«Il va falloir se surpasser parce que, eux, ils ont été très bons!» Francis Cabrel, dans les coulisses du parc des Fontanelles, résumait en quelques mots ce que le public pensait aussi. Et quand 1500 spectateurs s’expriment bruyamment, tapent des pieds ou frappent la main droite contre la main gauche, ils disent finalement qu’ils viennent de vivre un grand moment. Un moment d’exception même, le mot en l’occurrence dit bien ce qu’il veut dire. Un moment rare fruit du travail de toute une équipe depuis plusieurs mois déjà. Et cet orchestre symphonique junior composé donc de jeunes musiciens, oubliant les oeuvres classiques qui peuplent déjà son répertoire, ouvrit une autre voix: de la musique d’aujourd’hui. Une musique que l’on connaît à force… de la voir puisqu’elle peuple les écrans de cinéma ou de télévision. Mais sans les images les notes redeviennent ce qu’elles sont, un plaisir pour l’oreille et l’esprit. Surtout quand l’orchestre remarquablement mené par Jean-Marc Alvado (ci-devant directeur de l’école de musique de la Communauté de communes du villeneuvois) fait oublier les images et qu’il embarque dans la complexité d’une partition un public simplement heureux de cette mélodie du bonheur.
Dire alors que vint, en seconde partie, le clou du spectacle serait forcément faire injure à ce que l’on venait d’entendre. On écrira plutôt que le deuxième acte de cette soirée organisée au profit de l’association « Enfance et partage » donna une autre facette du talent du jeune orchestre départemental. Sur le devant de la scène le groupe « Get back », « Soham » ou Francis Cabrel eurent l’intelligence de ne pas voler la vedette aux jeunes musiciens, derrière. Le travail de groupe inventa la communion parfaite entre tous. Et les Beatles, puisque le répertoire à venir sortait tout droit de l’impressionnant catalogue du groupe de Liverpool, auraient apprécié, sans doute, la manière dont ils furent servis. Avec talent. Avec enthousiasme. Avec une fraîcheur d’esprit visible et une envie généralisée de s’amuser sur scène pour divertir le public dans la salle.
Il y eut des rappels, beaucoup de rappels. Et il y eut une fin. Ce moment de déception fugace quand le plaisir d’un instant exceptionnel s’estompe mais qu’il n’est pas encore devenu un bon souvenir. Bravo à l’orchestre symphonique junior. la valeur n’attend plus, heureusement, le nombre des années. Bravo aux interprètes des Beatles tous à englober dans un même éloge. Et bravo à Jean-Marc Alvado. L’homme-orchestre de cette animation majuscule a donné là l’exact reflet de ce que l’on connaissait de lui: simple et talentueux.
Source : Dossier Spécial Beatles Symphonie












