Penny Lane des Beatles : histoire, enregistrement, paroles et traduction
Penny Lane des Beatles : l’histoire complète de la chanson de Paul McCartney, de la rue de Liverpool au sommet des charts
Écrite par Paul McCartney à la fin de l’année 1966 dans sa maison londonienne de Cavendish Avenue, enregistrée entre le 29 décembre 1966 et le 17 janvier 1967 aux studios EMI d’Abbey Road, publiée en février 1967 sur un double face A avec Strawberry Fields Forever, Penny Lane est la chanson qui a fait d’une rue ordinaire du sud de Liverpool l’une des adresses les plus célèbres du monde. Barbier, banquier, pompier, infirmière, abri du rond-point, trompette piccolo de David Mason, single bloqué à la deuxième place par Engelbert Humperdinck, numéro un aux États-Unis, plaques de rue volées et fausse accusation d’esclavagisme : voici l’histoire complète de Penny Lane, la chanson et la rue, vérifiée à partir des sources de référence.
Penny Lane, ce sont d’abord deux mots qui ne veulent presque rien dire. Un chemin, une ruelle, un carrefour de banlieue où l’on attend le bus sous la pluie. Pendant près de deux siècles, personne en dehors de Liverpool n’a eu la moindre raison de les prononcer. Puis, un hiver, un jeune homme de vingt-quatre ans, installé à Londres depuis trois ans, millionnaire, célèbre sur toute la planète, s’est assis devant un piano peint aux couleurs de l’arc-en-ciel et s’est souvenu du rond-point où il changeait de bus quand il était adolescent. Trois minutes de musique plus tard, Penny Lane n’appartenait plus seulement à ses habitants. Elle appartenait au monde.
L’histoire de Penny Lane est donc double. C’est celle d’une chanson des Beatles, peut-être la plus joyeuse et la plus finement orchestrée de tout leur répertoire, née au moment précis où le groupe cessait d’être un groupe de scène pour devenir un laboratoire de studio. Et c’est celle d’un lieu réel, avec ses boutiques, son église, son abri de tramway et ses plaques de rue que les touristes arrachent depuis un demi-siècle. Les deux histoires ne cessent de se croiser. Pour bien comprendre la chanson, il faut connaître la rue ; pour comprendre ce que la rue est devenue, il faut connaître la chanson.
Penny Lane en bref : l’essentiel en dix réponses
Qu’est-ce que Penny Lane ? Une rue du quartier de Mossley Hill, dans le sud de Liverpool, et par extension le carrefour de Smithdown Place qui la prolonge. Qui a écrit la chanson ? Paul McCartney, avec un coup de main de John Lennon pour le troisième couplet ; elle est créditée Lennon-McCartney. Où ? À Londres, au 7 Cavendish Avenue, fin 1966. Enregistrement ? Du 29 décembre 1966 au 17 janvier 1967, studio deux d’Abbey Road. Producteur ? George Martin. Le solo de trompette ? David Mason, à la trompette piccolo, le 17 janvier 1967. Sortie ? En double face A avec Strawberry Fields Forever, le 13 février 1967 aux États-Unis et le 17 février au Royaume-Uni. Classements ? Numéro un aux États-Unis, numéro deux au Royaume-Uni derrière Release Me. Album ? Aucun album britannique à l’époque ; elle figure sur la version américaine de Magical Mystery Tour, en novembre 1967. Penny Lane doit-elle son nom à un négrier ? Non : en 2020, le Musée international de l’esclavage de Liverpool a conclu qu’aucune preuve ne reliait la rue à James Penny.
Sommaire
La fiche d’identité de Penny Lane
| Titre | Penny Lane |
| Auteur | Paul McCartney (crédit Lennon-McCartney), avec une contribution de John Lennon au texte |
| Écriture | Fin 1966, 7 Cavendish Avenue, St John’s Wood, Londres |
| Enregistrement | 29 et 30 décembre 1966, 4, 5, 6, 9, 10, 12 et 17 janvier 1967, studio deux, EMI Abbey Road |
| Musiciens | Paul McCartney, John Lennon, George Harrison, Ringo Starr, George Martin, et une dizaine de musiciens de séance (flûtes, piccolos, trompettes, bugle, hautbois, cors anglais, contrebasse), dont David Mason à la trompette piccolo |
| Producteur | George Martin |
| Ingénieurs | Geoff Emerick, Phil McDonald |
| Durée | Environ 3 minutes |
| Tonalité | Couplets en si majeur, refrains en la majeur, dernier refrain remonté en si |
| Single | Double face A avec Strawberry Fields Forever : Capitol, 13 février 1967 (États-Unis) ; Parlophone, 17 février 1967 (Royaume-Uni) |
| Album | Magical Mystery Tour, version américaine de Capitol, 27 novembre 1967 |
| Classements | Numéro un du Billboard Hot 100 le 18 mars 1967 ; numéro deux au Royaume-Uni ; numéro un en Australie, en Allemagne de l’Ouest, aux Pays-Bas et en Nouvelle-Zélande |
Repères chronologiques : de la ruelle du XVIIIe siècle au retour de la plaque volée
| Années 1750 | Un chemin rural apparaît sur les cartes de la région, à l’emplacement de l’actuelle Penny Lane. |
| 1841 | Le recensement mentionne une Pennis Lane ; la presse des années 1840 écrit Penny’s Lane. |
| Années 1890 | Le quartier s’urbanise ; Smithdown Place devient un terminus de tramways. |
| Années 1940-1950 | Lennon enfant à Newcastle Road ; McCartney et Lennon changent de bus au carrefour ; les bus remplacent les tramways au milieu des années 1950. |
| 1965 | Penny Lane apparaît dans un premier brouillon de In My Life écrit par John Lennon. |
| 29 août 1966 | Dernier concert payant des Beatles, à San Francisco. |
| 24 novembre 1966 | Début de l’enregistrement de Strawberry Fields Forever. |
| 29 décembre 1966 | Première séance de Penny Lane. |
| 17 janvier 1967 | David Mason enregistre le solo de trompette piccolo. |
| 5 et 7 février 1967 | Tournage du film promotionnel à Stratford (Londres) puis à Knole Park, près de Sevenoaks. |
| 13 et 17 février 1967 | Sortie du single aux États-Unis puis au Royaume-Uni. |
| 18 mars 1967 | Penny Lane numéro un du Billboard Hot 100. |
| 27 novembre 1967 | Parution de l’album américain Magical Mystery Tour, qui contient Penny Lane. |
| 1996 | Anthology 2 restitue la fin à la trompette piccolo des copies promotionnelles américaines. |
| 2006 | Une proposition de renommer les rues liées à la traite négrière vise Penny Lane. |
| 2008 | Liverpool capitale européenne de la culture. |
| 21 juin 2018 | Diffusion du Carpool Karaoke de Paul McCartney, tourné en partie à Penny Lane. |
| Juin 2020 | Plaques taguées ; le Musée international de l’esclavage conclut à l’absence de lien avec James Penny. |
| 29 novembre 2023 | Une plaque volée en 1976 est restituée et exposée au Beatles Story, sur l’Albert Dock. |
| 29 septembre 2026 | Mise aux enchères de la statue de John Lennon installée près de Penny Lane. |
Penny Lane, Liverpool : la vraie rue avant la chanson
Avant d’être une chanson des Beatles, Penny Lane est une rue de Liverpool, et même un peu plus qu’une rue. Elle se trouve dans le quartier de Mossley Hill, à environ cinq kilomètres au sud-est du centre-ville, à la frontière de Wavertree, d’Allerton et de Sefton Park. Sur un plan, c’est une voie assez courte, bordée de maisons de brique, qui débouche sur un grand carrefour. Dans la bouche des Liverpuldiens, pourtant, le nom désigne surtout ce carrefour : Smithdown Place, là où convergent Smithdown Road, Allerton Road et Penny Lane. Quand un habitant des années 1950 disait qu’il descendait à Penny Lane, il parlait de l’arrêt, du rond-point, des boutiques et de la banque qui l’entourent. C’est exactement ce lieu que décrit la chanson : un lieu de passage, où l’on attend, où l’on regarde, où l’on croise tout le monde.
Un chemin sans nom sur les cartes du XVIIIe siècle
La rue est ancienne. Un chemin rural apparaît sur les cartes de la région dès les années 1750 ; une carte de 1768 montre seulement deux maisons le long de son tracé. À l’époque, le secteur est encore la campagne, une mosaïque de champs et de fermes qui dépendent des villages de Wavertree et de Garston, loin du port. Le nom lui-même met du temps à se fixer : le recensement de 1841 parle de Pennis Lane, et la presse locale des années 1840 écrit Penny’s Lane. Ce détail compte, car il deviendra un argument central dans la polémique qui éclatera au XXIe siècle sur l’origine du nom.
Le carrefour de Smithdown Place
Le quartier s’urbanise à partir des années 1890. Liverpool grandit vers le sud, les lignes de tramway s’allongent, et Smithdown Place devient un terminus important, avec des dépôts et un abri pour les voyageurs au milieu du rond-point. Au milieu des années 1950, les bus remplacent les tramways, mais le carrefour garde sa fonction : c’est là que l’on change de ligne pour rejoindre le centre, Woolton, Allerton ou Garston. Autour du rond-point s’installent les commerces qui feront la chanson : un barbier, une banque, des boutiques, et, tout près, l’église St Barnabas.
Un quartier entre deux mondes
Penny Lane se trouve aussi à une frontière sociale. Au nord et à l’ouest, les rues ouvrières de Wavertree et de Smithdown Road ; au sud et à l’est, les maisons plus cossues d’Allerton, de Mossley Hill et de Woolton. Les quatre Beatles ont grandi dans ce sud de Liverpool, à quelques kilomètres les uns des autres, chacun dans un milieu un peu différent. Le carrefour était leur point commun, le lieu où les trajets de tous se croisaient.
