Le jeu vidéo : «The Beatles Rockband», qui sortira le 9 septembre, pourrait ranimer la beatlemania : chacun peut incarner
Paul, John, George ou Ringo, se produire devant une foule de filles hystériques aux Etats-Unis ou participer au célèbre concert sur le toit dApple. Un vrai cours dhistoire de rattrapage sur les 4 de Liverpool. F.L.
Pour une fois, les quatre garçons nétaient vraiment pas dans le vent. Tous les géants du rock, des Rolling Stones à Led Zeppelin en passant par Pink Floyd, avaient été remasterisés sauf
les Beatles ! Une exception étonnante pour un groupe à la discographie parfaite, qui a révolutionné la pop et le rock. Pourquoi sy prendre si tard ?
« On attendait quEmi nous en donne lordre
», lâche comme seule explication Allan Rouse, le coordinateur de lopération qui a mobilisé une équipe de six ingénieurs du son à Abbey Road, le mythique studio anglais où le groupe enregistrait.
La date de sortie officielle des 14 albums en digipack se veut symbolique : le 9/9/2009. Un peu plus, et il fallait attendre le 10/10/2010, mais au risque de ne plus trouver un seul disquaire encore ouvert. Car pour la génération MP3, les CD sont décédés. Le coffret qui réunit toute leur discographie en stéréo, agrémentée de notes de pochettes, de photos inédites et même de petits films qui retracent (en VO non sous-titrée) le making of de chaque album, doit les convaincre du contraire.
Mais il ne fallait pas non plus se mettre à dos les vieux fans qui, au fil du temps, ont acheté tous les albums du groupe en vinyles, puis en cassettes, avant de se sentir trahis par les versions CD au son si plat. Pas question donc pour les architectes sonores de se comporter comme Viollet-Le-Duc avec nos monuments historiques. Léquipe de passionnés a dû prendre autant de soin avec luvre musicale que sil avait fallu restaurer « La Joconde ». Ils ont donc travaillé pendant quatre ans au plus près des pistes originales, en enlevant quelques bruits de micro mais pas tous, afin de préserver lauthenticité des enregistrements originaux.
Dans ce travail de haute précision, ce sont l«album blanc» et « Revolver » qui leur ont donné le plus de fil à retordre. Au final, le résultat est époustouflant : « Cant Buy me Love » acquiert beaucoup plus de relief, « Eight Days a Week » se fait plus percutant et les churs de « Yesterday » résonnent somptueusement. Sur « Helter Skelter », la section rythmique explose et permet de comprendre que les Beatles ont inventé le heavy metal. On peut même réentendre certains détails amusants, comme sur « Hey Jude » où John Lennon sexclame : « Oh ! Fucking Hell ! » (tendez bien loreille, 2 minutes 56 après le début
).
Bien sûr, face à ce dépoussiérage, certains puristes feront la fine bouche ou crieront à la trahison. « Nous décevrons forcément des gens », admet Allan Rouse. Mais les anciens pourront se rabattre sur le coffret mono, fidèle à lesprit du producteur dalors, George Martin, qui navait jamais été convaincu par la stéréo. En tout cas, ces nouvelles bandes ont été envoyées à Ringo Starr et à Paul McCartney
qui nont pas réagi. Pas de nouvelles, bonnes nouvelles ?
{Source : François Lestavel – Paris Match}
