Les détails

Le grand public avait gardé en mémoire, bien avant que les Beatles ne s’enferment dans les studios Londoniens, l’image des Fab Four adolescents sur la pochette de  » Rubber Soul  » (aux regards perdus et fatigués…se demandant presque ce qu’ils font là…) et le dessin très sobre (noir et blanc) de celle de  » Revolver « . En ce 1er Juin 1967, débarque chez tous les disquaires un 33T haut en couleurs, très  » flash « , reflet parfait, comme un miroir, de la période psychédélique en cours. Presque une Photographie de l’époque, aux allures d’un portrait de famille derrière un parterre de fleurs. Mais surtout, le public découvre au premier plans 4 hommes bizarrement vêtu, tous moustachus…et possédant tous une coupe de cheveux personnalisée (permettant de les reconnaître plus facilement). Bref, 4 entités très distinctes désormais…On s’aperçoit d’ailleurs à leurs côtés sur la pochette, leurs statues de cire, les représentant en pleine période de la Beatlemania…la comparaison et la métamorphose sont incroyables…et pourtant, ce n’était qu’il y a quelques mois…seulement…déjà !

La pochette ne manqua pas d’étonner, de surprendre, car c’était la première véritablement travaillée de l’histoire, et qui était élaborée autour d’un concept : celui de l’album…le  » Sgt Pepper  » de Paul. Paul :  » J’ai eu l’idée du titre, et je suis allé voir Robert Fraser (gérant d’une galerie d’art) avec des croquis pour un projet de pochette « . Robert Fraser :  » Paul m’a demandé si je connaissais quelqu’un susceptible de concrétiser cette idée. Je lui ai proposé de le mettre en contact avec Peter Blake, ainsi qu’avec Michael Cooper « . Le cliché sera réalisé au studio de Michael Cooper situé près de King’s Road à Londres. Cooper est un ancien Photographe du magazine  » Vogue « , et un proche des Rolling Stones. Le designer du futur label Apple des Beatles, Gene Mahon, fut chargé de réaliser les maquettes de la pochette. C’est lui qui eu l’idée de mettre en application le vers  » A splendid time is garanted for all « . Peter Blake :  » Nous avons eu un premier entretien avec les Beatles, Robert Fraser et Brian Epstein. Les étapes suivantes se sont passées uniquement avec Paul, chez lui. De temps en temps John était également là « . Lors de ces débats, le concept de Paul s’imposa assez naturellement. Paul :  » L’idée de départ devait évoquer une sorte de remise de prix par un maire. Un truc du nord de l’Angleterre […] Sur un mur derrière nous , il devait y avoir toutes les personnes que les membres du groupe considéraient comme des héros « . Dès lors, les Beatles commencèrent à établir leur liste personnelle des personnes qu’ils souhaitaient voir apparaître sur la pochette.

10 choses à retenir sur la pochette de Sgt. Pepper’s !

(source : Rolling Stone Magazine)

Quels membres du groupe étaient sous l’emprise de la drogue durant la séance photos, pourquoi la pochette est la plus chère de tous les temps et bien plus encore sur le visuel de l’album légendaire sorti en 1967

C’est une chose formidable pour un album de sortir et de s’inscrire si profondément dans la culture. Peu d’entre eux y parviennent. Et quelles sont les chances pour que ce même album ait l’illustration la plus iconique de tous les temps ? C’est ce qui est arrivé à Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band des Beatles et à son visuel magnifique qui rassemble des personnalités distinguées sur la pochette réalisée par les artistes pop Peter Blake et Jann Haworth, aux photos de Michael Cooper et aux trésors qui accompagnent l’album. Le marchand d’art Robert Fraser a dirigé les festivités en tant que directeur artistique de la pochette la plus légendaire de l’histoire du rock, il y a 50 ans, le 30 mars. La pochette a coûté très cher à produire mais elle a renforcé le statut mythique des Beatles à tout jamais.
Voici 10 choses que vous ne saviez peut-être pas sur le visuel iconique de Sgt. Pepper.

Paul McCartney est à l’origine du concept de la pochette

A cette époque, McCartney s’affirmait de plus en plus lorsqu’il s’agissait des décisions prises sur la carrière des Beatles. Une tendance qui se confirmera durant toute l’existence du groupe. Il a réalisé des dessins à l’encre du concept de la pochette et les a partagés avec Blake et sa femme Haworth. « J’ai fait beaucoup de dessins de Lord Mayor qui nous présentait, raconte Paul dans Many Years From Now, de Barry Miles, avec un grand nombre de dignitaires et d’amis autour de nous. On devait être devant une grande horloge florale et on devait ressembler à une fanfare. C’est devenu la pochette de Peter Blake ».

Paul McCartney a sans doute tiré son inspiration d’un groupe suédois obscur

Un EP parodique en hommage aux Beatles par Mercblecket, un groupe suédois, sorti trois ans avant Sgt. Pepper, présentait une illustration remarquablement similaire à la pochette finale de Pepper. McCartney n’a fait aucune déclaration concernant l’image précédente mais Mercblecket a reçu les Beatles lors de leur arrivée à Stockholm en 1964, et selon Jorgen Johansson, disquaire suédois, Roger Wallis, membre du groupe, a affirmé qu’il avait donné une copie de l’album à McCartney pendant le voyage.