Le carrefour de l’enfance des Beatles
Si Penny Lane a pu devenir une chanson aussi précise, c’est que les Beatles connaissaient ce lieu par cœur. Pas comme un décor de carte postale, mais comme un paysage quotidien, vu depuis l’impériale d’un bus ou la chaise d’un barbier.
John Lennon, l’enfant du quartier
Le premier Beatle lié à Penny Lane, c’est John Lennon. Enfant, il a vécu avec sa mère Julia à Newcastle Road, une petite rue de Wavertree toute proche du carrefour. Il fréquente ensuite l’école primaire de Dovedale Road, à quelques minutes de marche ; George Harrison, de deux ans et demi son cadet, passera par la même école, sans qu’ils se connaissent alors. Plus tard, élevé par sa tante Mimi à Mendips, sur Menlove Avenue, Lennon continue de passer par Penny Lane pour aller en ville. Lorsqu’il évoquera la chanson en 1980, il dira en substance que c’était là qu’il habitait, et décrira la banque et les dépôts de tramways comme des éléments de son propre paysage d’enfance.
Paul McCartney, le passager de la ligne
Paul McCartney, lui, n’a jamais habité Penny Lane. Sa famille a déménagé plusieurs fois dans le sud de Liverpool avant de s’installer en 1955 au 20 Forthlin Road, à Allerton, dans une maison mitoyenne aujourd’hui gérée par le National Trust. Mais Penny Lane était sur son chemin. Dans l’Anthology, il raconte qu’il y changeait de bus, et qu’il y retrouvait souvent John lorsque les deux garçons se rendaient l’un chez l’autre, entre Forthlin Road et Menlove Avenue. Le carrefour était leur point de rendez-vous, le lieu où commençait l’aventure. Notre article sur l’arbre de Forthlin Road raconte un autre souvenir de ce quartier.
St Barnabas et le jeune choriste
À l’angle de Penny Lane et d’Elm Hall Drive se dresse l’église St Barnabas, une église anglicane de grès rouge. Paul McCartney y a chanté enfant dans le chœur. Des décennies plus tard, en 1982, il y sera le témoin de mariage de son frère Mike McCartney. L’église fait partie du paysage sonore de la chanson autant que de son décor : les cloches, les chorales, le dimanche anglais.
George Harrison et Ringo Starr
George Harrison est né en 1943 à Arnold Grove, une petite rue de Wavertree peu éloignée du carrefour, avant que sa famille ne parte pour Speke, plus au sud ; ses trajets vers l’école et vers le centre le ramenaient régulièrement dans ce secteur. Ringo Starr, né dans le quartier plus pauvre du Dingle, connaissait moins ces rues de banlieue, mais le carrefour était pour tous un point de repère. C’est d’ailleurs ce qui frappe dans la chanson : elle ne décrit pas une maison, un intérieur, une famille, mais un espace public, partagé, où chacun pouvait se reconnaître.
1965 : la première Penny Lane était de John Lennon
On l’oublie souvent, mais le nom de Penny Lane apparaît dans l’œuvre des Beatles avant la chanson de McCartney, et c’est John Lennon qui l’y a placé.
Le brouillon de In My Life
À l’automne 1965, pendant la préparation de Rubber Soul, Lennon écrit un long texte nostalgique qui énumère les lieux de son enfance, comme s’il refaisait en pensée le trajet en bus depuis Menlove Avenue jusqu’au centre de Liverpool. Penny Lane figure dans cette liste, avec d’autres arrêts et d’autres souvenirs. Lennon trouvera ensuite ce premier jet trop proche d’un récit de vacances, selon sa propre expression, et le réécrira entièrement pour en faire une méditation sur les lieux et les gens aimés, sans aucun nom propre. Ce sera In My Life. Notre article sur George Martin et In My Life raconte la suite de cette chanson.
Correctif factuel : Penny Lane n’est pas une idée de McCartney seul
On présente souvent Penny Lane comme une invention de Paul McCartney. La chanson est bien de lui pour l’essentiel. Mais l’idée d’écrire sur ce carrefour précis a d’abord traversé l’esprit de John Lennon, qui avait inscrit Penny Lane dans le brouillon de In My Life en 1965. Les deux amis avaient le même lieu en tête ; ils l’ont traité de deux manières différentes, à un an d’écart.
Deux visions du même passé
Ce brouillon abandonné éclaire toute la suite. En 1965, Lennon renonce à la liste de lieux pour aller vers l’intime. En 1966, McCartney reprend le lieu et en fait un tableau peuplé de personnages. Quelques semaines plus tôt, Lennon a lui-même écrit sur un lieu de son enfance, le parc de l’Armée du Salut de Strawberry Field, mais en le transformant en paysage intérieur, flou et inquiétant. Les deux chansons de Liverpool sont donc le prolongement d’une même idée, partagée par les deux auteurs, et la réponse de chacun à l’autre.
Hiver 1966 : pourquoi Penny Lane, et pourquoi maintenant ?
Penny Lane naît à un moment charnière. Fin 1966, les Beatles viennent de prendre la décision la plus radicale de leur carrière : ne plus jamais partir en tournée. Leur dernier concert payant a eu lieu le 29 août 1966 au Candlestick Park de San Francisco. Les cris du public couvrent la musique, les tournées sont devenues dangereuses et épuisantes, et les chansons de Revolver ne peuvent plus être jouées sur scène avec les moyens de l’époque. Notre dossier sur l’arrêt des tournées en 1966 en détaille les raisons.
Trois mois de liberté
Pour la première fois depuis 1962, chacun dispose de quelques semaines pour lui. John Lennon tourne en Espagne le film How I Won the War de Richard Lester ; c’est là qu’il commence Strawberry Fields Forever. George Harrison part en Inde étudier le sitar auprès de Ravi Shankar. Ringo Starr se repose en famille. Paul McCartney compose la musique du film The Family Way, voyage en France incognito, puis au Kenya. Il fréquente aussi assidûment l’avant-garde londonienne, les galeries, les concerts de musique contemporaine. Quand les quatre se retrouvent à Abbey Road le 24 novembre 1966, ils ne sont plus tout à fait les mêmes.
L’idée d’un album sur l’enfance
Le projet qui se dessine alors est un album sur Liverpool et sur l’enfance. Strawberry Fields Forever ouvre la marche dès le 24 novembre. Penny Lane suit, le 29 décembre. Dans l’esprit des Beatles, ces deux chansons doivent être les premières pièces d’un disque cohérent, une sorte d’autoportrait du groupe en enfants du nord de l’Angleterre. Le projet sera abandonné en cours de route, au profit de Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, mais il explique pourquoi deux chansons aussi différentes sont nées à quelques semaines d’intervalle sur le même sujet.
Une réponse à Strawberry Fields Forever
McCartney a toujours reconnu que Penny Lane était aussi une réponse à son ami. Lennon venait d’apporter au studio une chanson extraordinaire, sombre, onirique, sur un lieu de son enfance. McCartney, qui ne voulait jamais être en reste, a répondu avec sa propre chanson de Liverpool, lumineuse, précise, peuplée. La rivalité amicale entre les deux auteurs a rarement produit un résultat aussi spectaculaire. Nos articles sur le duel Strawberry Fields Forever contre Penny Lane et sur le single de 1967 reviennent en détail sur cette émulation.
L’écriture de Penny Lane à Cavendish Avenue
Paradoxe de la chanson : ce portrait de Liverpool a été écrit à Londres. Depuis le printemps 1966, McCartney vit dans sa propre maison, au 7 Cavendish Avenue, dans le quartier de St John’s Wood, à quelques minutes à pied des studios d’Abbey Road. C’est là qu’il compose, souvent au piano, dans une pièce du rez-de-chaussée.
Le piano arc-en-ciel
Le piano en question n’est pas n’importe lequel. McCartney l’a fait peindre par David Vaughan, membre du collectif d’artistes Binder, Edwards and Vaughan, de motifs psychédéliques aux couleurs de l’arc-en-ciel. C’est sur cet instrument que naissent plusieurs chansons de l’époque, dont Penny Lane. David Vaughan est aussi l’organisateur du Carnival of Light, une soirée de musique et de lumière au Roundhouse pour laquelle les Beatles enregistreront, le 5 janvier 1967, une longue improvisation expérimentale entre deux séances de Penny Lane. Notre article sur Carnival of Light, l’inédit de 1967 raconte cette histoire.
Fern Hill et la poésie de l’enfance
McCartney a cité une influence littéraire précise : le poème Fern Hill de Dylan Thomas, une évocation des étés d’enfance dans une ferme du pays de Galles, où le temps semble suspendu et où les saisons se mélangent dans une lumière dorée. Penny Lane reprend cette idée d’un passé recomposé, à la fois exact dans ses détails et rêvé dans son ensemble. Dylan Thomas, dont le visage figure d’ailleurs sur la pochette de Sgt. Pepper, était l’un des poètes préférés de la génération des Beatles.
Lennon et le troisième couplet
Dans sa biographie autorisée, Many Years From Now, écrite avec Barry Miles, McCartney explique que John Lennon l’a aidé pour le troisième couplet. Les deux hommes ont travaillé ensemble sur les images, et c’est à Lennon qu’on doit en particulier l’expression d’argot de Liverpool qui fera tant parler, celle du fish and finger pie. McCartney situe les souvenirs de la chanson à l’époque où il avait entre huit et dix ans, au début des années 1950, et précise que ce sont des souvenirs encore récents : en 1966, il n’a que vingt-quatre ans.
