L’artiste japonaise veut coproduire un film sur son histoire d’amour avec l’ex-Beatle. Problème : son associé est le producteur de “Cinquante nuances plus sombres”…
“Oh Yoko ! », comme disait John Lennon, qui en a même fait le titre de l’une de ses chansons à la gloire de son épouse et muse japonaise. Oh, Yoko, mais que se passe-t-il ? A plus de 83 ans, Yoko Ono, illustre veuve et unique dépositaire de la mémoire de l’ex-Beatle s’est mis en tête de coproduire un biopic sur leur histoire d’amour épique et pop.
Jusqu’ici, tout va bien. La rencontre, en 1968 entre une artiste plasticienne branchée et fantasque et une idole surmenée est déjà à elle seule un bon départ de scénario : elle faisait une expo à Londres, il est venu planter un clou imaginaire dans l’une de ses installations, au sommet d’une échelle. De leurs frasques poétiques et musicales, leur passion exhibitionniste, leur engagement pacifiste, jusqu’à la fin tragique de Lennon, sous les balles d’un déséquilibré, le 8 décembre 1980 à New York, la matière est si riche qu’on se demande pourquoi un tel projet n’a pas vu le jour plus tôt.
On craint le pire
Ici, le problème vient plutôt des acolytes que s’est choisi la vénérable diva arty : entre autres, c’est le producteur Michael de Luca qui réfléchit à une fresque centrée sur « l’amour, le courage et l’activisme aux Etats-Unis »(1). Certes, l’homme a produit, entre autres, The Social Network. Mais son dernier fait d’armes étant Cinquante nuances plus sombres, on veut bien croire qu’il s’y connaît en amour (et encore), mais en « courage » et en « activisme » c’est moins évident. Si on ajoute la participation annoncée d’Anthony McCarten, le scénariste d’Une merveilleuse histoire du temps, de James March, le film qui a transformé la vie du grand scientifique Stephen Hawking en bluette délavée, on craint le pire.
Jusqu’à présent, le cinéma n’avait reconstitué qu’un très jeune Lennon, dans l’ère pré-Yoko et pré-Beatlemania, de Backbeat (Iain Softley) à Nowhere boy, de Sam Taylor-Wood. Cette nouvelle initiative aura au moins le mérite d’explorer une autre dimension du mythe. En attendant l’annonce du casting et du réalisateur, gardons l’esprit ouvert « one day at a time », un jour à la fois, comme disait le mari de Yoko.
(1) Dans The Hollywood Reporter
Source Télérama














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