Nous apprenons aujourd’hui la commercialisation le 28 mai prochain du film « Yellow Submarine
Nous vous proposons d’en savoir plus sur ce film des Beatles :
Sommaire
L’histoire
Il était une fois ou peut-être deux, un royaume enchanté appelé Pepperland, un endroit merveilleux protégé par le Sgt. Pepper’s Lonely Heart Club Band où le bonheur et la musique règnent en maîtres. Mais tout cela est gravement menacé lorsque les méchants Blue Meanies déclarent la guerre et envoient une armée menée par Gantelaid’ (Flying Glove) pour détruire cet éden. En enfermant le groupe dans une boule bleue anti-musique, ils transforment alors les habitants de Pepperland en statues de pierres et vident le royaume de toutes ses couleurs. Panique totale dans la population pepperlandaise dont le maire Old Fred décide d’envoyer Young Fred et son sous-marin jaune chercher de l’aide. Young Fred réussit à s’enfuir et va ressusciter la légende de Yellow Submarine
Young Fred arrive à Liverpool où il tombe d’abord sur Ringo déprimé et sans but (Eleanor Rigby) et essaye tant bien que mal de le persuader de l’aider. Ringo rassemble alors ses trois amis John, George (au son de sa composition Love You To) et Paul. Durant le voyage à bord du sous-marin jaune, ils vont traverser cinq mers différentes :
- Sea of Time – où le temps les fait plonger en enfance ou dans la vieillesse (When I’m Sixty-Four)
- Sea of Science – où ils chantent Only a Northern Song
- Sea of Monsters – où un terrifiant aspirateur commence par aspirer le décor avant de s’aspirer lui-même.
- Sea of Nothing – où ils rencontrent un homme plutôt utile le Nowhere Man dont le nom est Jeremy Hilary Boob. Ringo a pitié de lui et le laisse venir à bord du sous-marin.
- Foothills of the Headlands (ou Sea of Heads) – où ils sont séparés du sous-marin et John chante Lucy In The Sky With Diamonds.
- Sea of Holes – où Jeremy est enlevé par un des Blues Meanies patrouillant dans les périphéries de Pepperland. Quand Ringo saute par-dessus un trou vert (qui se transforme en Sea of Green et est réellement un portail caché), ils arrivent dans Pepperland.
Réunis avec Old Fred, Young Fred et le sous-marin, ils prennent la place du Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band. Armés de leur humour et de leur musique (With a Little Help from My Friends, All You Need Is Love, Hey Bulldog), les quatre garçons dans le vent sauvent Pepperland des forces de Sir Bleunoir. Jeremy est sauvé, les fleurs repoussent, les couleurs reviennent, le Sgt. Pepper’s Lonely Heart Club Band est libéré grâce au trou que Ringo ramène de Sea of Holes et Pepperland est reconstitué. Les Blues Meanies sont forcés de battre en retrait, mais John leur propose de devenir amis et Sir Bluenoir change d’avis et accepte. Une énorme partie s’en suit montrant chaque personnage vivant heureux pour toujours (It’s All Too Much).
À la fin, les vrais Beatles apparaissent et nous montrent tous leurs souvenirs. George a le moteur du sous-marin, Paul a « un peu d’amour » (a little love) et Ringo a toujours la moitié d’un trou dans sa poche parce qu’il a donné le reste à Jeremy. Cependant, John repère que « d’au tres Blues Meanies s’apprêtent à envahir la salle de cinéma » et dit gaiement qu’il n’y a plus qu’une seule chose à faire pour les faire sortir : « Chanter ! » (Singing!). Le quatuor reprend la chanson All Together Now en chur avec diverses traductions de la chanson qui apparaissent dans l’ordre sur l’écran.
Lancement du film
L’expérience de Help! et de Magical Mystery Tour a montré aux Beatles que leur don de faire de l’or avec tout ce qu’ils touchent a des limites. En particulier, elle les a rendus extrêmement prudents vis-à-vis de tout nouveau projet de film. Aucune des nombreuses idées qu’on leur a soumises au cours des deux années écoulées n’a satisfait à la rigueur de leurs exigences de qualité, si bien qu’ils ne sont pas trop emballés à l’idée d’un contrat de longue durée qui signifierait un retour au grand écran en 1968, qu’ils le veuillent ou non.
