
Les chanteurs branchés s’y mettent aussi Les fans de Johnny connaissent tous Josette. Longtemps, elle a été sa secrétaire. Quand elle a cessé de travailler, ils sont restés bons amis et elle a monté son affaire. Johnny l’avertit quand un disquaire se sépare d’un ancien stock, ce qui lui permet de disposer d’une marchandise particulièrement fournie. Juste en face, Jacques Moreau, alias Jacky Brocante, connaît tout du marché du vinyle. Il tient cette passion de son père, qui collectionnait lui-même les vieux 78 tours. « On voit de plus en plus de monde, remarque-t-il. Le plus souvent, des hommes, nostalgiques des années soixante, mais aussi des jeunes, à la recherche d’un cadeau pour leur mère et même pour eux. » Certains artistes sont particulièrement recherchés : Johnny, Sylvie Vartan, Sheila, France Gall, Dalida pour les années soixante ; Elvis Presley, les Beatles, les Stones, Jimmy Hendrix pour les étrangers. L’engouement monte aussi pour les artistes plus jeunes comme Mylène Farmer ou Jean-Jacques Goldman qui font graver leurs nouveaux albums sur vinyle. Car le phénomène ne touche pas que les vieux collectionneurs. Le support, chassé par l’explosion du CD dans les années quatre-vingt, retrouve les faveurs d’un public de plus en plus large qui n’hésite pas à investir dans l’achat d’une nouvelle platine. « Le son est différent, souligne Jacques Moreau. Pour des raisons de compression au moment de la gravure, il est plus chaud, plus vivant. La pochette en carton offre aussi d’autres émotions que l’emballage plastique du CD. C’est un réservoir à émotions. » La preuve : les chanteurs les plus branchés retrouvent le goût des bonnes vieilles galettes noires. Les derniers enregistrements en public de Manu Chao et de Yann Tiersen sont disponibles sous cette forme. Tout comme « l’Imprudence » d’Alain Bashung ou le « Greatest Hits » de Björk. Et même les derniers albums CD de Johnny, l’idole des vinyles, qui sort le 21 janvier prochain un nouveau maxi-vinyle, « Ne reviens pas ». Souvenirs, souvenirs…












