Strawberry Fields Forever : Les Beatles : paroles, traduction, histoire...

Strawberry Fields Forever : The Beatles : paroles, traduction, histoire...

« Strawberry Fields Forever »: Une Plongée Psychédélique dans le Monde Intérieur de John Lennon

« Strawberry Fields Forever » est une chanson des Beatles écrite principalement par John Lennon, bien que créditée à Lennon-McCartney. Sortie en février 1967 en tant que single double face A avec « Penny Lane, » elle figure également sur l’album américain Magical Mystery Tour (1967). « Strawberry Fields Forever » est considérée comme l’une des chansons les plus expérimentales et influentes des Beatles, marquée par son utilisation novatrice des techniques de studio, son atmosphère rêveuse et introspective, et ses paroles énigmatiques et psychédéliques. La chanson représente une étape clé dans l’évolution artistique des Beatles, capturant l’essence du mouvement psychédélique des années 1960.

L’histoire et la genèse de « Strawberry Fields Forever »

« Strawberry Fields Forever » a été inspirée par les souvenirs d’enfance de John Lennon à Liverpool, en particulier le jardin de l’orphelinat de Strawberry Field, un lieu proche de chez lui où il aimait se rendre pour jouer et rêver lorsqu’il était enfant. Ce jardin a pris une signification particulière pour Lennon, symbolisant un lieu de refuge et d’évasion, loin des complexités de la vie quotidienne et des conflits familiaux. La chanson reflète cette nostalgie, tout en explorant des thèmes plus profonds de perception et de réalité altérée.

Les paroles de « Strawberry Fields Forever » sont à la fois introspectives et surréalistes, capturant l’ambiguïté et la fluidité des souvenirs et des rêves. Des lignes comme « Living is easy with eyes closed, misunderstanding all you see » et « Nothing is real, and nothing to get hung about » reflètent l’esprit introspectif de Lennon et sa fascination pour les états de conscience altérés. La chanson évoque également un sentiment de désir et de recherche d’un monde intérieur plus simple et plus compréhensible, en contraste avec la complexité de la réalité extérieure.

L’enregistrement et la production

« Strawberry Fields Forever » a été enregistrée par les Beatles lors de plusieurs sessions en novembre et décembre 1966 aux studios EMI d’Abbey Road à Londres, sous la direction de George Martin. L’enregistrement de la chanson est remarquable pour son utilisation intensive de techniques de studio novatrices, telles que les overdubs, les manipulations de bande, et les effets de réverbération inversée, visant à créer une atmosphère onirique et surréaliste.

John Lennon prend la voix principale sur « Strawberry Fields Forever, » et sa performance est souvent saluée pour son caractère introspectif et rêveur. La voix de Lennon, légèrement désabusée et détachée, correspond parfaitement au ton de la chanson, capturant l’émotion de recherche et de contemplation exprimée dans les paroles. Paul McCartney, George Harrison, et Ringo Starr fournissent des harmonies vocales de soutien, ajoutant une dimension supplémentaire à l’arrangement vocal et renforçant l’atmosphère psychédélique de la chanson.

Musicalement, « Strawberry Fields Forever » est construite autour d’une progression d’accords inhabituellement complexe et d’une structure rythmique fluide qui donne à la chanson une sensation de mouvement constant et d’évolution. Le morceau commence avec une introduction de Mellotron jouée par McCartney, utilisant un son de flûte qui évoque une ambiance à la fois pastorale et mystérieuse. La basse de McCartney, la guitare rythmique de Harrison, et la batterie de Starr créent une base rythmique hypnotique et subtile, tandis que l’utilisation de cordes, de cuivres, et de percussions indiennes ajoute une richesse texturale et une profondeur sonore.

