Description du produit
En 2009, Olivia Harrison (épouse de feu George) invite Giles Martin, le fils du légendaire producteur George Martin, à venir écouter des cassettes que George avait stocké dans sa bibliothèque de Friar Park. Avec l’aide de l’ingénieur du son Paul Hicks, Giles restaure les bobines que George avait laissées derrière lui. Cette première collection donne un aperçu de ce qu’ils nous ont trouvés. De premières prises directes multipistes des classiques « My Sweet Lord » et « All Things Must Pass » à des morceaux plus récents comme « Mama You’ve Been On My Mind », en passant par des maquettes jamais entendues de « Behind That Locked Door » ou « Run Of The Mill », « Early Takes Volume 1 » est une plongée dans l’intimité de George (voix, guitare) habituellement masquée par la production.
Critique
Cette compilation de dix chansons (pour certaines de simples demos), enregistrées pour la plupart durant les sessions qui allaient offrir à la planète le très considérable – et meilleur album du bonhomme – All Things Must Pass, reste naturellement inséparable du documentaire consacré par Martin Scorsese au chanteur (Living In The Material World). Et, donc, tout aussi indubitablement attachée à l’exploitation en parallèle des images en Blu-Ray ou DVD (une édition de luxe compilant les trois supports).
Ce sont la voix et la guitare de George Harrison qui sont ici plus particulièrement mises en valeur, et c’est naturellement un bonheur de retrouver ce merveilleux artiste débarrassé de l’activité industrieuse de certains producteurs, certes sans nul doute bien intentionnés, mais par trop souvent envahissants (Phil Spector). Six thèmes sont donc empruntés au premier album solo de l’ex Beatles, dont un « My Sweet Lord » dans lequel le musicien laisse transparaître toute sa technicité à générer un contre-chant à la guitare. En outre, on retrouve ici deux compositions plus tardives : « The Light That Lighted The Whole World », vers supposément inspiré par la Bible, et en droite ligne de l’album Living In The Material World (1973), et « Woman Don’t You Cry For Me », qui figurait dans l’album Thirty Three & 1/3 (1976), bénéficient tout aussi incontestablement du dégraissage harmonique.
Enfin, Harrison s’essaie à deux reprises : « Mama, You’ve Been On My Mind » est emprunté au répertoire de Bob Dylan ; « Let It Be Me » à celui de…Gilbert Bécaud (« Je t’appartiens »), via une interprétation anglo-saxonne de référence par The Everly Brothers, et pour lequel Harrison, usant des technologies de studio, assure de façon magique les deux parties du chant.
L’émotion est palpable, bien évidemment, à chaque mesure. Mais on reste encore davantage saisi par l’éclatante confirmation selon laquelle une musique débarrassée de ses apprêts conjoncturels, conserve toujours – lorsqu’elle est bonne – sa qualité première : la grâce. Á noter que l’intitulé de l’album (VoL. 1) laisse accroire à d’autres tendres découvertes.
Christian Larrède – Copyright 2019 Music Story



















