The Zombies

PRÉAMBULE

A de nombreuses reprises au cours de ce dossier, il sera fait référence aux Beatles, aux Beach Boys, aux Bee Gees, aux Moody Blues, Procol Harum, etc. Mais ce n’est en aucun cas un disque plagiat ou un exercice d’imitation. Il ne s’agit que des repères pour essayer d’être le plus précis d’une façon concise. Les Zombies sont avant tout Les Zombies !

 1967 : LA NAISSANCE DE « ODESSEY AND ORACLE »

Juin 1967, les zombies entrent dans les Studios Abbey Road où le fantôme du Sergent Peppers rode encore. Là, il se passe l’impossible, le groupe enregistre ( en plusieurs fois) la majeure (*) partie des 12 titres de cet album sublime, 12 compositions pop, cette pop si belle quand elle s’envole au dessus des nuages. Le tout est produit par le tandem Rod Argent et Chris White avec un budget des plus minces et donc une rapidité imposée. Là encore on retrouve les influences de Pet sounds des Beach Boys ou de Revolver des Beatles. Outre l’instrumentation classique d’un groupe de rock , la présence de mellotron, d’ harmonium et de clavecin apporte une touche bien particulière.

Les vocaux voyagent sans cesse entre Beach Boys, Beatles et Bee Gees période anglaise.

Notons également qu’il s’agit de l’un des rares albums ( à l’époque) enregistré a Abbey Road à ne pas sortir sur label EMI.

Enregistré (*) aux Studio Abbey Road , été 1967.

Ingénieurs du son : Geoff Emerick et Peter Vince.

L’HISTOIRE DU GROUPE (1961-1967)

Voici une histoire bien curieuse, celle d’un des groupes les plus talentueux de sa génération : The Zombies. Ils sortiront un des plus beaux disques Pop du monde et ce dans l’indifférence quasi générale. Jusqu’au jour où………

A l’origine , « The Zombies » est un groupe qui fait partie du mouvement « Mersey Beat ». Ils débutent en 1961 sous des noms variables tels que Sundowners ou Mustang. Il ne s’agit pour eux que de divertissement et n’ont, à ce moment ni l’envie ni l’idée de passer professionnel.

Le groupe se compose alors de :

  • Rod Argent / Claviers
  • Paul Atkinson / Guitare (Décédé le 2/04/2004 )
  • Colin Blunstone / Chant
  • Hugh Grundy / Batterie
  • Chris White / Basse

En 1964, ils remportent un concours organisé par le journal « London Evening Standard » dans leur ville de Saint Albans. Par la même occasion ils gagnent également un contrat avec la firme discographique DECCA pour l’édition d’un Single.

De là sortira l’audacieux « Summertime » ( reprise de Gershwin) et She’s not there (Une composition de Rod Argens). Vous pourrez écouter un extrait de ces deux titres ainsi que de la reprise de Carlos Santana en 1977. Le Tout sera un succès immédiat tant en Angleterre qu’ aux USA ( numéro 2 ) . Les Zombies sont alors un des premiers groupes anglais à « envahir » les Etats-Unis engouffrés dans la brèche ouverte par les Beatles. Ils y auront d’ailleurs , curieusement, beaucoup plus de succès là-bas qu’en Angleterre. Enorme succès aussi aux Philippines où ils jouent devant plus de 30 000 personnes.

Mais les Zombies ne sont pas entièrement pas dans le moule « Mersey Beat » et donnent à leur musique des couleurs et des approches que le public ne suit pas toujours, mis à part, peut être leur titre « Tell her no ». C’est en effet un des rares groupes à se servir de claviers, pas seulement comme piano de type « Blues ou Boogie » ou de nappes d’orgues, mais en y introduisant des influences quasi-classiques.

Après plusieurs singles et un album ( Begin Here ) fabriqué à la hâte ( pour ne pas dire bâclé) dans le but de répondre à la demande de disques « Beat », Decca renonce à croire en un avenir pour le groupe et ne renouvelle pas le contrat.

On retrouve nos cinq musiciens au printemps 1967 complètement démotivés et proches de la ruine. Ils arrivent tout de même à décrocher un contrat avec CBS qui leur offre un budget de 1000 livres (deux mille selon certaines sources). Budget qui ne couvrira à la base qu’un enregistrement « mono », Rod Argent et Chris White seront obligés d’avancer la différence pour obtenir un résultat « stéréo », puisque celle-ci devenait à l’époque un nouveau standard quasiment obligatoire.