Le film et sa création seront miraculeux selon l’un de ses producteurs John Coates. Le projet voit le jour quand Al Brodax, qui a produit pour la chaîne américaine ABC une quarantaine d’épisodes de la série de films d’animation The Beatles Cartoons pour la télévision, contacte Brian Epstein, l’imprésario des Beatles, avec l’idée de faire un long métrage animé. À l’apogée de la Beatlemania, où l’on ne manque aucune occasion de tirer profit de l’extraordinaire popularité du groupe, Epstein a conclu un arrangement attribuant les droits d’images animées des Fab Four à une société américaine, King Features. Encouragé par le succès de la série télévisée, Epstein accepte de se lancer dans l’aventure en voulant produire un grand film d’animation en profitant d’une option qui fait partie de ce arrangement. King Features met sur ce projet George Dunning, directeur de studios basés à Londres, qui a travaillé également sur le programme TV. Une réunion informelle de production a lieu aux studios d’Abbey Road au moment de la sortie de Sgt. Pepper et l’on voit rapidement naître l’idée d’une aventure de fiction. Grâce à Pepper, tous sentent que ce film pourrait et devrait être plus ambitieux que tout ce que les Beatles ont fait auparavant. Lorsque les contrats sont signés, il reste onze mois pour boucler le film, la soirée de la première est prévue pour juillet 1968, et un budget de trois cent quatre-vingt cinq mille livres seulement.
Le scénario est tout à la fois simple et plaisant. Il sera plus difficile de donner corps à l’idée de départ et de nombreux scénaristes sont mis à contribution (bien plus que le générique ne le donne à lire). En quête d’un scénario adéquat, Brodax déniche un jeune auteur inconnu, Lee Mintoff. Le groupe le rencontre et approuve ce choix, mais refuse son script, aux airs de conte de fées. Erich Segal, un professeur d’anglais américain qui travaille avec le compositeur Richard Rogers et qui va bientôt gagner une réputation mondiale avec Love Story, remanie le scénario, qui ne sera pas achevé avant la fin du long-métrage quelques jours avant la première. On recrute aussi Roger McGough, le poète de Liverpool, chargé de vérifier que l’écriture du scénario a bien la saveur scouse du dialecte de Liverpool. Charlie Jenkins, le responsable des effets spéciaux, apporte un exemplaire du magazine allemand Twen et suggère de contacter le directeur artistique tchécoslovaque Heinz Edelmann. Lui, qui n’a jamais travaillé pour le cinéma, livre en deux semaines des dessins qui éblouissent les animateurs. Bien reconnaissables, les Fab Four capturent l’esprit de l’époque avec leurs couleurs vives et leurs contours arrondis. Edelmann esquisse aussi les méchants Blue Meanies et contribue largement à l’atmosphère générale du film.
Les Beatles, qui détestent la série télévisée, sont consultés dans les premiers temps du projet de Yellow Submarine
En visionnant les rushes, l’intérêt des Beatles s’accroît. Ils passent de temps en temps chez TVC, surveillent l’avancée du projet et acceptent d’être filmés pour la dernière séquence du film. Mais lorsqu’ils tournent cette scène dans les studios de Twickenham en janvier 1968, c’est pour eux un devoir plus qu’un plaisir. Ils veulent en fait tenir leurs engagements avec le moins possible de contraintes pour eux-mêmes: on le voit dans le choix du matériel qu’ils proposent pour la bande sonore. Le groupe n’est qu’indirectement impliqué dans ce projet d’animation ambitieux, à travers différentes chansons utilisées dans le scénario. La direction musicale est due à une signature connue, George Martin. Brian Epstein, qui a signé le contrat pour le film, s’est engagé à fournir au moins trois titres originaux des Beatles pour ce projet, une contrainte que le groupe n’apprécie guère. Finalement, les Beatles offrent quatre chansons originales au film : It’s All Too Much, Only a Northern Song, All Together Now et Hey Bulldog. Cette dernière chanson est livrée en retard, la scène autour de Hey Bulldog est donc tournée à la hâte dans les dernières semaines de production. Après la première anglaise, la fin est jugée trop longue et cette scène de grosse farce, la plus proche de la série animée américaine, est supprimée avant les projections aux États-Unis, ce qui laisse perplexes les fans locaux qui ont acheté la bande originale.