Un regard de peintre
La méthode est celle d’un peintre ou d’un photographe. McCartney ne raconte pas une histoire avec un début et une fin. Il pose un décor, le carrefour, puis fait entrer des personnages les uns après les autres, chacun avec un détail qui le fixe dans la mémoire. Le barbier montre ses photographies, le banquier refuse l’imperméable, le pompier garde son camion propre, l’infirmière vend ses coquelicots. Le narrateur, lui, est assis, il regarde, et il se souvient. C’est une chanson d’observation, presque de reportage, comme Eleanor Rigby l’année précédente, mais baignée d’une lumière entièrement différente.
Les personnages de Penny Lane, image par image
Chacun des personnages de Penny Lane a une origine réelle, ou au moins un modèle reconnaissable. La chanson est un collage de souvenirs vrais, assemblés dans un seul décor.
Le barbier et ses photographies
Le premier personnage est le barbier, qui expose dans sa vitrine les photographies de toutes les têtes qu’il a eu le plaisir de connaître. Il a existé : le salon de Harry Bioletti, un barbier d’origine italienne installé à Penny Lane. Lennon, McCartney et Harrison s’y sont fait couper les cheveux enfants. Les vitrines des barbiers de l’époque affichaient effectivement des portraits de coupes de cheveux, que les clients pouvaient désigner du doigt. Le salon existe toujours, sous un autre nom, et l’on peut encore s’y asseoir pour une coupe. Notre article sur le mystérieux barbier de Penny Lane raconte son histoire.
Le banquier sans imperméable
Le banquier possède une voiture, chose rare dans le Liverpool des années 1950, et les enfants se moquent de lui dans son dos parce qu’il ne porte jamais d’imperméable, même sous une pluie battante. Une banque se dressait bien face au rond-point ; Lennon l’a confirmé en 1980. Le personnage dit beaucoup de la société anglaise de l’époque : le notable du quartier, un peu raide, un peu ridicule aux yeux des gamins, qui a les moyens de rouler en voiture mais refuse de se protéger de la pluie.
Le pompier et son sablier
Le pompier transporte dans sa poche un portrait de la reine et aime garder son camion propre. La caserne évoquée ne se trouvait pas dans Penny Lane même, mais sur Mather Avenue, non loin du carrefour. Le portrait de la reine renvoie au couronnement d’Elizabeth II, en juin 1953, quand McCartney avait onze ans : partout en Angleterre, on distribuait des images de la jeune souveraine. Le sablier, lui, reste mystérieux ; il ajoute à la scène une touche presque surréaliste, celle d’un homme qui mesure le temps.
L’infirmière et ses coquelicots
Derrière l’abri, au milieu du rond-point, une jolie infirmière vend des coquelicots sur un plateau. L’image renvoie à une tradition britannique précise : chaque année en novembre, autour du Remembrance Day qui commémore les morts des deux guerres mondiales, des bénévoles vendent dans la rue des coquelicots de papier au profit de la Royal British Legion. La chanson ajoute qu’elle a l’impression de jouer dans une pièce, et qu’elle y joue de toute façon : un clin d’œil à la scène sociale, à la manière dont chacun tient son rôle dans la vie du quartier.
L’abri du rond-point
L’abri existe. Ce n’est pas une image poétique mais un bâtiment réel, construit pour les voyageurs du terminus de tramways, au centre du rond-point de Smithdown Place. Il servait de salle d’attente aux voyageurs. Il deviendra plus tard un restaurant, le Sgt. Pepper Bistro, aujourd’hui fermé. On le voit dans les images de Liverpool tournées en 1967 pour le film promotionnel.
Le ciel bleu sous la pluie
La chanson mélange les saisons sans s’en soucier. Il pleut à verse sur le banquier, mais le ciel de banlieue est bleu ; on parle d’été, et pourtant l’infirmière vend les coquelicots de novembre. Ce n’est pas une erreur. C’est la logique du souvenir, qui réunit dans une seule image des moments séparés de plusieurs années et des saisons différentes. C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles le texte paraît si vivant : il ne décrit pas un jour, mais une enfance entière.
Penny Lane traduction et signification des paroles
Pour un auditeur francophone, plusieurs expressions de Penny Lane posent problème, et les traductions qui circulent en ligne les rendent souvent de travers. La traduction complète figure plus bas sur cette page ; voici les clés pour comprendre les passages les plus délicats, sans reproduire les paroles.
Que signifie fish and finger pie ?
C’est le passage le plus célèbre et le plus mal traduit de la chanson. Littéralement, on serait tenté de comprendre poisson et tarte aux doigts, ce qui ne veut rien dire. Il s’agit en réalité d’une double allusion. Le fish renvoie au fish and chips, la friture que l’on achetait en sortant de l’école ou du cinéma. Le finger pie est une expression d’argot des adolescents de Liverpool, à connotation sexuelle, qui désigne des caresses échangées en cachette entre garçons et filles, notamment dans l’abri du rond-point. McCartney a expliqué qu’il s’agissait d’une petite plaisanterie destinée aux garçons de Liverpool, qui comprendraient tout de suite. La BBC, qui censurait à l’époque des chansons pour bien moins que cela, n’a rien remarqué et a diffusé le disque sans difficulté.
Pourquoi le banquier ne porte-t-il jamais de mac ?
Le mac, abréviation de mackintosh, désigne en anglais britannique un imperméable, du nom de l’inventeur écossais Charles Macintosh. Le banquier ne porte donc jamais d’imperméable, même sous la pluie. Rien à voir avec un ordinateur, ni avec un proxénète, comme on le lit parfois dans les traductions automatiques.
Que veut dire Penny Lane is in my ears and in my eyes ?
Le refrain dit que Penny Lane est dans les oreilles et dans les yeux du narrateur : autrement dit, il entend et voit encore le carrefour, le souvenir est sensoriel, immédiat. La formule fait écho au premier brouillon de In My Life, où Lennon énumérait des lieux qu’il voyait encore. C’est le cœur de la chanson : un passé si présent qu’il semble se dérouler sous les yeux.
Le sens de meanwhile back
Le narrateur dit qu’il est assis, et que pendant ce temps, là-bas, la vie continue à Penny Lane. Cette expression, empruntée au vocabulaire des feuilletons et des bandes dessinées, où elle sert à revenir à une autre scène, introduit une double temporalité. Le narrateur est ailleurs, à Londres sans doute, et il imagine la vie du carrefour qui se poursuit sans lui. La chanson devient alors une chanson d’exil autant qu’une chanson d’enfance.
Le pompier et la clean machine
Le pompier qui garde sa machine propre peut se lire au premier degré : le camion rutilant, astiqué avec fierté. Certains commentateurs y ont vu un double sens, dans la lignée du finger pie. McCartney n’a jamais confirmé cette lecture, et rien n’oblige à la retenir. Le plus simple est de voir dans ce pompier une figure d’enfance : l’homme en uniforme, le camion rouge, la cloche, tout ce qui fascine un garçon de huit ans.
Une chanson heureuse, mais pas naïve
Sous l’apparente légèreté, la signification de Penny Lane est plus subtile qu’on ne le croit. La chanson se moque gentiment des notables, glisse une allusion sexuelle sous le nez de la BBC, évoque la guerre à travers les coquelicots et la monarchie à travers le portrait de la reine. Elle mêle l’ironie et la tendresse, ce mélange typiquement anglais que l’on retrouvera dans Sgt. Pepper. Et elle dit surtout quelque chose de très simple : on ne quitte jamais tout à fait le lieu où l’on a grandi.
L’enregistrement de Penny Lane à Abbey Road
Penny Lane est l’une des chansons des Beatles qui ont demandé le plus de temps en studio. Pas moins de neuf séances, réparties sur trois semaines, pour un morceau de trois minutes : à l’échelle de 1963, c’est le temps qu’il fallait pour enregistrer un album entier. Mais en 1967, les Beatles ne travaillent plus de la même manière. Ils n’ont plus de concerts à préparer, plus de date limite immédiate, et ils disposent du studio deux d’Abbey Road presque à volonté. McCartney sait exactement ce qu’il veut entendre, et il est prêt à y passer le temps nécessaire. Notre portrait de McCartney perfectionniste montre combien Penny Lane est représentative de sa méthode.
29 décembre 1966 : des pianos avant tout
La première séance a lieu le 29 décembre 1966, dans le studio deux, sous la direction de George Martin, avec Geoff Emerick aux manettes. McCartney commence par poser la base de la chanson au piano. Mais il ne se contente pas d’une seule prise : plusieurs parties de piano sont superposées, certaines traitées avec de la réverbération ou des effets, pour obtenir ce son brillant, légèrement métallique, qui ouvre le morceau. Le 30 décembre, de nouvelles parties de piano et des effets sont ajoutés. La chanson, avant même l’arrivée des cuivres, a déjà une couleur très particulière : claire, nette, presque cristalline.
Janvier 1967 : les voix, la basse, la batterie
Les séances reprennent les 4, 5 et 6 janvier 1967. Les quatre Beatles ajoutent couche après couche les guitares, la batterie, la basse de McCartney, les percussions, les voix principales et les harmonies. Le 5 janvier, entre deux prises de voix, le groupe improvise aussi les près de quatorze minutes de Carnival of Light. Le principe est toujours le même : chaque couche est réduite sur une nouvelle bande pour faire de la place à la suivante, une technique que George Martin et Geoff Emerick maîtrisent désormais à la perfection.
