Parmi les joyaux cachés de la discographie de George Harrison, Mystical One occupe une place particulière. Sixième titre de Gone Troppo, son dixième album solo, cette chanson dévoile une facette intime du musicien, celle d’un artiste en quête de sérénité, loin des tumultes de l’industrie musicale.
Sommaire
Un album en marge de son époque
Sorti le 5 novembre 1982 au Royaume-Uni et trois jours plus tard aux États-Unis, Gone Troppo est souvent considéré comme l’album le plus négligé de la carrière de George Harrison. L’ancien Beatle, déjà lassé par l’industrie du disque et peu enclin à en faire la promotion, délaissa complètement le lancement de son opus. Le résultat fut sans appel : Gone Troppo passa quasiment inaperçu, confirmant la désaffection croissante du guitariste pour le monde de la musique mainstream.
Malgré ce contexte, l’album recèle plusieurs morceaux fascinants, notamment Mystical One, une composition qui reflète l’apaisement spirituel de son auteur.
Une ballade contemplative
Enregistrée entre le 5 mai et le 27 août 1982, Mystical One se distingue par son ambiance douce et introspective. George Harrison, fidèle à lui-même, propose ici une chanson mêlant guitare acoustique, synthétiseurs et percussions légères, le tout soutenu par la mandoline de Joe Brown et la basse enveloppante d’Herbie Flowers. L’arrangement, épuré mais subtil, confère à la chanson une atmosphère sereine et chaleureuse.
Les paroles de Mystical One traduisent un état de contentement et de réflexion spirituelle. Harrison chante son bonheur simple, comparant son bien-être à la douceur d’un saule pleureur. Cette plénitude semble provenir d’une présence mystérieuse, qu’il ne définit jamais explicitement. Dieu ? Sa famille ? Ou un tout composé des êtres et des idées qui lui sont chers ? L’ambiguïté volontaire du texte renforce l’aspect universel de la chanson.
Une spiritualité omniprésente
La spiritualité hindoue, qui occupait une place prépondérante dans la vie de George Harrison depuis la fin des années 1960, résonne également dans Mystical One. En 1983, Harrison accorda une rare interview à Mukuna Goswami pour Back To Godhead, magazine fondé par Srila Prabhupada en 1944. Il y évoque sa vision du divin et la manière dont le chant des noms de Krishna lui permet d’accéder à une conscience accrue de la présence de Dieu. Ses propos résonnent particulièrement avec l’atmosphère de Mystical One, qui semble illustrer cette acceptation sereine d’une réalité spirituelle profonde.
Un héritage redécouvert
Si Mystical One et Gone Troppo furent largement ignorés à leur sortie, la réédition de l’album en 2004 leur offrit une seconde chance d’exister. Cette version comprenait notamment une démo acoustique de Mystical One, révélant l’essence brute de la composition et l’intensité de l’interprétation de Harrison.
Au fil des ans, Gone Troppo a gagné en considération, notamment parmi les amateurs les plus fervents de George Harrison. Mystical One demeure une preuve supplémentaire du talent de son auteur pour insuffler une dimension émotive et spirituelle à ses compositions, loin du tumulte de la gloire et des attentes commerciales.
Plus qu’une simple chanson, Mystical One est une échappée lumineuse dans l’univers personnel de George Harrison, un instant suspendu où musique et spiritualité ne font plus qu’un.














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