Ringo Starr pourrait tranquillement regarder passer les années depuis le confortable fauteuil des légendes intouchables. Mais ce serait bien mal connaître l’ancien batteur des Beatles, qui n’a jamais vraiment semblé goûter aux joies de l’immobilité. À la veille de son rituel annuel du 7 juillet autour de son désormais indissociable message « Peace & Love », Ringo annonce une nouvelle série de concerts américains avec son All Starr Band, dix dates concentrées sur la côte Est entre le 24 septembre et le 7 octobre 2026. On y retrouvera la formule qui fait depuis longtemps le charme de ces tournées : Ringo au centre, bien sûr, mais entouré de musiciens qui ne sont pas là pour jouer les figurants, de Steve Lukather à Colin Hay, en passant par Hamish Stuart et Gregg Bissonette. L’étape la plus chargée en émotion aura lieu au Forest Hills Stadium, où Ringo n’a plus joué depuis les concerts des Beatles d’août 1964. Plus de soixante ans plus tard, la boucle promet d’être belle : un peu de mémoire, beaucoup de camaraderie rock, et ce mélange de légèreté et de fidélité qui fait encore battre le tempo chez Ringo Starr.
Ringo Starr ne semble décidément pas décidé à ranger ses baguettes. À la veille de son traditionnel rendez-vous du 7 juillet autour du message « Peace & Love », l’ancien batteur des Beatles annonce une nouvelle série de concerts américains avec son All Starr Band. Dix dates sont programmées entre le 24 septembre et le 7 octobre 2026, avec des passages en Pennsylvanie, dans l’État de New York, dans le New Jersey, à Washington DC, dans le Massachusetts, dans le Maine et dans le Connecticut. L’annonce confirme également la formation actuelle du All Starr Band : Steve Lukather, Colin Hay, Warren Ham, Hamish Stuart, Gregg Bissonette et Buck Johnson.
Sommaire
Une tournée d’automne après une série de printemps très applaudie
Cette nouvelle salve de concerts prolonge une année déjà bien remplie pour Ringo Starr et ses musiciens. Le All Starr Band vient d’achever une tournée de printemps, conclue le 14 juin 2026 par un concert complet au Greek Theatre de Los Angeles. Le principe reste celui qui fait le succès de la formule depuis des décennies : Ringo Starr au centre, mais entouré de musiciens eux-mêmes associés à de grands répertoires rock et pop, chacun apportant ses classiques à une soirée pensée comme une célébration collective.
Dans le communiqué annonçant ces nouvelles dates, Ringo résume l’état d’esprit de cette reprise automnale avec son mélange habituel de simplicité et d’enthousiasme : « Nous venons de terminer une tournée de printemps qui s’est achevée au Greek. Tout cela a été formidable : les publics étaient si affectueux, et j’adore vraiment jouer avec ce groupe. J’attends avec impatience ces concerts d’automne. Rendez-vous en septembre. Peace and love, Ringo. »
La presse américaine a d’ailleurs salué les dernières prestations du batteur. Le San Diego Union a vu en lui un artiste capable « d’embrasser et de transcender le temps et la nostalgie lors d’un concert galvanisant à San Diego ». Desert Local News a parlé d’un « concert éblouissant à guichets fermés », soulignant que « Ringo Starr et son groupe de six musiciens ont offert une soirée de délicieuse nostalgie, nourrie par près de deux douzaines de véritables favoris radiophoniques ». Music Connection a résumé l’affaire avec une formule plus malicieuse : « Ringo Starr scintille avec ses amis au Greek ». L’Albuquerque Journal a, de son côté, évoqué une « occasion unique dans une vie », un spectacle « traversant les générations ». Quant au Mercury News, il a décrit un « Beatles legend » enthousiasmant ses fans « with a little help from his friends », lors d’un concert de plus de cent minutes composé de vingt-deux titres.
Forest Hills, le retour chargé d’histoire
Parmi les dix dates annoncées, l’une retient particulièrement l’attention : le concert du 1er octobre 2026 au Forest Hills Stadium, dans le Queens, à New York. Pour Ringo Starr, ce retour a une portée historique évidente. Le musicien n’y a plus joué depuis les deux concerts donnés par les Beatles les 28 et 29 août 1964, au cœur de la première grande offensive américaine du groupe. Le site officiel des Beatles inscrit bien Forest Hills dans la chronologie de cette tournée américaine de 1964, tandis que Beatles Bible rappelle que la seconde soirée avait réuni 16 000 spectateurs.
Forest Hills occupe une place singulière dans l’histoire scénique des Beatles. Avant le choc monumental du Shea Stadium en 1965, souvent cité comme le concert fondateur de l’ère des grands shows rock en stade, Forest Hills représentait déjà une bascule : celle d’un groupe devenu trop grand pour les salles traditionnelles, contraint par la Beatlemania de jouer dans des enceintes sportives. Forbes a rappelé que les concerts des 28 et 29 août 1964 furent les premiers des Beatles dans un cadre de stade.