Les vents de la banlieue
À partir du 9 janvier, la chanson change de dimension. McCartney veut un accompagnement de vents, comme une fanfare de quartier un dimanche après-midi. Il chante les parties à George Martin, qui les transcrit sur partition pour les musiciens de séance. Défilent alors en studio des flûtes et des piccolos, des trompettes et un bugle, des hautbois et des cors anglais, une contrebasse. Au total, une dizaine de musiciens classiques prêtent leur talent à la chanson au fil des séances du 9, du 10 et du 12 janvier. Au fil de ces séances, on ajoute aussi la cloche qui accompagne l’apparition du pompier, un détail sonore qui transforme une image du texte en bruit réel.
La cloche du pompier et les détails sonores
Penny Lane fourmille de ces petites illustrations sonores. La cloche du camion de pompiers, les harmonies vocales qui apparaissent et disparaissent, les claquements de mains, les notes de flûte qui ponctuent les fins de phrases : chaque détail sert le récit. George Martin comparait volontiers ce travail à celui d’un décorateur de théâtre. Le disque est construit comme une scène, avec ses personnages et ses accessoires, et chaque instrument joue un rôle.
David Mason et la trompette piccolo de Penny Lane
Il manquait encore quelque chose. McCartney trouvait que le passage instrumental du milieu manquait d’éclat. La solution lui est venue en regardant la télévision.
Le Concerto brandebourgeois n° 2
Début janvier 1967, McCartney regarde à la télévision une retransmission de la BBC consacrée au Concerto brandebourgeois n° 2 de Jean-Sébastien Bach. Il est frappé par le son d’un instrument rare, aigu, brillant, capable de monter très haut avec une grande précision : la trompette piccolo, une petite trompette accordée une octave au-dessus de la trompette ordinaire. Le musicien qui la joue s’appelle David Mason, trompettiste au New Philharmonia Orchestra. McCartney demande à George Martin de le faire venir.
17 janvier 1967 : une prise quasi parfaite
David Mason arrive à Abbey Road le 17 janvier 1967. McCartney fredonne les phrases qu’il imagine, George Martin les note. Le passage est redoutable : il monte très haut, au sommet de la tessiture de l’instrument, et demande une précision absolue. Mason l’exécute avec une aisance stupéfiante. Selon Geoff Emerick, la prise était si réussie que George Martin a dissuadé McCartney d’en demander une autre, de peur de ne jamais retrouver cette perfection. Le solo de Penny Lane deviendra l’un des passages instrumentaux les plus célèbres de la pop, et il a fait connaître la trompette piccolo à des millions d’auditeurs qui n’avaient jamais écouté Bach.
Correctif factuel : David Mason n’a pas touché de droits
On lit parfois que David Mason serait devenu riche grâce à Penny Lane. Ce n’est pas le cas. Comme tous les musiciens de séance de l’époque, il a été payé au cachet : 27 livres et 10 shillings pour sa séance, sans le moindre droit sur les ventes du disque. Il retravaillera avec les Beatles, notamment sur All You Need Is Love, et poursuivra une longue carrière de trompettiste classique.
La fin américaine perdue
Les premières copies promotionnelles envoyées aux radios américaines contenaient une version légèrement différente : une ultime phrase de trompette piccolo concluait la chanson après le dernier refrain. Ce passage a été retiré du mixage définitif, mais quelques exemplaires étaient déjà partis. Ces disques promotionnels sont devenus des objets de collection très recherchés. La version avec la fin à la trompette a été reconstituée sur la compilation Anthology 2 en 1996.
Mixages mono, stéréo et 2017
Comme toujours à l’époque, le mixage mono était le mixage principal, réalisé avec les quatre Beatles et George Martin. Le mixage stéréo, préparé plus tard pour l’album américain Magical Mystery Tour, en diffère par quelques détails. En 2017, à l’occasion du cinquantième anniversaire de Sgt. Pepper, Giles Martin, le fils de George Martin, a réalisé un nouveau mixage stéréo de Penny Lane et de Strawberry Fields Forever, intégré à l’édition de luxe de l’album, avec plusieurs prises de travail qui permettent d’entendre la chanson se construire couche après couche.
La musique de Penny Lane : tonalités, basse et orchestration
Sous son apparente simplicité, Penny Lane est une chanson d’une grande sophistication musicale. Les musicologues, de Walter Everett à Ian MacDonald, l’ont souvent citée comme l’un des sommets de McCartney compositeur.
Une chanson qui change de tonalité
Les couplets sont en si majeur, une tonalité inhabituelle pour une chanson pop, choisie par McCartney au piano. Au moment du refrain, la chanson glisse vers la majeur, comme si le regard se déplaçait, puis revient en si pour le couplet suivant. Le dernier refrain, lui, est remonté d’un ton, en si, ce qui donne à la conclusion un surcroît d’élan et de lumière. Cette construction donne à l’auditeur une sensation de mouvement permanent, de promenade : on tourne au coin d’une rue, et le paysage change.
La basse de McCartney, entre Motown et Liverpool
La basse de McCartney joue un rôle essentiel. Mélodique, mobile, elle doit beaucoup à James Jamerson et aux disques de Motown que McCartney écoutait passionnément. Elle ne se contente pas de marquer les fondamentales : elle chante, elle relance, elle donne à la chanson cette sensation de marche joyeuse qui ne s’arrête jamais. Pour les bassistes, c’est l’une des lignes les plus instructives de la période ; elle figure dans les recueils de tablatures consacrés aux Beatles de 1967 à 1970.
Une orchestration en trompe-l’œil
L’orchestration de Penny Lane imite une fanfare de quartier, mais elle est en réalité très savante. Les flûtes et les piccolos donnent la couleur pastorale, les cors anglais et les hautbois un parfum légèrement mélancolique, les trompettes et le bugle l’éclat du dimanche. Chaque groupe d’instruments intervient à un moment précis, puis se retire. C’est cette économie qui donne au disque sa clarté. On est loin de la saturation psychédélique de Strawberry Fields Forever ; tout est lisible, comme une photographie en plein soleil.
La voix de McCartney
Pas d’introduction : la voix de McCartney entre immédiatement, comme un guide qui commence sa visite sans préambule. Le chant est léger, détendu, presque parlé dans les couplets, puis plus lyrique dans les refrains, soutenu par des harmonies de Lennon et Harrison. McCartney ne force jamais : il raconte. C’est ce ton de conversation, ce sourire dans la voix, qui fait de Penny Lane l’une des chansons les plus attachantes du répertoire des Beatles.
Février 1967 : le single Penny Lane / Strawberry Fields Forever
Penny Lane n’était pas destinée à sortir seule, ni si tôt. C’est la pression commerciale qui en a décidé autrement.
Une décision imposée par EMI et Brian Epstein
Début 1967, les Beatles n’ont rien publié depuis Revolver, en août 1966, et le single Eleanor Rigby / Yellow Submarine. Pour l’industrie de l’époque, c’est une éternité. EMI et Brian Epstein s’inquiètent : la presse commence à se demander si les Beatles ne sont pas finis. Ils réclament un single. George Martin propose les deux meilleures chansons enregistrées jusque-là, Strawberry Fields Forever et Penny Lane, réunies sur un même disque. Selon l’usage britannique de l’époque, les titres déjà parus en 45 tours ne figuraient pas sur les albums. Les deux chansons sont donc écartées de Sgt. Pepper.
La plus grande erreur de George Martin
George Martin regrettera toute sa vie cette décision. Il a qualifié d’erreur la plus grave de sa carrière le fait d’avoir sorti ces deux chansons en single plutôt que de les garder pour l’album. Avec Penny Lane et Strawberry Fields Forever, Sgt. Pepper aurait sans doute été encore plus fort, et plus fidèle à l’idée d’origine d’un album sur Liverpool. Notre portrait de George Martin avec et sans les Beatles revient sur ce regret.
Un double face A
Le disque sort le 13 février 1967 aux États-Unis chez Capitol, et le 17 février 1967 au Royaume-Uni chez Parlophone. Il est présenté comme un double face A : aucune des deux chansons n’est considérée comme la face B de l’autre. Les pochettes montrent les Beatles dans leur nouvelle apparence, moustaches et vêtements colorés, très loin des costumes sans col de 1963. Pour le public, le choc est double : les Beatles ont changé de visage et de musique.
Bloqués par Release Me
Au Royaume-Uni, le single ne dépasse pas la deuxième place. Il est bloqué par Release Me, la ballade d’Engelbert Humperdinck, qui reste numéro un pendant six semaines et deviendra l’un des 45 tours les plus vendus de l’année. C’est la première fois depuis Please Please Me, en 1963, qu’un single des Beatles ne se classe pas en tête des charts britanniques. La presse parle d’échec. Le mot est excessif : le disque s’est vendu en très grandes quantités, et il ne s’est incliné que devant l’un des plus gros succès de l’année.
Numéro un en Amérique
Aux États-Unis, en revanche, Penny Lane atteint la première place du Billboard Hot 100 le 18 mars 1967. Elle y reste une semaine, avant d’être délogée par Happy Together des Turtles. Strawberry Fields Forever, classée séparément, monte jusqu’à la huitième place. Le single est numéro un en Australie, en Allemagne de l’Ouest, aux Pays-Bas et en Nouvelle-Zélande, et il est certifié disque d’or par la RIAA.
Correctif factuel : un échec très relatif
On présente souvent le single Penny Lane / Strawberry Fields Forever comme l’échec des Beatles en 1967. C’est faux. Le disque est numéro un aux États-Unis, en Australie, en Allemagne de l’Ouest, aux Pays-Bas et en Nouvelle-Zélande, disque d’or aux États-Unis, et numéro deux au Royaume-Uni. La seule chose qu’il n’a pas faite, c’est détrôner Release Me en Angleterre. Il est aujourd’hui régulièrement désigné comme le plus grand single de l’histoire du rock.