L’un des aspects les plus distinctifs de l’enregistrement de « Strawberry Fields Forever » est l’intégration de deux prises différentes de la chanson, qui ont été combinées par George Martin et l’ingénieur Geoff Emerick. Lennon avait exprimé une préférence pour la première moitié d’une prise plus légère et la deuxième moitié d’une autre version plus orchestrée et psychédélique. Pour réaliser cette fusion, Martin et Emerick ont modifié la vitesse de la bande des deux enregistrements pour qu’ils soient à la même tonalité et au même tempo, créant un effet unique et désorientant qui contribue à l’ambiance surréaliste de la chanson.

George Martin a opté pour une production immersive et expérimentale pour « Strawberry Fields Forever, » mettant en valeur les voix et l’instrumentation tout en capturant l’esprit introspectif et exploratoire de Lennon. L’utilisation subtile de la réverbération, des effets de delay, et des manipulations de bande ajoute une dimension d’espace et de mystère à l’enregistrement, renforçant l’émotion de rêve et de contemplation.

La publication et la réception

« Strawberry Fields Forever » a été publiée en tant que single double face A avec « Penny Lane » le 13 février 1967 au Royaume-Uni et le 17 février 1967 aux États-Unis. Le single a reçu un accueil critique enthousiaste, bien que, de manière surprenante, il n’ait atteint que la deuxième place des charts britanniques, marquant la première fois depuis 1963 qu’un single des Beatles ne parvenait pas à atteindre la première place au Royaume-Uni. Aux États-Unis, la chanson a été mieux accueillie, atteignant la huitième place des charts.

Les critiques de l’époque ont salué « Strawberry Fields Forever » pour son caractère avant-gardiste et son interprétation harmonique riche, reconnaissant la capacité des Beatles à repousser les limites de la musique pop et à explorer des thèmes plus introspectifs et surréalistes. La chanson a été reconnue comme un excellent exemple de l’évolution de Lennon en tant que songwriter, montrant sa capacité à capturer des émotions complexes et nuancées dans un format de chanson pop tout en repoussant les limites de ce qui était possible dans la musique enregistrée.

La signification et le style de la chanson

« Strawberry Fields Forever » explore des thèmes de mémoire, de perception, et de réalité altérée, exprimant un sentiment de désir et de quête de sens face aux ambiguïtés de la vie. Les paroles, bien que poétiques et parfois obscures, sont efficaces pour transmettre un sentiment de recherche et de réflexion, capturant l’essence de l’exploration mentale et de l’expérience humaine. Ce thème est renforcé par la mélodie complexe et l’utilisation innovante des effets sonores et des techniques de production, qui ajoutent une dimension de profondeur et de mystère à l’ensemble.

Musicalement, la chanson est notable pour son utilisation de motifs mélodiques répétitifs, de progressions harmoniques complexes, et d’une instrumentation riche, créant un son riche et engageant qui est à la fois introspectif et expérimental. L’influence de la musique classique, du rock psychédélique, et de l’avant-garde est évidente dans la structure harmonique de la chanson, mais Lennon, McCartney, et George Martin y ajoutent leur propre sensibilité pop, créant un morceau unique qui se démarque dans leur catalogue.

Le passage à la postérité

Aujourd’hui, « Strawberry Fields Forever » est largement reconnue comme l’une des chansons les plus importantes et influentes des Beatles, un exemple de leur capacité à intégrer des influences culturelles et musicales diverses dans leur travail. Elle est célébrée pour son arrangement harmonique riche, son ambiance introspective, et son utilisation innovante d’effets sonores et de techniques de production, qui capturent parfaitement l’esprit des Beatles à une époque de transition vers des compositions plus sophistiquées et expérientielles.

La chanson continue d’être revisitée par les fans et les musiciens comme un exemple de l’innovation musicale de John Lennon et de sa capacité à capturer des émotions introspectives dans un format pop sophistiqué. Elle est également reconnue pour son rôle dans l’évolution musicale du groupe, montrant leur volonté d’explorer de nouveaux sons et de nouvelles idées tout en restant fidèles à leur style unique.

