Bien avant de devenir la muse de John Lennon, Yoko Ono a été une pionnière de la performance et une créatrice inclassable. Le MoMA revient sur cette période prolifique avec lexposition « Yoko Ono : One
Avec « White Chess Set », présenté au MoMA, Yoko Ono a voulu « faire jouer les blancs contre les blancs sur un échiquier dont toutes les cases sont blanches. Que se passe-t-il quand une partie commence ? »
Yoko Ono est assise à lextrémité de la table, dans la cuisine, une longue table dans une très grande cuisine, elle-même dans un immense appartement lappartement quelle occupe depuis des décennies dans le Dakota Building. Pour y parvenir, il faut triompher du portier qui garde le porche sur le trottoir, celui où John Lennon a été assassiné ; donner la bonne réponse au concierge qui vous regarde venir de derrière son bureau ; prendre lascenseur lambrissé, sous la conduite de Klara, la secrétaire de lartiste ; se déchausser à la porte dentrée parce que, explique celle-ci, les tapis sont blancs ; suivre un long couloir sans pouvoir sarrêter ni devant les toiles et les dessins qui couvrent les murs, ni devant une vaste collection de lunettes noires et de chapeaux de paille déployée sur une table ; et, enfin, traverser la cuisine. La pièce est silencieuse et lon se croirait plutôt dans une maison en Toscane quen bordure de Central Park. On ne sattendait pas à un tel endroit. A vrai dire, on ne sait pas à quoi sattendre. Yoko Ono est un être mythique. Comment interroger un être mythique ?
Rétrospective avec une centaine de pièces de lartiste
Elle avertit en préambule : « Si vous me posez des questions auxquelles je ne veux pas répondre, je ny répondrai pas. » On approuve dautant plus volontiers que le propos est dinterroger Yoko Ono sur ses performances et créations artistiques des années 1960, et non sur ce qui sest passé plus tard et qui appartient principalement à lhistoire de la musique contemporaine. Loccasion, cest lexposition intitulée…
