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Des Beatles, George Harrison fut probablement avec John Lennon – si l’on considère les disques de ce dernier avec Plastic Ono Band –, le plus marginal. Au point qu’il emprunta un itinéraire spirituel qui ne fut pas toujours du goût de Ringo Starr et Paul McCartney. D’ailleurs, ses idées furent très peu exploitées dans le cadre du célèbre groupe. C’est dommage car on se souvient avec émotion des résonances indiennes de « Love You To » (préoccupation que Georges Harrison partageait avec Brian Jones) sur l’album Revolver, « Here Comes The Sun » et « While My Guitar Gently Weeps » étant également deux morceaux marquants. Alors que le groupe monte son label, Apple, George Harrison en profite pour sortir un album solo dès 1968. En pleine quête mystique (n’oublions pas l’emprise du Maharishi Mahesh Yogi sur les Beatles qui apprennent alors la méditation transcendantale), marqué par son amour pour la musique indienne (il a étudié au côté du joueur de sitar Ravi Shankar dont il sortit sur son label, Dark Horse, Shankar Family And Friends), Harrison fait cavalier seul et compose la bande originale du film expérimental Wonderwall Music – cela se faisait alors beaucoup et pourtant qui se souvient que Mick Jagger travailla pour Kenneth Anger ? Cette musique, totalement instrumentale et méconnue, enregistrée à Bombay avec des musiciens du cru sans que George Harrison joue de quelque instrument que ce soit (il ne fait qu’écrire les morceaux), a plutôt bien vieilli. On peut même avancer qu’elle se bonifie avec le temps ! Sous l’influence des ragas indiens, bien que globalement pop, Wonderwall Music offre des beautés que l’on ne saurait bouder. À (re)découvrir. –Hervé Comte