Yellow Submarine
Quand l’animation imite l’art
Si, comme l’a fait remarquer John Coates, il s’écoule moins d’un an entre les premiers dessins et la première du film à Londres, le projet dure néanmoins près de deux ans, exige 14 scénarios différents et mobilise 40 animateurs et 140 dessinateurs. Riche, fluide, magique, bousculant les habitudes des techniciens de l’animation, le film inaugure une nouvelle ère stylistique qui ouvre la voie à la création d’images culturellement sophistiquées. Inspiré des nouvelles tendances artistiques de l’époque, Yellow Submarine
Les Beatles à l’unisson de leur public
En 1999, après avoir vu la nouvelle version remastérisée et restaurée, les trois Beatles survivants ont été à nouveau frappés par l’histoire captivante, la puissance des effets visuels et l’effet des chansons par rapport aux décors. « Le film tient vraiment la route. C’est très spirituel, intelligent et plutôt dépaysant » déclare Paul McCartney. George Harrison remarque que « Heinz a été brillant et je crois qu’il mérite tout le crédit du film. Yellow Submarine
Yellow Submarine
La réédition du film et de sa bande-son
En 1999, à l’occasion du trentième anniversaire de la sortie du film, les trois Beatles survivants se donnèrent pour mission de restaurer le sous-marin qui avait bien mal vieilli. Ainsi, le 12 septembre sortait dans les bacs l’album Yellow Submarine
Cependant, le grand oublié de la fête fut sans conteste George Martin. En effet, alors quil fut le principal contributeur de la première version avec sept morceaux instrumentaux à son actif, cette nouvelle version du sous-marin jaune léclipse totalement, au profit des contributions Lennon-McCartney. Cest alor s que lon peut se demander si le projet Yellow Submarine
En plus de la bande son qui a eu droit à une remastérisation, le film a aussi eu droit à un coup de peinture. Ainsi, les ingénieurs chargés du projet Yellow Submarine
Fiche technique
- Réalisation : George Dunning, Dennis Abey
- Scénario : Al Brodax, Erich Segal, Lee Minoff, Jack Mendelsohn
- Musique : The Beatles (John Lennon, Paul McCartney, George Harrison, Ringo Starr)
- Direction musicale : George Martin
- Directeur artistique : Heinz Edelmann
- Producteur : Al Brodax
- Distribution initiale en salles : United Artists / King Features Syndicate / Apple Films
- Format : 16:9
- Langue : anglais
- Budget : 250.000 £
- Genre : Film d’animation musical
- Durée : 90 minutes (1 h 30)
Distribution
- John Clive : John
- Geoffrey Hughes : Paul
- Peter Batten : George
- Paul Angelis : Ringo, Chief Of Blue Meanies, George
- Dick Emery : Lord Mayor, Nowhere Man, Jeremy Hillary Boob, Phud (Ph.D.), Max
- Lance Percival : Old/Young Fred
Voix
- John Clive – John
- Geoffrey Hughes – Paul
- Peter Batten – George
- Paul Angelis – Ringo, le chef des Blue Meanies, George
- Dick Emery – Lord Mayor, Nowhere Man (Jeremy Hillary Boob, Phud (Ph.D.)), Max
- Lance Percival – Old/Young Fred
- John Lennon – John (parties chantées)
- Paul McCartney – Paul (parties chantées)
- George Harrison – George (parties chantées)
- Ringo Starr – Ringo (partie chantées)
