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2010 L'actualité Beatles

John Lennon: que vaut le film sur sa jeunesse ?

John Lennon: que vaut le film sur sa jeunesse ?
Par Laure NARLIAN

« John Lennon » (au centre), incarné par Aaron Johnson dans « Nowhere Boy ».
© Mars Distribution
«Nowhere Boy» de Sam Taylor Wood raconte les jeunes années de Lennon avant l’avènement des Beatles
30 ans jour pour jour (8 décembre 1980) après la mort du mythe John Lennon, ce film prend le parti de nous plonger au coeur des années 50 en racontant l’adolescence de celui qui fut le fondateur des Fab Four.
On y découvre un garçon turbulent et leader né dont l’arrogance cachait mal une blessure originelle et un manque de confiance en lui.
«Nowhere Boy» montre surtout le déchirement d’un garçon entre sa tante adoptive Mimi et sa véritable mère, Julia, avec laquelle il renoue en cachette après en avoir été séparé à l’âge de 5 ans. Le puzzle de cette séparation, dont il n’a gardé que des images floues, le hante et revient comme un leitmotiv dans le film jusqu’à ce qu’il l’élucide et en recolle le scénario.
C’est Aaron Johnson, acteur précoce âgé de 20 ans, déjà repéré dans L’Illusioniste, Dummy et Kick Ass, qui incarne Lennon. Passé les premières minutes de gêne évidente à tenter de déchiffrer sur son (beau) visage l’aura d’un autre, Johnson s’en sort brillamment. Il excelle à interpréter la dualité d’un garçon dont l’effronterie et la forfanterie, voire la brutalité et parfois même la cruauté, masquent mal les meurtrissures et la sensibilité.
Il donne la réplique à un duo d’actrices remarquables : Kristin Scott Thomas, en tante Mimi guindée et vertueuse, et Anne-Marie Duff, en Julia flirteuse, fantaisiste et insouciante. La première a élevé John dans la rigueur et la morale. La seconde, anticonformiste et pleine de vie, lui fera découvrir le rock’n’roll et lui apprendra des rudiments de banjo, sa première guitare. Les deux aiment John passionnément et se disputent son amour.
En toile de fond de ce récit d’initiation : l’Angleterre ouvrière des années 50, et l’arrivée du rock’n’roll, touche de couleur et de folie dans un pays exsangue et gris.
Un biopic hélas plombé par le mélo
La reconstitution du Liverpool de l’époque est plutôt bien rendue, même si la caméra, amoureuse de son sujet (Johnson-Lennon), lui colle à la peau et évite ce faisant les plans larges. On pense néanmoins pour les décors à la qualité de « Walk the line », le biopic sur Johnny Cash. Mais sur le fond, le film ne tient pas plus la comparaison qu’avec «Control » d’Anton Cobjin (sur Ian Curtis de Joy Division), modèle du genre depuis sa sortie il y a 3 ans.
Le vrai faux-pas de Sam Taylor-Wood est d’avoir voulu en rajouter dans le drame et le pathos. A fouiller le déchirement entre les deux femmes de la vie de Lennon, son film bascule à mi-parcours dans le mélo et donne lieu à force pleurnicheries. Un comble dans un pays connu pour sa pudeur et sa retenue.
Et d’autant plus inutile si l’on en croit la biographie définitive (et passionnante) qui vient de sortir sur Lennon signée Philip Norman. A lire ce dernier, on comprend que l’ado John Lennon avait habilement négocié sa double vie, sans trop de heurts de part et d’autre, et semblait plutôt tirer avantage du fait d’avoir deux foyers à quelques kilomètres l’un de l’autre.

Source : France 2

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