Sur quel album trouver Penny Lane ?
Au Royaume-Uni, Penny Lane n’est parue sur aucun album studio des Beatles en 1967. Aux États-Unis, Capitol l’intègre à l’album Magical Mystery Tour, publié le 27 novembre 1967, qui réunit les six chansons du film et les singles de l’année. C’est cette version américaine qui est devenue l’édition de référence dans le monde entier, y compris au Royaume-Uni, où elle a été publiée en 1976. Penny Lane figure aussi sur les compilations 1967-1970, dite l’album bleu, et 1, qui réunit les numéros un du groupe. Notre article sur la réunion du 1er septembre 1967 à Cavendish Avenue raconte la naissance du projet Magical Mystery Tour.
Le clip de Penny Lane : un film promotionnel sans Liverpool
Les Beatles ne font plus de tournées et ne veulent plus courir les plateaux de télévision. Pour présenter leurs nouvelles chansons au public, ils choisissent donc de tourner des films promotionnels, les ancêtres des clips. Ceux de Strawberry Fields Forever et de Penny Lane, tournés en quelques jours début 1967, sont parmi les plus inventifs de l’époque.
Peter Goldmann et Tony Bramwell
Le film est produit par Tony Bramwell, ami d’enfance des Beatles et homme de confiance de l’organisation de Brian Epstein, et réalisé par Peter Goldmann, un réalisateur de télévision suédois recommandé par Klaus Voormann. Goldmann a déjà tourné le film de Strawberry Fields Forever, fin janvier, dans le parc de Knole, près de Sevenoaks, dans le Kent. Il reste aux Beatles à mettre en images la chanson de McCartney.
Stratford et Knole Park, les 5 et 7 février 1967
Le tournage a lieu le 5 février 1967 à Stratford, dans l’est de Londres, où l’on filme les Beatles marchant dans la rue, puis le 7 février à Knole Park. Les quatre musiciens y apparaissent à cheval, vêtus de vestes rouges de chasse à courre, avant de s’asseoir autour d’une table dressée en pleine nature, servis par des valets en livrée, et de renverser la table à la fin. L’ensemble est volontairement absurde, dans l’esprit de l’humour anglais que l’on retrouvera dans Magical Mystery Tour. C’est aussi pendant ce séjour à Sevenoaks que Lennon achète dans une boutique d’antiquités l’affiche de cirque qui lui inspirera Being for the Benefit of Mr. Kite!.
Les vraies rues, sans les Beatles
Paradoxe du film : les Beatles ne sont jamais allés à Liverpool pour le tourner. Les images de la vraie Penny Lane, du rond-point, de l’abri, des bus et des passants ont été filmées par une petite équipe sans eux, puis montées avec les scènes de Stratford et de Knole Park. Pour beaucoup de spectateurs, en Europe comme en Amérique, c’était la première fois qu’ils voyaient ce coin de banlieue anglaise. Le film a été diffusé à la télévision britannique et américaine, notamment dans l’émission Top of the Pops et dans le Hollywood Palace aux États-Unis.
Penny Lane après la chanson : comment une rue est devenue un mythe
Peu de chansons ont transformé un lieu aussi profondément. Avant 1967, Penny Lane était une adresse parmi d’autres. Depuis, c’est une destination touristique mondiale, une marque, un symbole de Liverpool au même titre que les docks ou le Cavern Club.
Les plaques de rue volées
Dès la sortie du disque, les plaques de rue portant le nom de Penny Lane commencent à disparaître. Les fans les arrachent comme souvenirs. La municipalité les remplace, encore et encore, puis finit par les fixer plus haut sur les murs, hors de portée, et même par peindre le nom directement sur les façades. L’histoire a connu un épilogue inattendu le 29 novembre 2023 : une plaque volée en 1976 a été restituée et exposée au Beatles Story, le musée consacré au groupe sur l’Albert Dock.
Un lieu de pèlerinage
Aujourd’hui, Penny Lane figure sur tous les circuits Beatles de Liverpool, à commencer par le fameux Magical Mystery Tour en bus qui part du centre-ville. Les visiteurs s’arrêtent au rond-point, photographient la plaque, entrent chez le barbier, contemplent l’abri. Les commerces voisins ont adopté l’imagerie Beatles. Notre guide pour un voyage à Liverpool sur les traces des Beatles intègre Penny Lane dans un itinéraire complet.
L’abri devenu bistro
L’abri du rond-point a lui aussi profité de la célébrité. Après la disparition de sa fonction de salle d’attente, il a été transformé en restaurant, le Sgt. Pepper Bistro, qui jouait sur l’image des Beatles. L’établissement a fermé, et le bâtiment, désormais vide, attend un nouveau projet ; plusieurs initiatives locales ont proposé de le restaurer.
Paul McCartney revient en voisin
En juin 2018, McCartney revient à Liverpool pour une émission de télévision américaine, le Carpool Karaoke de James Corden. La séquence, diffusée le 21 juin 2018, le montre au volant dans les rues de son enfance, passant par Penny Lane, chez le barbier, s’arrêtant devant la maison de Forthlin Road, avant de jouer par surprise dans un pub du centre-ville, le Philharmonic. Selon ITV, ce fut la vidéo YouTube la plus regardée de l’année au Royaume-Uni. Pour une nouvelle génération, c’était la première fois qu’elle voyait la vraie rue de la chanson, avec son auteur qui la montrait du doigt.
La statue de John Lennon mise aux enchères
Pendant environ quatre ans, une statue de John Lennon signée par l’artiste Laura Lian s’est dressée près de Penny Lane, devenant à son tour une halte pour les visiteurs. Elle a été mise en vente par la maison Omega Auctions le 29 septembre 2026. Notre article sur la statue de John Lennon à Penny Lane raconte cette histoire.
L’affaire James Penny : Penny Lane accusée à tort
En juin 2020, Penny Lane s’est retrouvée au cœur d’une polémique inattendue. Le nom de la rue de la chanson la plus joyeuse des Beatles a été associé à l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire de Liverpool : la traite négrière.
Qui était James Penny ?
James Penny est un négociant et armateur négrier du XVIIIe siècle. Né en 1741 près d’Ulverston, dans le nord-ouest de l’Angleterre, il s’installe à Liverpool vers le milieu des années 1760 et arme des navires pour le commerce triangulaire. En 1788, il témoigne devant le Conseil privé pour défendre la traite, alors attaquée par les abolitionnistes. La ville de Liverpool, dont la prospérité reposait en grande partie sur ce commerce, lui offre en 1792 un service d’argenterie pour le remercier. Il meurt en 1799.
2006 : la rumeur prend forme
En juillet 2006, un conseiller municipal propose de rebaptiser les rues de Liverpool portant le nom de marchands d’esclaves. Penny Lane est citée parmi les rues concernées, au motif qu’elle devrait son nom à James Penny. La proposition suscite un tollé : rebaptiser Penny Lane semble impensable. Mais l’idée que la rue honore un négrier s’installe dans les esprits, et le Musée international de l’esclavage de Liverpool, ouvert en 2007, la reprend dans une partie de son exposition.
Juin 2020 : les plaques barbouillées
En juin 2020, dans le sillage du mouvement Black Lives Matter et du déboulonnage de la statue du marchand d’esclaves Edward Colston à Bristol, des plaques de Penny Lane sont barbouillées du mot raciste. Le maire de Liverpool, Joe Anderson, réagit en indiquant que la rue ne serait pas rebaptisée sans preuve que son nom renvoie bien à James Penny. Il demande une vérification historique.
L’enquête du Musée international de l’esclavage
Le Musée international de l’esclavage mène alors l’enquête, avec la participation de l’historien Richard MacDonald. Sa conclusion, rendue publique en 2020, est sans ambiguïté : aucune preuve ne relie Penny Lane à James Penny. Le musée retire la rue de son exposition. L’argument décisif est chronologique : le chemin figure sur les cartes avant que James Penny n’arrive à Liverpool, et rien dans les archives ne montre qu’il ait possédé des terres à cet endroit.
Correctif factuel : Penny Lane ne doit pas son nom à un négrier
L’affirmation selon laquelle Penny Lane rendrait hommage au marchand d’esclaves James Penny circule encore largement. Elle est fausse en l’état des connaissances : le Musée international de l’esclavage de Liverpool, qui l’avait lui-même relayée, a conclu en 2020 qu’aucune preuve ne l’étayait, et a retiré Penny Lane de son exposition. Le chemin existait avant l’arrivée de James Penny à Liverpool.
D’où vient le nom de Penny Lane ?
L’origine exacte du nom reste inconnue. Plusieurs hypothèses circulent. Le nom pourrait dériver d’un propriétaire ou d’une famille locale, peut-être un nom comme Penketh, courant dans la région. Il pourrait aussi venir d’un usage agricole du mot penny, qui désignait dans certains parlers anglais une petite parcelle ou une redevance. D’autres évoquent un péage d’un penny qu’il aurait fallu acquitter pour emprunter le chemin. Aucune de ces explications n’est prouvée. Les formes anciennes, Pennis Lane en 1841 et Penny’s Lane dans la presse des années 1840, montrent surtout que le nom a beaucoup varié avant de se fixer.
Ce que l’affaire révèle
L’affaire James Penny dit beaucoup de la place de la chanson dans l’imaginaire collectif. Si l’on s’est tant ému de cette rumeur, c’est que Penny Lane n’est plus seulement un nom de rue : c’est un symbole d’innocence, d’enfance heureuse, de Liverpool aimable. Associer ce nom à la traite négrière, c’était toucher à une image sacrée. Et c’est aussi parce que la ville de Liverpool a entrepris, depuis les années 2000, un travail sérieux sur son passé esclavagiste que la question a pu être posée, puis tranchée par les historiens.
