Les publicités de la maison de disques ne font évidemment pas dans le détail. « Brainwashed » y est présenté tout simplement comme « le meilleur album de George Harrison » depuis « All things must pass »? qui remonte pourtant à 1970, l’année de la séparation des Beatles. Depuis, celui qu’on surnommait le « Beatle tranquille » avait publié plusieurs opus, dont le dernier, « Cloud Nine » datait de 1987. C’est dire si la sortie de nouvelles compositions était il est vrai très attendue.
Peu pressé, George Harrison ne s’était mis à la tâche qu’il y a deux ans. Mais rattrapé par le cancer du cerveau qui l’emporta le 29 novembre 2001, il n’eut pas le temps de finir lui-même le travail. En guise de testament musical, il laissa une dizaine de maquettes, assez bien élaborées. Charge à son fils Dhanni et à son ami, le producteur Jeff Lynne, de les achever en suivant quelques indications.
Son identifiable
« On a essayé de ne pas laisser de traces de pas, d’empreintes. Nous tenions vraiment à ne pas
La pochette-
nous mettre en avant » explique Dhanni. Une affirmation en partie contredite par Jeff Lyne, qui souligne que « ce que George affectionnait, c’était les chansons aux allures de démos mais elles méritaient plus que ça. Alors, désolé George, elles sont peut-être un peu plus sophistiquées que ce que tu voulais mais je tenais à leur rendre justice ». Le tout a donc donné « Brainwashed » (« cerveau lavé ») et malgré cette conception peu banale, le résultat, s’il n’a rien de surprenant, est plus que satisfaisant.
On retrouve en effet tous les ingrédients habituels du compositeur : la mise en avant des guitares acoustiques pour la mélodie, la présence mesurée de leurs s?urs électriques pour le rythme, du piano, des cordes, de la batterie et des ch?urs. Côté influences, on navigue entre country-folk (« Any Road »), blues (« Rising Sun ») ou bien encore jazz (la reprise « Between the Devil and the Deep Blue Sea »). George Harrison n’oublie pas non plus son attirance pour l’Inde avec l’instrumental « Marwa Blues » et « Brainwashed », la chanson éponyme qui clôt l’album. Et à l’instar de Paul McCartney sur « Driving Rain » l’an passé (le morceau « Your loving flame »), il lance un petit clin d’?il aux Beatles avec « P2 Vatican Blues (Last Saturday night) ». Au final, les fidèles tomberont sans aucun doute sous le charme. Les plus exigeants s’en contenteront.












