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Soirée Chat avec Jacques Volcouve.

A l’occasion de la publication de son livre sur George Harrison (voir rubrique “Beatles Shop”) Jacques Volcouve était hier soir l’invité de CanalChat. Nous vous livrons ci-après l’intégralité des propos échangés lors de cette soirée Chat.

Bonsoir à toutes et à tous, nous sommes heureux de recevoir Jacques Volcouve !

Ravi de vous retrouver ! C’est toujours un plaisir de vivre ce genre d’expérience.

Q : Bonjour ! Aviez-vous commencé à écrire ce livre avant la mort de George Harrison ou est-ce une commande ?

R : Le livre a été commencé avant la mort de George à une date terrible puisque j’ai eu le feu vert pour écrire ce livre le 11 septembre.

Q : Comment George Harrison a écrit “While my guitar gently weeps” et de quoi parle la chanson ? Superbe morceau?

R :George s’est inspiré d’un concept indien qui, en résumé, dit que tout ce qui nous arrive est déjà écrit. Au contraire de nous, qui pensons : « je suis sur des rochers, il y a du vent, c’est que ce jour-là il y avait des nuages ». Il a voulu vérifier ce concept indien en étant en visite chez ses parents. Il a ouvert un livre au hasard et il est tombé sur l’expression « Gently weeps » (qui pleure doucement) et la chanson est venue de là.

Q : Il utilisait quoi comme guitare George ?

R : J’ai consacré en page 26 de mon livre un encadré consacré aux guitares de George Harrison, époque Beatles. Il a joué sur Gretsch, Epiphone Casino, Stratocaster, Gibson et bien d’autres grandes marques.

Q : Quelles étaient ses influences philosophiques et spirituelles ?

R : Philosophiques, à partir de 65-66, c’est l’univers indien, avec principalement la Bagavad Gita, qui est la bible des Hindous. Et George Harrison a eu deux maîtres à penser qui pour l’un fut le fondateur du mouvement du Radha Krishna Temple et pour l’autre, un vieux sage déjà mort depuis plusieurs années, appelé Yogi Paramansa Yogananda.

Q : Quel est l’avis du spécialiste pour Cloud Nine ? Un bon album ?

R : L’un des meilleurs disques de George Harrison, sans conteste, avec -si on veut retenir les grands disques- bien entendu All Things Must Pass, l’album 33 1/3 de 1976, l’album George Harrison de 1979 et peut-être aussi Living in the Material World de 1973.

Q : Comment Paul McCartney a vécu la mort de George ?

R : Je décris dans le dernier chapitre du livre les deux dernières visites que Paul McCartney a effectué sur le lit d’agonie de George Harrison. Retracer ces moments ont été aussi pour moi très émouvants et difficiles à écrire. Paul McCartney a bien entendu fondu en larmes en perdant son petit frère et dans sa déclaration à la BBC, il se rappelle avec la gorge serrée leur toute dernière entrevue pendant laquelle il constata que pour la première fois depuis qu’ils se connaissaient, ils se tenaient la main et George remontait son pouce le long de la main de Paul.

Q : Quelle est la chanson de Georges que tu préfères ? Et sinon des Beatles ?

R : Il faut dire que ça dépend du moment, de l’humeur, du jour et de l’heure. Chez les Beatles, il y a une période où j’avais un grand faible pour No Reply, puis Hey Bulldog, mais enfin choisir revient à dresser une liste quasiment sans fin. Harrison dans sa carrière solo a su parfois, par ses mélodies et les paroles de ses chansons, parler à l’âme et au c?ur de ceux qui étaient à son écoute et j’ai l’impression d’avoir déjà fait une conclusion à ce chat !!!

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Q : Est-ce lui qui composait les solos des chansons des Beatles ?

R : Oui, mais McCartney, étant lui-même guitariste, avait souvent des idées très précises quant à la structure mélodique de ses compositions. Il en allait de même pour John Lennon, autrement dit, c’était souvent un vrai travail d’équipe.

Q : Comment Harrison a-t-il rencontré les Monty Python ? A-t-il fait une apparition dans un de leurs films ? Merci de votre réponse.

R : George Harrison, comme les Beatles, aimait beaucoup les Goons du début des années 60 formés notamment par Peter Sellers, à l’humour ravageur. Un humour repris par l’équipe des Monty Python qui avait une série télé à la BBC entre 1969 et 1974. Il a très vite sympathisé avec eux et en 1976, il est monté sur scène habillé en costume de la police montée canadienne pour chanter avec eux Lumberjack Song. Bien entendu, c’est avec Eric Idle qu’il produisit dans l’ombre le meilleur hommage aux Beatles sous forme d’un téléfilm intitulé The Rutles, All You Need Is Cash. En 1978, il produisit le film Life of Brian (La vie de Brian) dans lequel il fait une très courte apparition (en fait, une silhouette comme on dit chez les « casting directors »). Harrison produisit également le film du concert des Monty Python en 1982 et bien d’autres films dans lesquels l’un ou l’autre des célèbres humoristes anglais étaient présents et dont la liste figure dans mon ouvrage.

Q : Pourquoi Georges a-t-il été sous estimé dans les Beatles ? Qu’est-ce qu’il a apporté aux Beatles ?

