George Harrison, au-delà de son rôle de Beatle, a marqué le cinéma en tant que producteur et compositeur. Dès 1968, il expérimente avec la bande originale de Wonderwall. Il fonde ensuite HandMade Films, sauvant La Vie de Brian et produisant des films cultes comme Time Bandits. Sa contribution musicale à des films, notamment Shanghai Surprise et Lethal Weapon 2, confirme son influence durable sur le septième art. Son héritage cinématographique, souvent sous-estimé, mérite d’être redécouvert.
Lorsqu’on évoque George Harrison, c’est d’abord le guitariste des Beatles qui vient en tête. Pourtant, au-delà de son immense carrière au sein du groupe légendaire, Harrison a poursuivi un parcours artistique singulier en tant que musicien solo, mais aussi en tant que producteur de films. Ce dernier aspect de son parcours est souvent sous-estimé, alors qu’il a non seulement sauvé des films culte de l’échec financier, mais qu’il y a aussi contribué musicalement de manière significative.
Sommaire
Une première incursion cinématographique avec Wonderwall Music
L’aventure de Harrison avec le monde du cinéma commence en 1968 lorsqu’il compose et enregistre la bande originale du film Wonderwall, réalisé par Joe Massot. Ce projet marque un tournant décisif pour lui : c’est la première fois qu’un Beatle se lance dans un projet solo officiel en dehors du groupe. Fortement influencé par sa fascination pour la musique classique indienne, Harrison produit une bande-son expérimentale mêlant instruments occidentaux et sonorités indiennes.
Les morceaux comme Microbes, Red Lady Too, ou encore Tabla and Pakavaj illustrent bien cette fusion musicale. La bande-son ne rencontre pas un immense succès commercial à sa sortie, mais elle est aujourd’hui considérée comme une œuvre importante, tant pour la musique de film que pour l’exploration de nouveaux genres sonores dans le rock.
Little Malcolm et les prémices d’un producteur de cinéma
Après Wonderwall, Harrison reste attaché au monde du cinéma, bien que de manière plus discrète. En 1974, il finance Little Malcolm, un film indépendant réalisé par Stuart Cooper, mettant en vedette John Hurt. Il compose également quelques morceaux pour le film. Cette production marque la fin de l’implication cinématographique d’Apple Corps, la société des Beatles, et le début d’une approche plus personnelle pour Harrison.
HandMade Films : un label cinématographique incontournable
L’étape suivante est décisive : en 1978, lorsque les Monty Python peinent à financer La Vie de Brian, George Harrison prend un risque financier considérable en hypothéquant sa propre maison pour sauver le projet. Il fonde ainsi HandMade Films, une société qui produira certains des films britanniques les plus marquants des années 1980 : The Long Good Friday, Time Bandits, Withnail and I ou encore Mona Lisa.
Si Harrison préfère généralement rester en coulisses pour éviter d’éclipser les films en tant que star musicale, il ne peut s’empêcher d’y apporter sa touche personnelle. Pour Time Bandits, de Terry Gilliam, il enregistre Dream Away, une chanson qui accompagne parfaitement l’univers onirique et décalé du film.
Shanghai Surprise : un échec retentissant mais une bande-son marquante
Parmi les productions de HandMade Films, Shanghai Surprise (1986) est sans doute l’un des projets les plus controversés. Ce film, mettant en vedette Madonna et Sean Penn, est un échec critique et commercial. Pourtant, George Harrison y contribue largement musicalement, composant plusieurs morceaux : Shanghai Surprise, Breath Away from Heaven, Someplace Else (en duo avec Vicki Brown), Hottest Gong in Town et Zig-Zag (avec Jeff Lynne).
Si le film ne convainc pas, la bande-son, elle, est saluée par les fans de Harrison. Elle reflète une période où l’artiste s’épanouit dans l’écriture de chansons aux influences variées, intégrant des sonorités asiatiques et des touches de pop sophistiquée.
Des participations hors de HandMade Films
Parallèlement à son travail au sein de sa société de production, Harrison enregistre également des morceaux pour d’autres films. En 1985, il reprend I Don’t Want to Do It, une chanson de Bob Dylan, pour la bande-son de Porky’s Revenge!. En 1989, il signe Cheer Down avec Tom Petty pour le générique de fin de Lethal Weapon 2. Ce dernier titre, bien qu’écrit pour un film d’action hollywoodien, s’intègre parfaitement à son répertoire et devient un classique apprécié de ses admirateurs.
Une influence cinématographique durable
Bien que George Harrison n’ait pas systématiquement composé pour le cinéma, son empreinte y reste indélébile. Ses compositions originales continuent d’être utilisées dans de nombreux films contemporains. Par exemple, en 2023, Beau is Afraid d’Ari Aster intègre l’un de ses morceaux, et en 2024, Sonic the Hedgehog 3 fait appel à sa musique.
Ainsi, si Harrison demeure avant tout l’éternel Beatle, son impact sur le cinéma, tant en tant que producteur qu’en tant que compositeur, mérite d’être redécouvert et salué. Son amour pour le septième art n’a jamais été un simple caprice de rock star, mais bien une extension naturelle de son talent créatif et de son insatiable curiosité artistique.
