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25 mars 1969. Ils pensent John et Yoko capables de faire l’amour devant eux

Sitôt mariés, le 20 mars 1969, à Gibraltar, John Lennon et Yoko Ono s’attendent à être traqués par la presse. Inutile d’espérer lui échapper. Alors les deux babas cool, qui nagent en plein trip Peace and Love, ont l’idée du siècle : pourquoi ne pas convier les journaleux à un « bed-in for peace ». L’équivalent d’un sit-in, mais dans un lit. Histoire de délivrer un message de paix en pleine guerre du Vietnam.

Aussitôt pensé, aussitôt organisé. Ils font envoyer des dizaines d’invitations aux rédactions disant qu’ils attendront les reporters dans le lit kingsize de leur suite de l’hôtel Hilton d’Amsterdam, du 25 au 31 mars, de 9 heures à 21 heures. La presse écrite et télévisée se précipite en masse, mais dans l’espoir secret que ces deux dingues adeptes de substances diverses et hallucinogènes se livrent aux petits exercices ordinaires d’une nuit de noces. Clic-clac, Kodak, ce serait le scoop du siècle ! John et Yoko ne viennent-ils pas de publier l’album Two Virgins où ils figurent entièrement nus sur la pochette ?
Cheveux longs, guitare et fleurs
Las, les journalistes en sont pour leurs frais : John et Yoko sont peut-être adeptes du fameux slogan « Faites l’amour, pas la guerre », mais dans la plus stricte intimité. Ils reçoivent les journalistes sagement assis dans leur lit qu’ils ont fait placer contre la baie vitrée. Des slogans ornent les murs : « Hair piece », « Bed peace », « Grow your hair ». John arbore un magnifique pyjama blanc, celui de Yoko est noir. Comme tout bon hippie de l’époque, leurs cheveux s’étalent sur les épaules. John arbore moustache et barbe fournies. Deux grands vases contiennent des fleurs blanches. Dans un coin, une guitare, encore blanche, et puis une sono où le chanteur met des vinyls.
Chaque matin, dès 9 heures, la meute de journalistes hollandais et internationaux se précipite dans la chambre pour assister au lever du couple. On se croirait revenu au temps de Louis XIV avec le lever du roi. Caméras et micros sont tendus vers le couple princier qui susurre des propos de paix. Souvent, une discussion s’engage. Lennon explique sa démarche, Yoko approuve. John plaisante, rigole. Il empoigne sa guitare, chante des morceaux des Beatles. Sa voix est éraillée, il s’excuse et recommence. « Don’t let me down »… que les Beatles ont enregistré le 30 janvier précédent et qui sortira le 11 avril suivant. Les interviews se succèdent. « Nous pensons qu’au lieu de nous battre, de faire la guerre, nous restons simplement au lit », répond Yoko. La presse se moque gentiment de ces milliardaires hippies.
Quelques semaines plus tard, enchantés de cette première expérience, John et Yoko veulent la renouveler à New York, mais les autorités américaines refusent l’accès du territoire américain aux Beatles à cause d’une condamnation pour possession de cannabis l’année précédente. Aussi le deuxième Bed-in for peace se déroule-t-il à Montréal.

Source : lepoint

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