Chronique du disque par Uncle Jack

Well, les amis, que dis-je les amis ! MES CHERS AMIS !

Soyons sérieux deux secondes, hein ? En 66 les Stones ont sorti »Aftermath », un album à tomber par terre, le genre de truc qui vous donne envie de croire en dieu ( Et c’est MOI qui vous le dit !), avec un Brian Jones (leur George à eux) au top de sa forme, un Jagger arrogant et superbe, et le Keef qui commence àsortir de son obsession Chuck Berry pour devenir le fabuleux pirate qu’il est toujours.

Bon, les Beatles ont répliqué en sortant leur flingue : »Revolver », on a vu ça, mais les Beach Boys à la même époque repoussent encore les limites de la Pop magique telle que nous l’aimons tous : « Pet Sounds »

« Sergeant Pepper » va définitivement placer les Beatles hors d’atteinte, ils sont les meilleurs et ils le savent les bougres, un peu comme une belle fille consciente de sa grâce, les lads from Liverpool terrassent le monde en juin 67 !La rondelle de vinyl mythique est là, on se dit qu’une telle magie ne peut émaner de cette banale plaque en plastique noir,ET POURTANT, ELLE TOURNE ! Comme dirait l’autre.On entend s’accorder un orchestre classique, mais c’est bel et bien du ROCK qui ouvre l’album, putain c’est musclé, martelé à grands coups de guitares assénées, et Ringo qui tape comme un sourd et relance la bête, Paulo a sa voix « rock » des grands jours, ça commence bien cette affaire, dites-moi !

Le morceau s’enchaine à « With a Little Help From My Friends », merveilleux et débonnaire, le rythme bon enfant est irrésistible de souplesse, Billy Shears alias Ringo n’a jamais aussi bien chanté ; faut dire que cet hymne à l’amitié lui va comme un gant,lui l’archétype du bon copain, il est ravi de ce cadeau que lui font John & Paul et ça s’entend : il est hilare le brave Richard,on est content pour lui.

« Lucy In The Sky With Diamonds » : ces accords cristallins ont fait le tour du monde, mais ça marchera toujours. La voix de Lennon semble provenir d’un autre monde, tout baigne dans une atmosphère de rêve ouaté, une chanson qui se vautre dans les nuages, jusqu’à ce que les BLAM BLAM BLAM de Ringo vous sortent de votre torpeur, et vous font hurler : »Lucy in the sky with diamonds !!! » les yeux brillants et un sourire idiot vous fendant la tronche, c’est de la pop céleste, les mecs ! ( et les Girls !)

« Getting Better » Les accords pêchus et pourtant tellement lumineux qui cinglent les oreilles dés le début, une charpente fleurie pour la voix de Paul et sa basse errante, des choeurs venus de l’espace, un Ringo Starr inventif qui marche sur des oeufs, il sent bien qu’il ne faut pas alourdir ce morceau déjà bati sur un riff très appuyé. Résultat : ce rock aérien et capricieux est tout bonnement imparable.

Enrubanée ce clavecin, « Fixin’ a hole » est une superbe chanson de Paul, la guitare de George vient taquiner la basse paresseuse deMacca, pour finalement l’entrainer dans une espèce de ronde enfantine irréelle, qu’est-ce que vous voulez que j’y fasse moi ? Ces types, y sont pas humain !

Les doigts de fée de George Martin caressent une harpe pendant « She’s Leaving Home », une chanson déchirante à propos d’une fillequi s’enfuit de chez ses parents. Les arrangements de cordes sontde George Martin itou ( il gagne dans ce disque définitivement ses galons de 5ème Beatle ), c’est beau à pleurer, les parents sont désepérés, pathétiques, ils ne savent pas ce qu’ils ont faitde travers. Le texte de Paul, auquel John a collaboré, est un miracle d’émotion : quand la maman, « standing alone at the top of the stairs, she breaks down and cries to her husband : « Daddy, our baby’s gone ! » Merveilleusement lacrimal, mon cher Watson !

« Being for the benefit of Mr Kite », son ambiance de cirque, le ton ironique de John, la petite valse du milieu, ouais c’est bien cool, de toute façon, z’êtes en train de vous essuyer les yeux et de vous moucher bruyamment dans les rideaux à cause de « She’s leaving home » »Chers petits amis, il est temps de retourner votre disque des Beatles, à tout de suite ! » Vous vous rappelez vos disques de contes Walt Disney, quand vous étiez petits ? En retournant la plaque, je me dis que « Sergant Pepper » est un disque de contes, que j’ai 6 ans et qu’ils vont me raconter des histoires pour m’endormir…

« Within you Without you » nous transporte en Inde, George nous refait le coup de « Love you to », mais ici, même la mélodie est basée sur le dihuba ( un violon qu’y zont là-bas ), auquel la voix douce de George se colle admirablement, allez faites-moi tourner ce pétard !

« When I’m sixty-four » du Paul en solo, ou presque. McCartney affectionne particulièrement cette ambiance rétro, il va nous refaire le coup souvent, vous verrez ça, c’est l’influence de son papa, c’est pas du rock bien sûr, mais c’est tellement agréable à écouter, Paul semble tellement à l’aise que l’on avale ça avec le reste, à savoir que les Fabs sont devenu bien plus qu’un groupe de rock.

« Lovely Rita » McCartney encore, bondissant et espiègle, bon sang mais il intenable ces jours-ci ! Faudrait lui clouer les semellesau sol, impossible ! Le morceau est une vraie fête, les choeurs sont lointains et souriants, c’est plein de trouvailles, de sons marrants, la batterie a l’air d’être montée sur ressorts, et le piano de saloon de la fin prend tout le monde par surprise. Cool !

« Good Morning, good morning » Malgré l’ironie d’un John toujours un peu désabusé, y a une irrésistible bonne humeur qui se dégage de ce morceau, ces cuivres rutillants, ce Ringo pétaradant qui s’amuse à effrayer la basse-cour, y a une ODEUR de foin, de chaleur de poulallier, un solo cinglant de George vient zèbrercette fiesta rurale d’un éclair électrique, franchement les potes, plus je l’écoute, plus je l’aime celle-ci !

Merde ! Déjà le générique de fin ?

Le groupe vient saluer le charmant public, NOUS ! Ouais, ouais,on a enjoyed the show, sure enough !

Mais il reste…A DAY IN THE LIFE ! Une oeuvre magistrale ( allons-y pour les poncifs, inévitables dans ce cas ),depuis l’intro nonchalante d’un John touché par la grâce, ces phrases incompréhensibles que nous connaissons par coeur, il nous les Jette en grattant négligemment sa guitare.Ensuite, y a la chanson de Paul à l’intérieur de l’autre, essouflé Paulo cavale parce qu’il est en retard, ahff ! ahff ! ahff !, jusqu’au moment où il est dans son bus, à l’étage il s’allume une clope et il rêve…laaaaaaaa laaaaaaal llaaaaaa John revient alors, avec sa formidable façon de vous vriller sa mélodie imparable dans le cerveau, sans avoir l’air d’insister, mais son texte absurde restera également ancré dans nos mémoires, et je me demande toujours combien il faut de trous pour remplir l’Albert Hall !

Je vous laisse, voici que revient le grand Tourbillon, emportant guitares, pianos et violons, dans une tornade symphonique extraordinaire, jusqu’à ce terrifiant accord final, qui résonne encore à l’heure où j’écris ceci. Allez, salut maintenant !

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