En conclusion, « Strawberry Fields Forever » est bien plus qu’une simple chanson pop; elle est une démonstration de la croissance des Beatles en tant qu’artistes, capables de capturer l’esprit de la mémoire et de la perception altérée tout en explorant des thèmes plus profonds et plus universels. La chanson reste une pièce importante de leur héritage musical, capable de captiver et d’inspirer des générations d’auditeurs avec son émotion sincère, son style harmonique riche, et sa capacité à capturer l’essence de l’introspection et de la quête de sens à travers l’art musical.

Information sur la chanson : 

  • Crédits : Lennon / McCartney
  • Durée : 4:10
  • Producteur : George Martin
  • Ingénieur : Geoff Emerick, Phil McDonald, David Harries

Les paroles de la chanson

Let me take you down, ’cause I’m going to Stawberry Fields
Nothing is real and nothing to get hung about
Straberry Fields forever

Living is easy with eyes closed
Misunderstanding all you see
It’s getting hard to be someone but it all works out
It doesn’t matter much to me

Let me take you down, ’cause I’m going to Stawberry Fields
Nothing is real and nothing to get hung about
Straberry Fields forever

No One I think is in my tree
I mean it must be high or low
That is you can’t you know tune in but it’s all right
That is I think it’s not too bad

Let me take you down, ’cause I’m going to Stawberry Fields
Nothing is real and nothing to get hung about
Straberry Fields forever

Always, no sometimes, think it’s me
But you know I know when it’s a Dream
I think, er, no, I mean, er, yes, but it’s all wrong
That is I think I disagree

Let me take you down, ’cause I’m going to Stawberry Fields
Nothing is real and nothing to get hung about
Straberry Fields forever
Straberry Fields forever
Straberry Fields forever

La traduction française de la chanson

Laisse-moi t’emmener, car je vais aux champs de fraises
Rien n’est réel et il n’y a rien sur quoi s’alarmer
Les champs de fraises pour toujours

Vivre est facile les yeux fermés
Mécomprendre tout ce que tu vois
C’est devenu difficile d’être quelqu’un mais tout s’arrange
Ça m’importe peu

Laisse-moi t’emmener, car je vais aux champs de fraises
Rien n’est réel et il n’y a rien sur quoi s’alarmer
Les champs de fraises pour toujours

Personne, je pense, n’est dans mon arbre
Je veux dire que cela doit être haut ou bas
C’est-à-dire que tu ne peux pas, tu sais, te brancher mais c’est correct
C’est-à-dire que je pense que ce n’est pas trop mal

Laisse-moi t’emmener, car je vais aux champs de fraises
Rien n’est réel et il n’y a rien sur quoi s’alarmer
Les champs de fraises pour toujours

Toujours, non parfois, je pense que c’est moi
Mais tu sais que je sais quand c’est un rêve
Je pense, euh, non, je veux dire, euh, oui, mais tout est faux
C’est-à-dire que je pense que je ne suis pas d’accord

Laisse-moi t’emmener, car je vais aux champs de fraises
Rien n’est réel et il n’y a rien sur quoi s’alarmer
Les champs de fraises pour toujours
Les champs de fraises pour toujours
Les champs de fraises pour toujours

L’histoire de la chanson

5 Septembre 1966. Une petite semaine après le dernier concert des Beatles au Clandestick Park de San Francisco, John quitte ses amis pour rejoindre Dick Lester (réalisateur) sur le tournage de « How i won the war » (comment j’ai gagné la guerre), film anti-militariste.

En soit, il s’agit d’un mini événement, car pour la première fois, un Beatle fait une escapade en ayant une activité bien à lui…autre que celle d’appartenir aux Beatles 24h/24.