Le retour de Ringo dans ce lieu plus de soixante ans plus tard n’a donc rien d’anodin. Il ne s’agit pas seulement d’une date new-yorkaise supplémentaire dans un calendrier américain. C’est une boucle symbolique : celle d’un musicien qui, après avoir traversé l’histoire des Beatles, les années solo, les tournées All Starr et plusieurs générations de public, revient dans un lieu où la Beatlemania avait déjà pris des proportions que l’industrie musicale commençait à peine à comprendre.
Le calendrier complet de la tournée
La tournée débutera le 24 septembre 2026 au State Theatre d’Easton, en Pennsylvanie. Elle passera ensuite par Bethel Woods, dans l’État de New York, le 25 septembre, puis par le PNC Bank Arts Center de Holmdel, dans le New Jersey, le 27 septembre. Ringo Starr et son All Starr Band seront ensuite à l’Anthem de Washington DC le 28 septembre, puis au MGM Music Hall at Fenway de Boston le 30 septembre. Le mois d’octobre commencera avec le concert très attendu du Forest Hills Stadium, dans le Queens, le 1er octobre, avant des dates au Cross Insurance Arena de Portland, dans le Maine, le 3 octobre, au Toyota Oakdale Theatre de Wallingford, dans le Connecticut, le 4 octobre, à l’American Music Theatre de Lancaster, en Pennsylvanie, le 6 octobre, puis au Palace Theatre d’Albany, dans l’État de New York, le 7 octobre.
Ce parcours dessine une tournée concentrée sur la côte Est et le Nord-Est des États-Unis. Elle privilégie des villes et des salles où Ringo Starr peut maintenir cette formule particulière : un concert de mémoire, certes, mais aussi un spectacle vivant, porté par des musiciens qui ne se contentent pas d’accompagner une légende. Le All Starr Band reste une sorte de revue rock itinérante, où les chansons de Ringo croisent celles de Toto, Men at Work, Average White Band ou d’autres pans du répertoire pop-rock associés à ses partenaires de scène.
Une formation All Starr fidèle à l’esprit de la maison
La formation 2026 conserve une ossature déjà familière aux spectateurs récents de Ringo Starr. Steve Lukather, guitariste de Toto, Colin Hay, voix de Men at Work, Warren Ham, Hamish Stuart, ancien membre de l’Average White Band, le batteur Gregg Bissonette et Buck Johnson entourent l’ancien Beatle. Le concept du All Starr Band repose précisément sur cet équilibre : Ringo n’est pas seulement accompagné par des musiciens de session, il partage la scène avec des artistes disposant eux-mêmes d’un répertoire identifiable.
C’est ce qui distingue depuis longtemps les tournées All Starr d’un simple spectacle nostalgique. Bien sûr, le public vient entendre Ringo chanter des titres associés aux Beatles ou à sa carrière solo. Mais il vient aussi assister à une soirée où les tubes circulent d’un musicien à l’autre, dans un esprit de camaraderie assumée. Le nom même du groupe dit tout : il ne s’agit pas d’un backing band classique, mais d’une réunion de vétérans qui mettent leur notoriété au service d’un spectacle commun.
Cette mécanique explique sans doute la longévité de la formule. Là où certains concerts patrimoniaux peuvent figer le passé, Ringo Starr semble préférer le remettre en mouvement. La nostalgie existe, naturellement. Elle est même au cœur de l’expérience. Mais elle est constamment réactivée par le jeu collectif, par l’humour du batteur, et par cette manière très ringoesque de ne jamais peser plus lourd que nécessaire sur sa propre légende.
Peace & Love, le rituel du 7 juillet
L’annonce de cette tournée intervient aussi à la veille d’un autre rituel désormais indissociable de Ringo Starr : son appel mondial au « Peace & Love ». Depuis 2008, le musicien invite chaque 7 juillet, jour de son anniversaire, les fans du monde entier à dire, penser ou publier « Peace & Love » à midi, heure locale. Cette célébration a progressivement pris une dimension internationale, avec des rassemblements organisés par des fans dans plusieurs pays, et même des relais symboliques associés à la NASA lors de précédentes éditions.
En 2026, Ringo doit marquer l’événement à Los Angeles entouré de proches, d’amis et de fans, avec une diffusion prévue sur ses réseaux sociaux. Là encore, rien de vraiment nouveau dans le message, et c’est précisément ce qui en fait la force. Chez Ringo Starr, « Peace & Love » n’est pas un slogan de circonstance. C’est une signature, une profession de foi, parfois moquée pour sa répétition, mais devenue au fil du temps une sorte de ponctuation morale de son parcours public.
L’automne 2026 verra donc Ringo Starr reprendre la route avec cette même formule : un peu de Beatles, beaucoup d’amitié musicale, une mémoire rock assumée, et cette légèreté qui n’empêche jamais la profondeur. À Forest Hills, plus encore qu’ailleurs, le passé se tiendra dans les coulisses. Mais Ringo, fidèle à lui-même, ne semble pas vouloir le contempler immobile. Il préfère encore monter sur scène, sourire, frapper le tempo, et rappeler que le rock, quand il vieillit bien, sait parfois garder le pas léger.
