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« Sunday Bloody Sunday » de John Lennon, composée avec Yoko Ono, est un morceau en réaction au massacre de Derry le 30 janvier 1972, où l’armée britannique tua quatorze manifestants. Ce titre, enregistré avec le Plastic Ono Band, exprime la colère de Lennon face à la violence et à l’oppression des forces britanniques en Irlande du Nord. Critiqué pour sa vision simpliste du conflit, le morceau est néanmoins une explosion sonore, avec une production dense, typique du « Wall of Sound » de Phil Spector. Bien que peu diffusée à l’époque, cette chanson est devenue un manifeste engagé de Lennon, même si son impact fut éclipsé plus tard par la version plus consensuelle de U2.
Composition : Lennon-Ono
Enregistrement : 13 février – 8 mars 1972
Producteurs : John Lennon, Yoko Ono, Phil Spector
Sortie : 15 septembre 1972 (Royaume-Uni), 12 juin 1972 (États-Unis)
Disponible sur :
Some Time In New York City
Personnel
John Lennon : chant, guitare
Adam Ippolito : piano, orgue
Gary Van Scyoc : basse
Stan Bronstein : saxophone
Richard Frank Jr : batterie, percussions
Jim Keltner : batterie
Sunday Bloody Sunday : Quand John Lennon Chante l’Horreur du Conflit Nord-Irlandais
Le 30 janvier 1972, l’histoire de l’Irlande du Nord bascule dans la tragédie. Ce jour-là, des soldats britanniques ouvrent le feu sur une manifestation pacifique à Derry, faisant quatorze morts et marquant à jamais les esprits sous le nom de Bloody Sunday. Témoin de cet événement depuis son exil américain, John Lennon réagit à sa manière : en musique. « Sunday Bloody Sunday », composé en urgence, devient ainsi l’un des morceaux les plus virulents de son albumSome Time in New York City, enregistré avec Yoko Ono et le Plastic Ono Band.
Lennon n’est pas un simple spectateur des Troubles qui secouent l’Irlande du Nord. D’origine irlandaise par sa famille paternelle, il nourrit depuis longtemps un intérêt pour la cause irlandaise. En 1971, il participe à des manifestations à Londres pour exiger le retrait des troupes britanniques d’Irlande du Nord. Mais c’est Bloody Sunday qui le pousse à une réaction musicale immédiate et radicale.
DansSunday Bloody Sunday, il dénonce avec virulence la violence exercée par l’armée britannique et l’hypocrisie politique : « You claim to be a majority / Well you know that it’s a lie / You’re really a minority / On this sweet emerald isle ». En quelques phrases, il résume la frustration d’une partie de la population catholique face à la domination protestante et à la répression militaire.
Si la colère de Lennon est palpable, elle lui attire aussi des critiques. Certains observateurs estiment que ses paroles offrent une vision trop manichéenne du conflit, ignorant la complexité historique de la situation nord-irlandaise. Le critique Paul Du Noyer souligne que le morceau, bien que sincère, simplifie un problème profond, le rendant plus proche du pamphlet que de l’analyse politique.
John Blaney, biographe de Lennon, va encore plus loin en accusantle titre d’être une « propagande pro-républicaine » qui présente l’IRA sous un jour trop favorable, occultant les violences commises par l’organisation paramilitaire.
D’un point de vue musical,Sunday Bloody Sundayest une déflagration sonore. Sous la houlette du producteur Phil Spector, le titre bénéficie d’une production dense typique du « Wall of Sound ». Guitares saturées, saxophones déchirants, percussions martiales : tout est mis en œuvre pour conférer àle titre une intensité dramatique maximale.
Le morceau présente également une particularité sonore inspirée de « Strawberry Fields Forever » des Beatles : un faux final, suivi d’un retour abrupt, soulignant l’idée que la tragédie continue, qu’elle ne s’éteindra pas d’elle-même.
Bien que peu diffusé sur les ondes à l’époque,Sunday Bloody Sundaymarque durablement. Elle contribue à renforcer l’image de Lennon comme artiste engagé, mais elle illustre aussi les limites de son militantisme. Ses prises de position tranchées sur l’Irlande du Nord lui valent une décrédibilisation auprès d’une partie du public britannique, certains allant jusqu’à le qualifier de « traître ».