R : Sir George Martin a avoué à la mort de Harrison qu’il se sentait coupable de n’avoir concentré son effort de collaboration qu?avec les deux génies des Beatles (John et Paul) et d’avoir négligé le troisième génie qui, de son côté, a dû cravacher pour proposer des compositions dans la lignée de qualité de celles de ses deux camarades.

Il faut lui rendre hommage car Lennon et McCartney composaient alors qu’ils étaient âgés de 14 ou 15 ans et qu’en conséquence ils avaient pu passer par une période d’apprentissage. Lui s’est trouvé déjà au sommet de la gloire et en moins de trois ans, il proposait des compositions comme If I Needed Someone, Taxman, I Want to tell you. Pour finir par des chansons considérées aujourd’hui comme des classiques tels que While My Guitar Gently Weeps, Something et Here Comes The Sun.

George Harrison a apporté aux Beatles son humour (comme les autres) mais aussi son ouverture au monde, l’univers et la philosophie indiennes. Et une structure mélodique à la guitare reconnaissable entre toutes.

Q : Salut Jacques, quel aspect de la personnalité de George t a t-il le plus déconcerté ?

R : Ce qui m’a le plus déconcerté chez George Harrison, c’est de découvrir que malgré la philosophie héritée des enseignements hindous prônant l’altruisme, l’amour de son prochain, le pardon, l’humilité et le désir de se détacher des biens matériels qu’il mettait volontiers en avant de façon constante dans ses chansons et dans ses apparitions médiatiques, j’ai été frappé de constater qu’il en était loin, notamment dans son comportement dans sa vie privée et notamment envers des gens qui lui étaient complètement dévoués et loyaux. Harrison était volontiers procédurier et a, à ma grande stupeur, cultivé une certaine attirance envers Adolphe Hitler en 1974 et 75. Cette découverte -quels que soient les motifs qui ont amené Harrison à nourrir un intérêt envers le chantre de la bête immonde-, cette découverte au cours de l’écriture de mon livre fut un véritable traumatisme.

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Q : Bonjour Jacques, pourquoi, à votre avis, Paul et John ont tellement mis de côté les talents de George (sujet d’actualité puisqu’on vient de découvrir une bande sonore datant du 8 janvier 69, lors des sessions de Let It Be), et où il semblerait que George ai demandé au duo John/Macca d’inclure plusieurs de ses chansons dans l’album ? Sur quoi il aurait suggéré au groupe de se lancer dans des carrières solos ?

R : Ces bandes sont disponibles depuis des années. Je pense tout simplement qu’ayant connu George Harrison alors qu’il était très jeune, ils l’ont toujours considéré comme un gosse, malgré les années passant, et la preuve évidente d’un talent qui s’épanouissait. Par la suite, Paul McCartney a tenté à plusieurs reprises de faire amende honorable auprès de Harrison en lui proposant de retravailler avec lui. Offres que George a toujours pris soin de ne pas concrétiser.

Q : Comment a-t-il appris la guitare ? Et comment qualifierais-tu son style ?

R : Il appris par lui-même. Son style est dans un premier temps directement influencé par le jeu de guitare de Chuck Berry et Carl Perkins notamment, dont il a su habilement exprimer l’héritage rockabilly dans la première période de la carrière des Beatles. Puis, il a su maîtriser l’art du Dobro dont il s’est montré un maître.

Q : Dis donc est-ce qu’il avait le sens du partage ?

R : Il a prouvé incontestablement qu’il avait le sens du partage, et ce, à de nombreuses reprises.

Q : Comment envisageait-il son travail musical avec le duo Lennon/Mc Cartney ? Où est sa patte dans les morceaux des Beatles ?

R : Souvent, les idées venaient en studio alors qu’il cherchait, avec John et Paul, à forger de nouveaux sons. N’oublions pas qu’à cette époque le digital n’existait pas et que les Beatles ont travaillé pour la majorité de leur carrière dans l’esprit de la mono et disposait de 4 et 8 pistes seulement vers la fin des années 60. Il fallait donc se montrer pionnier, et trouver de nouveaux sons prenait parfois des semaines. Ils savaient aussi prendre avantage de certains incidents techniques ou autres qui pouvaient avoir lieu dans les studios. Ils ont aussi su intégrer l’influence de leur environnement musical pour en faire quelque chose de très personnel. George Harrison était souvent le plus consciencieux des quatre, le plus appliqué sur son instrument lors des concerts. C’est d’ailleurs lui qui très souvent accordait les instruments avant d’entrer en scène.

Merci Jacques Volcouve, le mot de la fin ?

R : Ecrire sur George Harrison était pour moi un désir vieux de plusieurs années. Mon projet original s’attachait davantage à découvrir l’homme derrière la star. Sa disparition prévue mais néanmoins brutale ne m’a pas laissé le loisir d’aller découvrir pour les lecteurs la réalité derrière la réalité. Comme le disait l’acteur Le Vigan dans le film Quai des Brumes, j’espère cependant qu’en m’étant attaché à étudier toutes les oeuvres artistiques de George Harrison au cours de sa trop courte carrière permettront à ceux qui voudront acquérir mon ouvrage de redécouvrir qu’il était plus que le troisième homme au sein du plus grand groupe de rock du XXème siècle, les Beatles.

Source : CanalChat

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