«Si vous vous demandez pourquoi je change constamment de guitare, cest pour vous impressionner!» a blagué Paul McCartney mardi soir au Centre Bell.
Oh, Paul. Pour épater la galerie, pas besoin de recourir à de tels artifices; tes chansons suffisent. Et tu le sais bien.
Le légendaire chanteur sest montré très généreux lors du premier de ses deux concerts en sol montréalais : 150 minutes de spectacle pour un total de 36 hits, dont 27 figuraient au programme de sa prestation daoût dernier.
Car si Macca a retravaillé le contenant (sa précédente tournée sintitulait Up and Coming, alors que celle-ci porte le nom dOn the Run), il na presque pas touché au contenu. La liste et même lordre des pièces jouées na pas beaucoup bougé. Mais personne ne sen est plaint. Cest ce qui arrive quand on compose des morceaux indémodables : le public a beau les avoir entendus des centaines de fois, il ne sen lasse pas. Même quavec le temps, ces tubes prennent du galon et deviennent plus grands que nature.
Dur, dur de détester un concert dune icône, surtout lorsquon vous réserve des sièges au parterre (léquipe de gérance de McCartney avait placé les journalistes à quelques mètres de la scène). Cela dit, même si on avait voulu écrire un papier mitigé, on aurait eu de la difficulté à le faire vu la qualité de ce quon nous a présenté.
Cest avec trois quarts dheure de retard que Sir Paul sest pointé le bout du nez. Toujours aussi cool à 69 ans, le rockeur a surgi des coulisses sans tambour ni trompette, mais sous un tonnerre de cris. Agrippant sa guitare après avoir salué ses 16 993 fans finis avec lénergie et l(apparente) innocence dun gamin dâge préscolaire, il a ouvert le bal avec la sympathique Hello Goodbye. Premier constat : à linstar de sa crinière, sa voix ne montre aucun signe de vieillesse. McCartney pousse la note avec la même justesse quà ses débuts.
Encore une fois, lidole dune génération a pris un malin plaisir à sadresser à la foule dans la langue de Molière. «Je vais essayer de parler français, mais je suis meilleur en anglais», a-t-il indiqué en lorgnant ses notes quil avait disposées près de pied de son micro.
Le gentleman a passé les 90 premières minutes de sa prestation à alterner entre les chansons des Wings (Let Me Rolll It, Jet), des Beatles (All my Loving, Blackbird, The Night Before, en grande première canadienne, Here Today, en vibrant hommage à son ami John Lennon) et les siennes (Dance Tonight).
La deuxième moitié du concert a pour sa part été consacrée exclusivement à luvre monumentale du Fab Four. Au moment de mettre sous presse, létoile saluait la mémoire de George Harrison en jouant Something au ukulélé. En quittant le Centre Bell, on se mordait les doigts à lidée de manquer les Yesterday, Get Back, Hey Jude et autres Helter Skelter
Source : journalmetro
