deux à Londres, lors d’une opération conjointe des polices britannique et néerlandaise.
Les personnes arrêtées ont été placées en détention provisoire, soupçonnées de recel.
« Nous avons probablement mis la main sur le plus grand vol de l’histoire du rock’n’roll », s’est félicité Michael Ellis, un membre de la Fédération internationale de l’industrie phonographique (IFPI), qui a participé à l’enquête.
« On a toujours tout fait pour retrouver ces cassettes, qui représentent une part importante de l’héritage de l’industrie musicale britannique, a-t-il ajouté. C’était comme si on avait volé une peinture d’une valeur inestimable ».
Les originaux retrouvés avaient mystérieusement disparu en 1969, peu de temps après les répétitions enregistrées dans les célèbres studios londoniens d’Abbey Road.
Les cassettes contiennent des centaines d’heures d’enregistrement de répétitions connues sous le nom de « Get Back ». Elles devaient donner lieu à un album du même nom en 1969, mais le projet avait finalement été abandonné.
Certaines des chansons, dont « Get Back », avaient cependant été intégrées à l’album « Let it Be ».
« On a l’impression d’être plongés dans le studio avec les Beatles. On les entend enlever leur manteau, discuter, ou encore Paul (McCartney) demander un sandwich. Ce sont des moments irremplaçables », a commenté M. Ellis.
Les bandes dévoilent des dizaines de chansons ainsi que des extraits de morceaux expérimentés puis abandonnés par les « Fab Four » (« les quatre fabuleux ») pendant les répétitions.
Les cassettes relatent notamment une dispute entre John Lennon et George Harrisson, à l’issue de laquelle ce dernier quitte le studio d’enregistrement,un signe avant-coureur des tensions qui conduiront à la rupture du groupe en 1970.
Les enquêteurs ont jugé d’une « valeur inestimable » ces enregistrements du groupe mythique de la musique pop, précisant que les seuls qui aient été entendus auparavant se trouvaient sur des copies piratées dont certaines ont déjà été retrouvées au Royaume-Uni, en Europe et aux Etats-Unis.
Les receleurs ont pu être arrêtés grâce à la collaboration de la maison de disques britannique EMI, qui avait averti la police après avoir été approchée par des personnes proposant de lui vendre des enregistrements des Beatles pour la coquette somme de 270.000 livres (450.000 euros), selon le Daily Telegraph.
Les policiers britanniques et néerlandais auraient infiltré le groupe de suspects en se faisant passer pour des acheteurs potentiels et les auraient ainsi pris en flagrant délit.
Les arrestations ont eu lieu au moment où la transaction devait avoir lieu parallèlement à Londres et aux Pays-Bas, juste après un coup de fil entre les suspects basés aux Pays-Bas et un complice à Londres.
L’un des suspects aux Pays-Bas venait de finaliser avec l’un de ses compères à Londres les modalités financières pour la vente des cassettes.
Un couple a été arrêté dans la capitale britannique tandis que la police néerlandaise passait les menottes aux trois autres suspects, qui avaient les enregistrements en leur possession.
Les Beatles, l’un des groupes musicaux qui a vendu le plus d’albums au monde, est également l’un des plus piratés. En décembre, les enquêteurs de l’IFPI avaient saisi 1,1 million de CD piratés au Luxembourg, dont 30.000 des Beatles