Penny Lane et Strawberry Fields Forever : deux adresses, deux enfances
Impossible de parler de Penny Lane sans évoquer sa jumelle. Les deux chansons sont nées du même projet, enregistrées à quelques semaines d’intervalle, publiées sur le même disque. Elles se répondent sur tous les plans.
Strawberry Field, l’autre lieu
Strawberry Field est un foyer pour enfants de l’Armée du Salut, situé sur Beaconsfield Road, à Woolton, tout près de la maison de tante Mimi où Lennon a grandi. Enfant, il escaladait le mur pour aller jouer dans le parc, et il y assistait chaque été à la fête organisée par l’Armée du Salut. Le foyer a fermé en 2005 ; le site, réaménagé, a rouvert au public en 2019 avec une exposition et un jardin. Notre article sur Joy Hall et Strawberry Field raconte un secret de la face de Lennon, et la page consacrée à Strawberry Fields Forever en retrace toute l’histoire.
Le carrefour et le jardin clos
La différence entre les deux lieux résume la différence entre les deux chansons. Penny Lane est un espace public, ouvert, traversé par tout le monde : un carrefour. Strawberry Field est un espace clos, caché derrière un mur, où l’on entre en cachette : un refuge. McCartney chante la communauté, Lennon chante la solitude. McCartney regarde les autres, Lennon se regarde lui-même. L’un décrit avec une netteté de photographe, l’autre brouille tout dans un rêve éveillé. Le single de février 1967 réunit ces deux adresses et ces deux tempéraments sur un même disque de sept pouces, et c’est sans doute pour cela qu’il est si souvent désigné comme le plus grand single de l’histoire.
Penny Lane et Eleanor Rigby : McCartney, peintre de personnages
Penny Lane prolonge une veine que McCartney avait ouverte quelques mois plus tôt avec Eleanor Rigby, sur Revolver. Les deux chansons partagent la même méthode : des portraits de gens ordinaires, saisis par un détail, dans un décor anglais précis.
La même méthode, deux lumières
Eleanor Rigby est une chanson grise, sur la solitude et la mort : une vieille fille qui ramasse le riz après les mariages, un prêtre qui écrit des sermons que personne n’entendra. Penny Lane est une chanson ensoleillée, sur la vie de quartier et le plaisir d’observer. Mais le regard est le même : celui d’un jeune homme qui sait voir les gens et en faire des personnages. Notre article sur la vraie Eleanor Rigby montre que, là aussi, la réalité de Liverpool n’était pas loin.
Un héritage chez les autres
Cette manière de peindre l’Angleterre ordinaire a fait école. Quelques mois après Penny Lane, les Kinks publient Waterloo Sunset, autre tableau d’une ville vue par un observateur, et Ray Davies devient le grand chroniqueur de la vie anglaise. Notre article sur Paul McCartney et les Kinks revient sur cette parenté. Plus tard, Madness, puis Blur dans les années 1990, avec ses chansons de banlieue et de vacances anglaises, se réclameront de cette tradition.
De Penny Lane à Sgt. Pepper : l’Angleterre ordinaire comme matière première
Bien qu’écartée de l’album, Penny Lane en contient déjà l’esprit. On pourrait dire que Sgt. Pepper est né au rond-point de Smithdown Place.
Les faits divers et les affiches
Après Penny Lane, les Beatles vont puiser leur inspiration dans le quotidien le plus banal : un article de journal pour A Day in the Life et She’s Leaving Home, une affiche de cirque pour Mr. Kite, une publicité pour des céréales pour Good Morning Good Morning, une contractuelle pour Lovely Rita. Nos articles sur She’s Leaving Home, Good Morning Good Morning et la page de Lovely Rita le montrent : la méthode de Penny Lane, partir d’un détail réel pour construire une scène, devient la méthode de tout l’album.
Un regard ironique et tendre
Le ton aussi est le même. Sgt. Pepper regarde l’Angleterre avec un mélange d’ironie et d’affection, celui du banquier sans imperméable et de l’infirmière qui joue son rôle. Les fanfares, les cuivres, l’esprit de music-hall, que McCartney introduit dans Penny Lane avec les vents de la banlieue, deviendront la signature sonore de l’album. Notre article sur Getting Better montre ce mélange d’optimisme et d’ombre.
La pochette comme rond-point
La célèbre pochette de Sgt. Pepper, avec sa foule de personnages, peut d’ailleurs se lire comme un immense rond-point où tout le monde se croise, des écrivains aux acteurs, des gourous aux boxeurs. Notre article sur la star qui voulait être payée pour figurer sur la pochette en raconte une anecdote.
Le Liverpool que McCartney a quitté
Une ville qui change
Quand McCartney écrit Penny Lane, fin 1966, il vit à Londres depuis plus de trois ans. Les Beatles ont quitté Liverpool en 1963, suivant Brian Epstein et leur maison de disques dans la capitale. Liverpool, elle, a commencé un long déclin : le port, qui avait fait sa richesse, perd peu à peu son activité, les emplois disparaissent, et la ville qui avait vu naître le Merseybeat voit partir ses groupes les uns après les autres.
Une nostalgie d’exilé
Penny Lane est donc aussi une chanson d’exilé. McCartney décrit un Liverpool qui n’existe déjà plus tout à fait, celui des tramways, des petits commerçants, du couronnement de la reine et des fêtes de quartier. Il le décrit avec la tendresse de quelqu’un qui est parti. Cette distance explique la lumière particulière du texte, à la fois précise et rêvée.
Un cadeau à la ville
Pour Liverpool, Penny Lane a été un cadeau inestimable. Quand la ville a cherché à se réinventer par le tourisme et la culture, jusqu’à devenir capitale européenne de la culture en 2008, les lieux des chansons des Beatles sont devenus des atouts majeurs. Une rue ordinaire du sud de la ville est aujourd’hui l’une des destinations les plus visitées de Liverpool.
Postérité de Penny Lane : classements, concerts et reprises
Une chanson préférée des classements
Penny Lane figure régulièrement parmi les meilleures chansons de l’histoire. Dans la liste des 500 plus grandes chansons de tous les temps du magazine Rolling Stone, elle se classe 456e dans l’édition de 2011, puis remonte à la 280e place dans celle de 2021. Le magazine Mojo l’a placée en 9e position de son classement des meilleures chansons des Beatles en 2006. Le critique Chris Ingham a résumé l’opinion générale en voyant dans le single qui l’associe à Strawberry Fields Forever un sommet absolu de la pop. Et ce double face A est très souvent désigné, par les critiques comme par les musiciens, comme le plus grand single de l’histoire du rock.
McCartney en concert
Les Beatles n’ont jamais joué Penny Lane sur scène, puisqu’ils avaient cessé les concerts quand ils l’ont enregistrée. Paul McCartney l’a intégrée à ses tournées à partir des années 1990 : on la trouve notamment sur l’album live Paul Is Live, tiré de sa tournée mondiale de 1993. Il l’a ensuite jouée à de nombreuses reprises, et elle prend une résonance particulière lorsqu’il la chante à Liverpool. Elle figure aussi dans le répertoire de la page Penny Lane de Paul McCartney.
Les reprises
Penny Lane a été reprise par de nombreux artistes, des orchestres de variété des années 1960 aux formations de jazz, en passant par d’innombrables fanfares et chorales, ce qui n’a rien d’étonnant pour une chanson construite autour des cuivres. Sa trompette piccolo est devenue un passage obligé pour les trompettistes, qui la jouent en concert comme un morceau de bravoure. La chanson a aussi été utilisée dans des films, des séries et des publicités, et elle reste l’une des chansons des Beatles les plus diffusées à la radio.
Pourquoi Penny Lane rend heureux
Reste une question : pourquoi cette chanson procure-t-elle un tel sentiment de bonheur ? Il y a la mélodie, qui monte sans cesse, et les changements de tonalité qui donnent l’impression d’une promenade. Il y a les détails reconnaissables, le barbier, le pompier, l’infirmière, qui rendent la scène presque palpable. Et il y a cette nostalgie sans tristesse, rare en musique : McCartney se souvient de son enfance sans la regretter, avec gratitude. Une chanson écrite par un jeune homme sur les rues de son adolescence a fini par appartenir à des millions de gens qui n’y ont jamais mis les pieds. Chacun y reconnaît son propre carrefour.
Trois idées reçues sur Penny Lane
Correctif factuel : McCartney n’a jamais habité Penny Lane
On lit parfois que Paul McCartney vivait à Penny Lane. Ce n’est pas le cas. Il a habité successivement plusieurs maisons du sud de Liverpool, dont le 20 Forthlin Road, à Allerton, à partir de 1955. Penny Lane était le carrefour où il changeait de bus, pas son adresse. John Lennon, en revanche, a vécu enfant tout près, à Newcastle Road.
Correctif factuel : la caserne de pompiers n’est pas dans Penny Lane
La caserne évoquée dans la chanson ne se trouvait pas dans la rue elle-même, mais sur Mather Avenue, non loin du carrefour. La chanson rassemble en un seul décor des lieux voisins mais distincts, comme le fait la mémoire. De même, le nom Penny Lane désigne dans l’usage local tout le carrefour de Smithdown Place, et pas seulement la rue.
Correctif factuel : l’abri n’est pas une invention poétique
L’abri au milieu du rond-point pourrait passer pour une image surréaliste. C’est au contraire l’un des éléments les plus concrets de la chanson : un bâtiment réel, construit pour les voyageurs du terminus, qui se dresse toujours au centre du carrefour.
