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Beatles à la sauce helvète

Magique était l?album des Beatles «Sgt. Pepper?s Lonely Hearts Club Band». Cocasse en est la reprise musico-théâtrale qu?en font les six artistes suisses alémaniques de «Pepper», au Théâtre du Schlachthaus.

Tous les trams de la capitale annoncent les Beatles dans un petit théâtre de la vieille ville de Berne: Schlachthaus Theater, Rathausgasse 20. Pour interpréter l?album considéré par beaucoup comme le meilleur jamais conçu: «Sgt. Pepper?s Lonely Hearts Club Band».

Vingt heures trente, les lumières s?éteignent. Un garçon de café grisonnant entre sur scène avec une pile d?assiettes. Mais, au lieu de servir, il se met à chanter. Pas n?importe quelle chanson, puisqu?il interprète, seul à la guitare acoustique, «A day in the life».

Trois autres garçons, accompagnés de deux jolies jeunes femmes, font alors leur entrée sur scène. Le costaud au T-shirt se met à la batterie. Le fluet au pantalon orange et à la veste verte joue du trombone à coulisse. Le grand maigre déglingué tient le violon. La plus hippie se passe une basse autour du cou et la plus BCBG accroche l?accordéon sur son tailleur.

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Ils chantent, et plutôt bien. Les arrangements orchestraux sont minimalistes. Comment faire sonner «Sgt. Pepper?s» sans les cordes et les effets sonores? Mais très vite, on comprend que les six protagonistes sur scène sont avant tout des comédiens (co-produits par le Theater Tuchlaube Aarau).

Dans un restaurant, ils campent les différents membres d?une famille réunie à l?occasion de l?anniversaire de leur père. Le fiston ne jure que par John Lennon. Aussi, ses frères et s?urs reprennent en ch?ur, pour leur «daddy», la chanson des Beatles «When I?m sixty four».

Trente-et-un ans plus tard, la dissolution des quatre garçons dans le vent, les membres de la famille se remémorent plein de souvenirs, aux côtés de leur père, lorsqu?ils étaient plus jeunes, plus fous, carrément naïfs et électriquement idéalistes (premières guitares!).

C?est que les chansons des Beatles les avaient bercés dans un monde où n?avaient d?importance que la liberté sexuelle et le pouvoir des fleurs.

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Et comme dans toute réunion de famille, tous finissent par raconter ce qu?ils sont devenus. Les monologues et dialogues ont été écrits en suisse allemand par l?auteur professionnel, Paul Steinmann. Mais les chansons sont interprétées en anglais.

Un spectacle nostalgique, certes. Mais où chacun se retrouve comme dans un miroir. D?où un humour savoureux, qui a fait souvent sourire le plus imperméable des spectateurs, lors de la première bernoise, mercredi soir (salle comble). Bref, un vrai régal musico-théâtral.

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