ODESSEY AND ORACLE : CHANSON PAR CHANSON

CARE OF CELL 44 ( ARGENT )

Echange entre deux êtres que la prison sépare . La voix de Colin est parfaite d’émotion et de puissance. Mellotron et clavecin nous plongent dans un univers proche de Procol Harum et des Moody Blues. Les chœurs sont dignes des plus beaux exécutés par les Beach Boys.

MAYBE AFTER HE’S GONE ( WHITE )

Là encore les choeurs font merveille, évoluant sans cesse au cours de la chanson. Brian Wilson n’aurait peut être pas fait mieux. Pour le sujet de la chanson, tout est dit dans le titre……

 A ROSE FOR EMILY ( ARGENT )

Soutenue par une introduction au piano qui rappelle l’ambiance de « For no one » des Beatles, la chanson est sobre mais richement ornée. Les chœurs cette fois nous emmène au pays des quatre de Liverpool.

BRIEF CANDLES ( WHITE )

Encore un départ au piano langoureux que vient vite bousculé un refrain plus vif avec le groupe au grand complet. Le pont peut faire penser à une chanson échappée de Sergent Peppers.

BEECHWOOD PARK ( WHITE )

Face b du 45 tours précédent la sortie de l’album , ( La face A étant Friends of mine ) cette chanson s’appuie sur une guitare utilisant un effet vibrato. L’orgue nous renvoie encore chez Procol Harum/Moody blues. Elle est tellement bien construite et exécutée que l’on pense à une reprise des Beach Boys chantée par les Beatles.

HUNG UP OF A DREAM ( ARGENT )

Mellotron et piano frappent d’entrée. Bien qu’ agréable, c’est peut être le morceau le moins inspiré et réussi de l’album . Les chœurs, très éloignés vers la fin, apportent une touche cependant très intéressante.

CHANGES ( WHITE )

Mellotron toutes voiles dehors, suivi d’un refrain peu banal où les choeurs s’entremêlent avec une beauté inouïe. La voix de Colin est extraordinaire.

I WANT HER SHE WANTS ME ( ARGENT )

Retour de la guitare jouant à cache- cache avec les claviers. Les chœurs nous font passer de Revolver à Abbey Road avec un égal bonheur.

THIS WILL BE OUR YEAR ( WHITE )

Nous sommes pris de suite dans le piège de la voix de Colin chargée d’émotions. L’accompagnement musicale est très dépouillé, mais la grâce du titre réside justement dans la voix de Colin.

BUTCHER’S TALE ( WESTERN FRONT 1914) ( WHITE )

Cette chanson évoque les « boucheries » de la guerre 1914/1918. L’atmosphère est donc grave , une intro profonde qui prend aux tripes. Du coté musical , l’orgue évoque une cérémonie religieuse relayée en cela par la voix de Colin chargée d’écho. Il faut noter également la présence d’accordéon. A n’en pas douter un des sommets de l’album.

FRIENDS OF MINE ( WHITE )

Une chanson enjouée, des choeurs variés et magnifiques, un solo de guitare proche de George Harrison période Beatles for Sale. On en ressort tout joyeux !

TIME OF SEASON ( ARGENT )

La merveille du disque ! Elle est inspirée par le texte d’une chanson de Smokey Robinson ( The Tracks of my tears ). De l’orgue Hammond à volonté, une basse bien présente, des gémissements, des chœurs et la voix de Colin font décoller le titre à des sommets rarement égalés. Le rythme est appuyée par une guitare aux réminiscences « Beat ».

 L’APRÈS « ODESSEY AND ORACLE »

Fin du disque original. Les titres éventuellement présents ensuite sont des bonus.
Ils sont évoqués en fin de dossier.

La pochette conçue trop rapidement est d’inspiration psychédélique. Mais c’est aussi un gag. Le graphiste transforme Odyssey en Odessey. L’erreur est repérée trop tard et le « visuel » est maintenu en l’état. Le groupe n’a ni le temps ni les moyens de tout refaire.

Mais voilà, la guigne frappe encore ! Les bandes sont remises à CBS qui n’est pas très emballée ! Il trouve le projet difficilement vendable. Il ne donne donc pas de promo à ce disque qui sort dans l’anonymat le plus total, il refuse même de le sortir aux Etats-unis, terre de prédilection des Zombies. La sanction ne se fait pas attendre, le disque végète dans les charts U.K. Face à cette humiliation et ce nouvel échec, les Zombies décident de se séparer en décembre 1967.