Visiter Penny Lane à Liverpool : balade en huit arrêts
Pour ceux qui se rendront à Liverpool, voici un petit parcours à pied autour du carrefour, dans l’esprit de la chanson. Comptez une heure, davantage si vous prolongez vers les maisons d’enfance. Penny Lane se trouve à environ cinq kilomètres du centre-ville ; on y accède en bus depuis le centre, et tous les circuits Beatles s’y arrêtent.
| 1. Le rond-point de Smithdown Place | Point de départ obligé, là où convergent Penny Lane, Smithdown Road et Allerton Road. C’est ici que s’arrêtaient les tramways, puis les bus de l’enfance des Beatles. |
| 2. L’abri | Au milieu du rond-point, le bâtiment bas qui servait de salle d’attente, devenu un temps le Sgt. Pepper Bistro. |
| 3. Le barbier | Sur Penny Lane même, le salon qui a succédé à Bioletti. On peut encore s’y faire couper les cheveux. |
| 4. La banque | Face au rond-point, l’ancienne agence bancaire du souvenir de Lennon, près de l’emplacement des anciens dépôts de tramways. |
| 5. St Barnabas | À l’angle d’Elm Hall Drive, l’église où McCartney a chanté enfant dans le chœur. |
| 6. Les plaques | Cherchez les différentes plaques, anciennes et récentes, et observez à quelle hauteur on a fini par les fixer. |
| 7. Dovedale Road | À quelques minutes, l’école primaire fréquentée par Lennon et Harrison. |
| 8. Forthlin Road et Menlove Avenue | Pour les plus courageux, le trajet qui reliait les maisons de McCartney et de Lennon, et qui passait par Penny Lane. Les deux maisons, gérées par le National Trust, se visitent sur réservation. |
Pour préparer le voyage, le guide Londres et Liverpool avec les Beatles, d’Abbey Road à Penny Lane détaille tous les lieux, et notre page voyage à Liverpool sur les traces des Beatles propose un itinéraire complet.
Guide d’écoute : huit détails à guetter dans Penny Lane
1. L’attaque
Pas d’introduction : la voix de McCartney entre immédiatement, comme un guide qui commence sa visite sans préambule.
2. Les pianos
Écoutez leur brillance légèrement métallique, obtenue en superposant plusieurs prises.
3. La basse
Suivez la ligne de McCartney d’un bout à l’autre : elle ne cesse de chanter sous la voix, à la manière des bassistes de Motown.
4. Le passage au refrain
Repérez le glissement de si majeur vers la majeur à l’entrée du refrain : le paysage change.
5. La cloche du pompier
Quand le pompier entre en scène, une cloche retentit, comme celle d’un camion de pompiers.
6. Le solo de trompette piccolo
Au milieu de la chanson, le solo de David Mason, aigu et lumineux, comme une fanfare de Bach égarée dans une banlieue anglaise.
7. Les vents
Flûtes, hautbois, cors anglais et bugle entrent et sortent comme des passants qui traversent la scène.
8. Le dernier refrain
Remonté d’un ton, il donne à la conclusion son élan final, avant l’accord tenu qui referme le tableau.
Où écouter Penny Lane ?
Penny Lane figure sur l’album Magical Mystery Tour, dans sa version remastérisée, qui réunit les chansons du film et les singles de 1967. On la retrouve aussi sur la compilation 1967-1970, l’album bleu, et sur 1, qui rassemble les numéros un du groupe. La version avec la fin à la trompette piccolo des copies promotionnelles américaines figure sur Anthology 2. Les bassistes trouveront la ligne de McCartney dans le recueil de tablatures The Beatles Bass 1967-1970.
Pour approfondir, trois livres sont indispensables : The Complete Beatles Recording Sessions de Mark Lewisohn, qui détaille chaque séance ; Revolution in the Head d’Ian MacDonald, pour l’analyse musicale ; et Many Years From Now, la biographie autorisée de Paul McCartney par Barry Miles, où il raconte l’écriture de la chanson. On lira aussi The Lyrics, où McCartney commente ses textes, et The Beatles Anthology, le livre des Beatles par eux-mêmes.
FAQ : les questions les plus posées sur Penny Lane
Penny Lane existe-t-elle vraiment ?
Oui. Penny Lane est une rue du quartier de Mossley Hill, dans le sud de Liverpool, et le nom désigne aussi le carrefour de Smithdown Place qui la prolonge, avec son rond-point, son abri, son barbier et sa banque.
Qui a écrit Penny Lane ?
Paul McCartney, avec l’aide de John Lennon pour le troisième couplet. Elle est créditée Lennon-McCartney.
Quand Penny Lane est-elle sortie ?
Le 13 février 1967 aux États-Unis et le 17 février 1967 au Royaume-Uni, en double face A avec Strawberry Fields Forever.
Sur quel album se trouve Penny Lane ?
Sur Magical Mystery Tour, dans sa version américaine publiée le 27 novembre 1967, devenue l’édition de référence. Elle n’est pas sur Sgt. Pepper.
Pourquoi Penny Lane n’est-elle pas sur Sgt. Pepper ?
Parce qu’EMI et Brian Epstein ont exigé un single début 1967, et que l’usage britannique voulait qu’un titre paru en 45 tours ne figure pas sur l’album. George Martin l’a regretté toute sa vie.
Penny Lane a-t-elle été numéro un ?
Oui aux États-Unis, le 18 mars 1967, ainsi qu’en Australie, en Allemagne de l’Ouest, aux Pays-Bas et en Nouvelle-Zélande. Au Royaume-Uni, elle a été bloquée à la deuxième place par Release Me d’Engelbert Humperdinck.
Qui joue la trompette dans Penny Lane ?
David Mason, trompettiste classique, à la trompette piccolo, le 17 janvier 1967. McCartney l’avait découvert à la télévision dans le Concerto brandebourgeois n° 2 de Bach.
Que signifie fish and finger pie ?
C’est une expression d’argot des adolescents de Liverpool, à connotation sexuelle, associée au fish and chips. McCartney l’a décrite comme une plaisanterie pour les garçons de Liverpool ; la BBC ne l’a pas remarquée.
Que veut dire mac dans Penny Lane ?
C’est l’abréviation de mackintosh, un imperméable en anglais britannique. Le banquier ne porte jamais d’imperméable, même sous la pluie.
Penny Lane doit-elle son nom à un marchand d’esclaves ?
Non, en l’état des connaissances. En 2020, le Musée international de l’esclavage de Liverpool a conclu qu’aucune preuve ne reliait la rue à James Penny ; le chemin existait avant son arrivée à Liverpool.
Paul McCartney habitait-il Penny Lane ?
Non. Il habitait Forthlin Road, à Allerton, et changeait de bus à Penny Lane. John Lennon, lui, a vécu enfant tout près, à Newcastle Road.
Où a été tourné le clip de Penny Lane ?
À Stratford, dans l’est de Londres, le 5 février 1967, et à Knole Park, près de Sevenoaks, le 7 février. Les images de Liverpool ont été tournées sans les Beatles.
Pour aller plus loin
Sur la chanson et le single : Penny Lane, la vraie histoire de la rue de Liverpool, Penny Lane et Strawberry Fields Forever, le single de 1967, le duel Strawberry Fields Forever contre Penny Lane, le mystérieux barbier de Penny Lane.
Sur les autres chansons de la période : Strawberry Fields Forever, Magical Mystery Tour, Got to Get You Into My Life, la chanson la mieux construite des Beatles selon George Martin.
Sur les autres grandes chansons des Beatles : Hey Jude, Let It Be, Here Comes the Sun.
Sur Liverpool : voyage à Liverpool sur les traces des Beatles, l’arbre de Forthlin Road, la statue de John Lennon à Penny Lane.
Sources et références
Mark Lewisohn, The Complete Beatles Recording Sessions, Hamlyn, 1988 ; Mark Lewisohn, The Complete Beatles Chronicle, Pyramid, 1992 ; Barry Miles, Paul McCartney: Many Years From Now, 1997 ; Paul McCartney, The Lyrics, 2021 ; The Beatles, The Beatles Anthology, livre et documentaire, 1995-2000 ; Ian MacDonald, Revolution in the Head, 1994 ; Walter Everett, The Beatles as Musicians: Revolver through the Anthology, Oxford University Press, 1999 ; Geoff Emerick, Here, There and Everywhere, 2006 ; David Sheff, entretien avec John Lennon pour Playboy, 1980 ; livret de l’édition du 50e anniversaire de Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, 2017 ; Musée international de l’esclavage de Liverpool, communication de 2020 sur l’origine du nom de Penny Lane ; Liverpool Echo et BBC News, articles sur les plaques de Penny Lane et l’affaire James Penny ; Official Charts Company, Billboard, RIAA ; Rolling Stone, The 500 Greatest Songs of All Time, 2011 et 2021 ; Mojo, 2006 ; Wikipedia en anglais, articles Penny Lane et Penny Lane (street), consultés en octobre 2026.