La pochette a failli être une peinture abstraite

John Dunbar, l’ami de McCartney, pensait qu’une toile abstraite, sans texte, fonctionnerait mieux : « Les gens sauront ce que c’est, ils sauront ce que c’est ! », a-t-il fait remarquer. Les Beatles allaient être représentés dans un salon édouardien au milieu d’un bric-à-brac de vieux trophées et de photographies. L’intérêt de Blake était que son art repousse les limites dans un sens plus moderne, mais avec des éléments du passé, et les Beatles voulaient que Sgt. Pepper intéresse autant les adolescents que les octogénaires. Il était aussi fan de Gene Vincent et d’Elvis, un « vrai dénominateur commun » pour McCartney.

John Lennon était le Beatle le plus problématique lorsqu’il s’agissait des personnes qu’il souhaitait voir sur la pochette

Chaque Beatle avait pour mission de fournir une liste d’hommes et de femmes à travers l’Histoire qu’ils souhaitaient voir à leurs côtés sur la pochette. Il y a 57 photographies sur le collage. Lennon, voulant être « audacieux et effronté », selon les termes de McCartney, a proposé Hitler, le Christ et Gandhi. Le patron d’EMI, Sir Joseph Lockwood, a mis son droit de veto à l’intégration de Gandhi, de peur que l’album ne se vende pas en Inde. L’occultiste/sataniste Aleister Crowley a cependant réussi à apparaître sur la pochette.

Les célébrités que les Beatles voulaient inclure sur la pochette ont réagi

L’actrice Mae West, en apprenant la requête des Beatles, a déclaré « Qu’est-ce que je ferais là-dedans ? ». Shirley Temple voulait entendre l’album avant de s’engager. Blake a considéré le montage comme « un design d’intérieur », affirmant que le groupe avait juste donné un concert dans le parc et qu’il prenait maintenant une photo avec son public. Leo Gorcey, qui jouait dans les films des Bowery Boys, voulait 400 dollars pour son portrait.

Sgt. Pepper a été le premier album à contenir les paroles écrites des chansons, ce qui a déclenché les rumeurs sur la mort de Paul

Elles figuraient sur l’envers de la pochette, ce qui a alimenté la rumeur sur la mort de Paul. Sur le verso de l’album, McCartney est de dos et près de sa tête se trouvent les mots « without you » de la chanson « Within You Without You » de George Harrison. Il paraît que des « indices » sont parsemés dans le visuel de l’album : l’arrangement floral sur le recto de la pochette par exemple, ou le badge O.P.D. que porte McCartney et que John Neary, dans un article de Life, a appelé l’équivalent britannique de « Dead on arrival ». Dans ce même article, McCartney déclare « C’est aussi stupide. J’ai pris le badge O.P.D. au Canada. C’était un badge de police ». Les lettres signifient Ontario Provincial Police, le deuxième P étant pris pour un D.

La moitié des Beatles était droguée pour leur séance photo du 30 mars

Le groupe enregistrait cette nuit-là. Il est arrivé au studio photos de Michael Cooper en fin de matinée. Le montage de Blake et de Haworth avait été assemblé les semaines précédentes. « Si vous regardez la pochette de l’album de près, vous pouvez voir deux personnes qui planent et deux qui ne planent pas », déclare John Lennon. Ringo Starr ajoute « Regardez la pochette et tirez-en vos propres conclusions ! Il y a beaucoup de photos avec les yeux rouges ! ». Insister sur cet aspect était le credo design de The Fool, le collectif hollandais auquel Fraser ne voulait pas être associé. Il a déclaré à McCartney que leur contribution n’était pas une peinture à la hauteur. The Fool a remplacé les pochettes cartonnées standard qui figuraient sur presque tous les autres albums.

Aucune pochette d’album n’avait jamais coûté aussi cher

« A l’origine, on voulait mettre une enveloppe à l’intérieur avec des cadeaux, mais c’était trop difficile à produire, se souvient McCartney. C’était assez difficile, la maison de disques devait se serrer la ceinture et ça coûtait un peu plus cher que leur pochette en carton qu’ils avaient l’habitude de payer deux centimes ». La plupart des pochettes d’album coûtaient environ 60 euros à réaliser. Cet opus Beatles/Blake/Haworth a coûté plus de 3500 euros, en grande partie à cause de l’argent qu’ont reçu les personnalités pour leur portrait, ce qui est rare pour la pochette d’un album rock.

L’album est sorti avec ses propres accessoires

« Il y avait quelques cadeaux, des petits badges » a déclaré McCartney : des moustaches en papier, une carte postale d’une statue qui se trouvait dans la maison de Lennon et des écussons en papier. L’album devait être une expérience interactive entre le groupe et ses auditeurs. Le choix des coiffures et des poils hippies sur le visage du groupe devait se fondre dans leur tenue militaire pour faire le lien entre le passé, le présent et le futur. « On voulait que tout Pepper le soit de façon à ce que vous puissiez regarder la pochette pendant des années », a déclaré McCartney.

A l’origine, Elvis devait apparaître sur la pochette

Elvis Aaron Presley, le héros des Beatles, marquait par son absence sur une pochette où figuraient Bob Dylan et une référence aux Rolling Stones. Selon McCartney, « Elvis était trop important et bien trop au-dessus du reste pour être mentionné ». D’où son absence et la présence de Bobby Breen, un enfant chanteur célèbre des années 1930 né au Canada. Breen a été surpris par son intégration. On ne sait pas ce qu’Elvis a pensé de son exclusion.

L’incarnation la plus récente des Beatles, autour de 1964, est représentée par quatre statues de cire que Madame Tussaud leur avait prêté. Elles ont plus tard disparu dans une réserve du musée pendant 20 ans avant d’être vendues aux enchères pour près de 96 000 euros par la société de ventes aux enchères Cooper Owen en 2005. « On ne pensait pas que quelqu’un serait prêt à payer autant pour de la cire », a déclaré Louise de Cooper Owen.

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