Quelques temps plus tard, Al Kooper , directeur artistique chez CBS US tombe sur les bandes lors d’un voyage en Angleterre. Il est immédiatement conquis par ce qu’il entend et fait publier l’album en 1968 aux Etats-Unis. Trois singles sortent coup sur coup sans le moindre succès. Le salut viendra lors de la publication du quatrième : Time of season.

Ainsi en 1969, les Zombies sont enfin dans les hauteurs des charts US ( numéro 2 ) et Grande Bretagne ( numéro 12 ) . En avril 69 Time of the season est même déclaré disque d’or US, alors que le groupe n’existe plus. Cela aura au moins le mérite de redonner goût à la musique à ce fabuleux chanteur qu’ est Colin Blunstone qui entamera alors une carrière solo ( et avec Rod Argent ) fort honorable en collaborant notamment avec Alan Parsons Project. Chris White et Rod Argent fondent « Argent », Hugh Grundy et Paul Atkinson deviendront « sessionmans » pour divers artistes et seront obligés de faire divers travaux annexes pour vivre. Ensuite CBS demandera à Rod Argens et Chris White de reformer les Zombies pour exploiter le succès et faire un second lp pour eux. Le projet se nomme RIP et comme son nom le laisse supposer le projet sera arrêté faute de motivation. Ils travailleront en vain, notamment sur des chutes de Odessey and Oracle et du matériel non utilisé jusqu’alors.

Pendant ce temps , des promoteurs peu scrupuleux iront même jusqu’à faire tourner sur scène au Etats-Unis de faux Zombies pour capitaliser quelques dollars sur le succès tardif du disque ! Voici le témoignage d’un fan :

On December 13, 1969, I saw a group billed as the Zombies at the Aerodrome in Schenectady, NY. They played all Zombies material in the Zombies style, BUT THEY WEREN’T THE ZOMBIES. The band, I believe now, had broken up at that point. The band members names were John (voc), Terry (guitar), Howie (organ), Eddie (bass), Gary (drums). I met them after the show (thinking they were the original group) and got their autographs and they gave me a mailing address c/o Bill Eberline, Sudbury, MA. I have the original ad and picture from the Troy, NY newspaper saying « THE ZOMBIES – On December 13, the Aerodrome will present the popular rock group « The Zombies, » who have been accredited with such hits as « She’s Not There, » « Tell Her No, » and « Time of the Season. » WHAT A RIPOFF !!!!
Mark Fisher

« ODESSEY AND ORACLE » AUJOURD’HUI

Il nous reste donc aujourd’hui « Odessey and Oracle » un disque peu connu, mais un incomparable chef d’œuvre à ranger entre Sergent Peppers et Pet Sounds, bien que réalisé à la hâte et avec des moyens bien moindre, ce qui le rend encore plus percutant. Un bijou pour les oreilles et pour le cerveau, bref un INDISPENSABLE , rempli des nouveautés flottant dans l’air du temps de cette époque et d’un petit plus de magie.

La réédition anniversaire des 30 ans sur Big Beat Records ( Via Ace) comprend 15 titres bonus, soit plus que l’album d’origine, ce qui n’est pas du goût de tout le monde. Il faut essayer d’écouter les 12 titres d’origine sans le reste dans un premier temps, afin de garder la cohérence d’origine. Ensuite il convient d’écouter le reste qui s’appréciera d’autant plus lorsque que vous serez imprégnés du « Zombies Original Odessey Sound » .

Pour la petite histoire Colin Blunstone connaîtra un Hit en 1971/72 sur son album « One Year » avec une reprise d’une chanson de Denny Laine : Say you don’t mind (ECOUTER UN EXTRAIT). Cette chanson, couplée avec Ask The People fût le premier single solo de Denny Laine, paru début 1967 sur le label Deram ( filiale de Decca) et produit par Denny Cordell. Mais il n’enflamma pas les charts de l’époque, malgré ses qualités évidentes. Début 1972 donc, la chanson est reprise par Colin Blunstone et devient un tube en Angleterre, ce qui incita Deram à rééditer le single de Denny, ce dernier ne se privant évidemment pas d’ajouter le titre à la set list de la tournée d’été de Wings cette année-là…

Denny l’a pour sa part réenregistré en 1980, l’a publié en single avec une nouvelle version de « Go Now » en face B et l’a aussi inclus sur l’album « Japanese Tears »

J’espère que ces quelques lignes vous donneront envie de faire un petit tour du coté de la discographie des Zombies, de Colin Blunstone et pourquoi par du groupe Argent . Si tel est le cas, alors la mission sera atteinte !

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