Lennon, conscient du caractère brûlant du sujet, tente plus tard de nuancer son engagement en affirmant soutenir avant tout les mouvements pacifistes, mais l’impact deSunday Bloody Sundayreste indélébile.
Ironie du sort,Sunday Bloody Sundaydeviendra plus tard un hymne mondial sous une autre forme, avec la version de U2 en 1983. Contrairement à Lennon, Bono et ses compagnons adoptent un ton plus nuancé, condamnant toutes les violences et insistant sur la volonté de paix. Cette version supplante celle de Lennon dans la mémoire collective, tant par son impact médiatique que par sa posture plus consensuelle.
Qu’on l’aime ou qu’on la critique,Sunday Bloody Sundayde John Lennon demeure un témoignage poignant d’un artiste confronté à la brutalité du monde. Marqué par l’urgence et l’indignation, le morceau incarne la volonté d’un musicien de faire de son art une arme contre l’injustice, quitte à provoquer le débat. Plus qu’une simple titre, c’est un cri de rage, un écho à une époque troublée qui résonne encore aujourd’hui.
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Well it was Sunday bloody Sunday
When they shot the people there
The cries of thirteen martyrs
Filled the Free Derry air
Is there any One amongst you
Dare to blame it on the kids ?
Not a soldier boy was bleeding
When they nailed the coffin lids !
Sunday bloody Sunday
Bloody Sundays the day !
You claim to be majority
Well you know that its a lie
Youre really a minority
On this sweet emerald isle
When Stormont bans our marches
Theyve got a lot to learn
Internment is no answer
Its those Mothers turn to burn !
Sunday bloody Sunday
Bloody Sundays the day !
Sunday bloody Sunday
Bloody Sundays the day !
You anglo pigs and scotties
Sent to colonize the North
You wave your bloody Union Jack
And you know what its worth !
How dare you hold to ransom
A people proud and free
Keep Ireland for the Irish
Put the English back to sea !
Sunday bloody Sunday
Bloody Sundays the day !
Well, its always bloody Sunday
In the concentration camps
Keep Falls Road free forever
From the bloody English hands
Repatriate to Britain
All of you who call it home
Leave Ireland to the Irish
Not for London or for Rome !
Sunday bloody Sunday
Bloody Sundays the day !
Sunday bloody Sunday
Bloody Sundays the day !
Sunday bloody Sunday
Bloody Sundays the day !
Sunday bloody Sunday
Bloody Sundays the day !
Eh bien, c’était dimanche, dimanche sanglant
Quand ils ont fusillé les gens là-bas
Les cris de treize martyrs
Emplissaient l’air de Free Derry
Y en a-t-il un parmi vous
Oser accuser les enfants ?
Pas un seul soldat ne saignait
Quand ils ont cloué les couvercles des cercueils !
Dimanche, dimanche sanglant
Dimanche sanglant, c’est le jour J !
Vous prétendez être majoritaires
Eh bien, vous savez que c’est un mensonge
Vous êtes en réalité une minorité
Sur cette douce île d’émeraude
Quand Stormont interdit nos marches
Ils ont beaucoup à apprendre
L’internement n’est pas la solution
C’est au tour de ces mères de brûler !
Dimanche, dimanche sanglant
Dimanche sanglant, c’est le jour J !
Dimanche, dimanche sanglant
Dimanche sanglant, c’est le jour J !
Vous, bande de porcs anglo-saxons et écossais
Envoyés coloniser le Nord
Vous agitez votre foutu Union Jack
Et vous savez ce qu’il vaut !
Comment osez-vous ? Tenir en otage
Un peuple fier et libre
Gardez l’Irlande aux Irlandais
Remettez les Anglais en mer !
Dimanche sanglant
Dimanche sanglant, c’est le jour !
Eh bien, c’est toujours un dimanche sanglant
Dans les camps de concentration
Gardez Falls Road libre à jamais
Des mains sanglantes des Anglais
Rapatriement en Grande-Bretagne
Vous tous qui l’appelez chez vous
Laissez l’Irlande aux Irlandais
Ni pour Londres ni pour Rome !
Dimanche sanglant
Dimanche sanglant, c’est le jour !
Dimanche sanglant
Dimanche sanglant, c’est le jour !
Dimanche sanglant
Dimanche sanglant, c’est le jour !
Dimanche sanglant
Dimanche sanglant, c’est le jour !
Dimanche sanglant
Dimanche sanglant, c’est le jour !
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