On sait que cette période a été très riche. Riche d’expériences aussi diverses que denses. Les tensions sont à leur paroxysme, les divergences artistiques (mais pas que) se font de plus en plus profondes, les désaccords qui y sont liés creusent aussi leur sillon, pas forcément dans le vinyle.
Maladroitement, Paul veut y croire jusqu’au moment où il n’y croira plus du tout et sautera sur l’occasion pour publier ses travaux en solo entamés, comme pour ses comparses, depuis plusieurs mois. Et il n’a pas digéré Allen Klein ni les coups de poignard sonores de Phil Spector (même si Paul aura une attitude paradoxale au vu du traitement qu’il appliquera lui-même à "The long and winding road" en solo). Donc procès pour tenter de rétablir les propriétés artistiques et un semblant d’ordre financier.
George, de plus en plus exaspéré, va bientôt avoir sa diarrhée salvatrice. Il ne pardonne plus à Paul son manque d’intérêt pour ses productions. Il lui en veut. Une rancune qui va perdurer bien longtemps.
Ringo suit un peu le mouvement. Il sait, comme les trois autres, que le groupe vit ses derniers instants. Il n’est pas insultant d’écrire que c’est lui qui a le plus à perdre de cette séparation irrémédiable et il en est parfaitement conscient. Il se prépare comme il peut et va pouvoir à s’adonner à sa nouvelle (et éphémère) passion pour le cinéma.
Et John ? Euh, pardon et John ET Yoko ?
Et c’est là que la vieille rancœur des fans ressurgit et pourtant …
En digérant un tas de sources, je ne peux rejeter la part de responsabilité énorme de Yoko dans ce split. Elle ne veut plus que John passe encore du temps avec ce groupe qui devient un frein à son épanouissement, à sa soif de reconnaissance qui ne peut être étanchée que par son partenariat avec John. Pour cela, elle n’accepte aucune entrave. Aucune ! Ca doit être elle ET John, point.
John, complètement sous sa coupe et aidé par d’autres "distractions", plonge dans la direction décidée par Yoko. Aveuglément.
Au bout de ce processus pas toujours chronologique je vous l’accorde, on ne doit pas s’étonner de voir le rêve se briser. Faut-il le regretter ? Pas si sûr.
Les quatre ont brillé. Plus que ce qu’ils avaient imaginé dans leur rêve (à eux) le plus fou. Plus que ce à quoi on (les amoureux de leur musique collégiale) pouvait s’attendre.
Ils étaient arrivés au bout de tout ce qu’ils pouvaient créer ensemble. Leur vie personnelle devait s’écrire et pour cela, le monstre à quatre têtes devait mourir.
Dès 1969, le scénario était achevé. Il ne restait plus qu'à le jouer jusqu'à la mention "The End".
Polmac