Information sur la chanson :
- Crédits : Lennon / McCartney
- Durée : 3:00
- Producteur : George Martin
- Ingénieur : Geoff Emerick, Phil McDonald
Les paroles de la chanson
In Penny Lane there is a barber showing Photographs
Of every head he’s had the pleasure to know
And all the people that come and go
Stop and say hello
On the corner is a banker with a motor car
The Little Children laugh at him behind his back
And the banker never wears a « mac »
In the pouring Rain, very strange
Penny Lane is in my ears and in my eyes
There beneath the blue suburban skies
I sit and meanwhile back
In Penny Lane there is a fireman with an hourglass
And in his pocket is a portrait of the Queen
He likes to keep his fire engine clean
It’s a Clean Machine
Penny Lane is in my ears and in my eyes
Full of fish and finger pies
In summer, meanwhile back
Behind the shelter in the middle of a roundabout
The pretty nurse is selling poppies from a tray
And though she feels as if she’s in a play
She is anyway
In Penny Lane the barber shaves another customer
We see the banker sitting Waiting for a trim
And then the Fireman Rushes in
From the pouring Rain, very strange
Penny Lane is in my ears and in my eyes
There beneath the blue suburban skies
I sit and meanwhile back
Penny Lane is in my ears and in my eyes
There beneath the blue suburban skies
Penny Lane
La traduction française de la chanson
A Penny Lane, un barbier montre des photos
De toutes les têtes qu’il a eu le plaisir de connaître
Et tous les gens qui vont et viennent
S’arrêtent et disent bonjour
Au coin de la rue, il y a un banquier avec une voiture.
Les petits enfants se moquent de lui dans son dos
Et le banquier ne porte jamais de » mac «
Sous la pluie battante, très étrange
Penny Lane est dans mes oreilles et dans mes yeux
Là, sous le ciel bleu de la banlieue
Je m’assois et je regarde en arrière
Dans Penny Lane, il y a un pompier avec un sablier
Et dans sa poche un portrait de la Reine
Il aime garder son camion de pompiers propre
C’est une machine propre
Penny Lane est dans mes oreilles et dans mes yeux
Plein de poissons et de tartes aux doigts
En été, pendant ce temps-là
Derrière l’abri au milieu d’un rond-point
La jolie infirmière vend des coquelicots sur un plateau
Et bien qu’elle ait l’impression d’être dans une pièce de théâtre
Elle l’est quand même
À Penny Lane, le barbier rase un autre client
Nous voyons le banquier assis en train d’attendre sa coupe
Et puis le pompier se précipite
Sous une pluie battante, c’est très étrange
Penny Lane est dans mes oreilles et dans mes yeux
Là, sous le ciel bleu de la banlieue
Je m’assois et je regarde en arrière
Penny Lane est dans mes oreilles et dans mes yeux
Là-bas, sous le ciel bleu de la banlieue
Penny Lane
L’histoire de la chanson
Dans Penny Lane, il flotte (tout comme dans Strawberry Fields) un brin de nostalgie, un parfum denfance, une certaine insouciance.
Même si laboutissement est le même, cette nostalgie ambiante est différente de celle présente sur la face A …peut-être un peu moins lourde ? La différence de style entre les deux compositeurs y est sûrement pour beaucoup, bien que cela fasse tout le charme de ce 45 T exceptionnel.
Sur cette face du single, Paul nous décrit un quartier de son enfance, comme un guide passionné nous ferait visiter le musée de ces rêves. On la dit, la nostalgie est omniprésente…
Pourtant, Paul arrive à nous faire cette visite en labordant sous un angle comique…et plus généralement artistique, essayant darranger un peu la réalité.
Lambiance de la chanson est prenante. Et pour peu que lon se prenne à fermer les yeux, il serait facile de simaginer au côté de Paul, se promenant au son des trompettes dans Penny Lane…saluant le coiffeur, le banquier, ainsi que le pompier…puis prenant le bus pour rejoindre John chez sa tante mimi sur Menlove Avenue…histoire découter le dernier Elvis ou Chuck Berry…apprendre un ou deux nouveaux accords sur cette guitare de fortune, dont on sait à peine se servir et qui nous fait mal aux doigts …tout ça en rêvant de devenir une rock star, quitter Liverpool et rencontrez ses idoles…
Si si, essayez ! fermez les yeux et vous verrez…
Bien plus que la nostalgie, Paul nous fait entrer dans son enfance…bien avant dêtre un Beatle.
Penny Lane est beaucoup plus quune simple face B destiné a accompagner un des morceaux les plus novateur de lhistoire du rock. Cest bel et bien une véritable face A, à part entière, avec une histoire fascinante…
Dès lentame du premier vers de la chanson, Paul plante le décor du tableau quil va peindre de son enfance à Liverpool : ” In Penny Lane… ”
Mais quest ce au juste que ” Penny Lane ” ? Un personnage ou une place inventée de toute pièce, comme létaient ” Eleanor Rigby ” ou le ” Sgt Pepper “…ou tout comme ” Strawberry Fields ” une réminiscence de ” In My Life ” ?
Penny Lane est, tout comme le décor de John sur la face A, un endroit bien réel et précis dans Liverpool. Plus précisément, il sagit dune rue, que beaucoup considèrent comme une ” terne altère commerciale ” …Mais pour nos Beatles adolescents, cette simple rue représente beaucoup plus que cela ! Pour eux, Penny Lane est le quartier de leur enfance, dans lequel ils ont grandit…mais cest aussi le nom du dépôt de bus dans lequel ils étaient obligés de passer pour se rendre visite et passer leurs après-midi ensemble.
Penny Lane fait partie intégrante de la vie de nos Beatles.
John avait déjà essayé de lévoquer dans les premières ébauches de ” In My Life “, mais navait jamais réussi à lintégrer dans la version finale.
Cest Paul qui a su reprendre lidée, afin den faire une chanson à part entière, qui se décline presque comme une fable sur la vie en milieu urbain …Une scène quotidienne, à laquelle on ne prête même plus Attention. Mais pour Paul, cette vision a su garder une saveur toute particulière…
On trouve tout dabord dans cette rue commerciale un coiffeur (premier couplet), qui a existé réellement , puisquil sagit dun certain monsieur Bioletti.
Paul : ” Jai écrit que le coiffeur avait des Photographies de toutes les têtes quil avait eu le plaisir de connaître, alors quil avait simplement des photos représentant diverses coupes de cheveux. Mais les gens qui passent devant sa boutique sarrêtent vraiment pour dire bonjour. ”
Au fil de la promenade, on rencontre un banquier et un pompier (avec un portrait de la reine dans sa poche), qui sont des enjolivement de la réalité réalisé par Paul, mais qui collent parfaitement à lambiance.
Paul : ” Cest en partie la vérité…et en partie de la nostalgie ”
Cette fable des temps moderne est agrémentée de quelques tournures typiquement Liverpudlienne (clin dil à ses origines), ne voulant à première vue rien dire comme le ” fish and finger pie ” (paté de doigts au poisson), dont on évitera tout de même ici de donner la signification cachée…
Musiciens ayant participé à l’enregistrement
Paul McCartney : voix principale, piano, harmonium,basse
John Lennon : choeurs, piano, claquement de mains, guitare rythmique
George Martin : piano, claquement de mains
George Harrison : choeurs, guitare principale, claquement de mains
Ringo Starr : cloche, tambourin, claquement de mains
Ray Swinfield : flûte
P. Goody : flûte
Manny Winters : flûte
Dennis Walton : flûte
Leon Calvert : trompette
Freddy Clayton : trompette
Bert Courtley : trompette
Duncan Campbell : trompette
Dick Morgan : oboe
Mike Winfield : oboe
Dick Morgan : Cor Anglais
Mike Winfield : Cor Anglais
David Mason : trompette picolo
L’enregistrement de la chanson
29 Décembre 1966 : enregistrement des prises 1 à 6.
30 Décembre 1966 : enregistrement de la prise 7
6 janvier 1967 : enregistrement des prises 8 et 9.
Cest à la toute fin de lannée 1966 que les séances de Penny Lane débutèrent. Elles commencèrent alors que les maquettes de ” Strawberry Fields Forever ” et de ” When im sixty four ” étaient déjà à un stade avancées.
Le 29 Décembre au soir, Paul travaille seul dans les studios dAbbey Road jusquà 2h15 du matin, ce qui lui permet délaborer une première maquette de la chanson.
Lors de la séance suivante (le 4 Janvier 1967), le reste du groupe participa. Lennon enregistra sa propre partie de piano (il en refera une deuxième prise par la suite). Le même jour, la basse, la batterie et la guitare rythmique furent rajoutées, ainsi que…Les claquements de mains et une prise vocale réunissant Paul, John et George.
Le lendemain, Paul enregistra sa propre piste vocale.
A la suite de cette séance, les Beatles enregistrent une longue improvisation, Carnival of Light, quun de leur ami (David Vaughan) leur avait demandée pour accompagner un événement de musique et de lumière au Roundhouse. Cest le morceau le plus long jamais enregistré par les Beatles (environ 13 minutes et 48 secondes). Il reste pourtant inédit à ce jour, car George sest opposé à sa parution sur lAnthology.
Le 9 Janvier, les instruments à vents sont ajoutés (flûtes et bugle).
Paul eut lidée dajouter de la trompette sur le morceau en regardant une émission sur la BBC 2 dans laquelle jouait David Mason (du London Philarmonia) le 11 Janvier. Paul linvita a participer aux sessions de Penny Lane, en enregistrant le Piccolo (une octave au dessus de la trompette). Celui-ci toucha 27 livres et 10 shillings pour sa participation du 17 Janvier et son célèbre solo de trompette
George Martin : ” Nous navions pas de partition écrite à lavance pour la trompette. Paul venait me chanter à loreille ce quil désirait, et moi je notais au fur et à mesure “.
Après cela, deux hautbois, deux cors Anglais et la contrebasse furent incorporés à lensemble.
La contribution de chacun des Beatles
Paul McCartney : 80 % / John Lennon : 20 %
Les reprises de cette chanson par d’autres artistes
Paul Mauriat , Kenny Rankin ,Klaus Wunderlich, Onda Choc, World Party, David McCallum, Moog Groove, Bill Page, Kenny Rankin, Kai Winding, Dominique Walter, Les Sinners
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