John a donc choisit le film de Lester, qu’il connaissait déjà bien, pour s’évader un peu. Il y incarne le rôle du soldat Gripweed. Pour satisfaire à ce rôle, il a dû sacrifier sa célèbre coupe de cheveux « Beatles », de plus, il porte pour la première fois ses célèbres petites lunettes rondes…

Après être passé par Hanovre (pour les extérieurs), le tournage fait escale sous le soleil du sud de l’Espagne, à Almeria.

C’est dans la villa qu’il a loué, près de Santa Isabel, qu’il esquisse une première ébauche de « Strawberry Fields Forever »…

Comme nous l’avons évoqué précédemment, cette chanson est marquée du sceau Liverpudlien, placée sous le signe de la nostalgie, et des Souvenirs d’enfance.
Ce voyage en arrière effectué par John s’arrête à Strawberry Field (sans « s » à l’origine, mais John est passé par là…), qui n’est autre qu’un orphelinat de l’armée du salut, se situant à Woolton. Il s’agit en fait d’une immense maison de style victorien, pourvu d’un grand parc boisé. John venait souvent dans ce dernier accompagné de ses amis Pete Shotton et Ivan Vaughan, car il ne se trouvait qu’à quelques minutes de la maison de sa tante Mimi (situé sur Menlove Avenue).

Très vite, cette forêt est devenue pour lui un lieu fascinant dans lequel il pouvait être seul, se protéger du monde extérieur en laissant voguer son imagination…un refuge.

John parvint dans les paroles à exposer son désir de solitude, d’être à l’écart des personnes le cotoyant (ce qu’il avait déjà tenté dans « In My Life » et « Help ! »…) Il s’agit en fait de sa première chanson intimiste. Il exposa dans les premières ébauches : ” personne n’est sur ma longueur d’onde « , qu’il transforma par la suite en » personne, je pense, n’est sur mon arbre “. Image beaucoup plus obscure et subjective…

Car c’est bien là la particularité de ” Strawberry Fields Forever ” qui, partie de Souvenirs d’enfances, s’est transformé en une sorte de voyage intérieur… “une réflexion sur les états de la conscience “.

Il est a noter que c’est durant la période de gestation de la chanson que John rencontra pour la première fois une jeune artiste Japonaise : Yoko Ono, dans une galerie d’art Londonienne (9 Novembre 1966).

Musiciens ayant participé à l’enregistrement

Paul McCartney : basse, mellotron, piano, claquement de mains
John Lennon : voix principale, choeurs, guitare rythmique
George Harrison : guitare principale, swordmandel
Ringo Starr : batterie, cymbales, percussions, claquement de mains
Malcom Evans : claquement de mains, tambourin
Brian Jones : bongos, tabla, harpe, claquement de mains
George Martin : orgue, percussions
Neil Aspinall : percussions
Tony Fisher : trompette
Greg Bowen : trompette
Derek Watkins : trompette
Stanley Roderick : trompette
John Hall : violoncelle
Derek Simpson : violoncelle
Norman Jones : violoncelle

L’enregistrement de la chanson

26 Novembre 1966 : enregistrement de la prise 1
28 Novembre 1966 : enregistrement des prises 2, 3, 4.
29 Novembre 1966 : enregistrement des prises 5, 6, 7. Suite à une erreur de numérotation, la prise 8 n’existe pas
8 Décembre 1966 : enregistrement des prises 9 à 24. Suite à une erreur de numérotation, la prise 19 n’existe pas.
9 Décembre 1966 : mixage des prises 15 et 24. Obtention de la prise 25
15 Décembre 1966 : enregistrement de la prise 26
22 Décembre 1966 : mixage des prises 7 et 26 : c’est la version finale.

La contribution de chacun des Beatles

John Lennon : 100 %

Les reprises de cette chanson par d’autres artistes

Ventures , Tomorrow, Plastic Penny, Richie Havens, Todd Rundgren, King’s Singers, Village Pistols, Tater Totz, Candy Flip, Colius Heruits, Los Fabulosos, Noel Harrison, Don Williams, The Bobs, Fr. David

Téléchargements