Les subtilitĂ©s de Paul McCartney et de ses textes se dĂ©clinent en diffĂ©rentes saveurs. Tout au long de sa carrière avec les Beatles et au-delĂ , McCartney est devenu le plus grand romantique de la musique. Il a Ă©crit plus de chansons d’amour de grande qualitĂ© que n’importe qui dans l’histoire de la musique pop. Mais pour certains, ses penchants sexuels bizarres frĂ´lent le dĂ©rangement dans des chansons comme « Why Don’t We Do It In the Road ». Le va-et-vient entre l’amour doux et le sexe dĂ©bridĂ© est une caractĂ©ristique de la musique de McCartney depuis des dĂ©cennies.
En gĂ©nĂ©ral, il est facile de savoir quand il parle de l’un ou de l’autre. L’allusion faite dans une chanson comme « Fuh You » ne passe pas vraiment inaperçue. Cela fait des annĂ©es que McCartney fait gentiment pression sur les censeurs, bien avant que les autocollants d’avis parental ne vous avertissent de l’acte obscène dont McCartney fait la promotion dans des chansons comme « Hi, Hi, Hi » ou « Let Me Roll It ».
L’un des titres les moins subtils de McCartney provient de son album de duos avec Linda McCartney, RAM, aujourd’hui très apprĂ©ciĂ©. Eat At Home » est un rocker relativement simple : quelques accords, encore moins de paroles et une mĂ©lodie entraĂ®nante qui en fait l’un des titres les plus accessibles de RAM. Ă€ première vue, la chanson semble parler de la domesticitĂ© que le couple a trouvĂ©e en s’Ă©chappant dans sa ferme en Écosse après la rupture des Beatles.
« Linda et moi Ă©tions jeunes mariĂ©s, avec un bĂ©bĂ©, et nous essayions dĂ©sespĂ©rĂ©ment d’Ă©chapper au tumulte et de trouver le temps d’ĂŞtre une famille », explique McCartney dans le livre The Lyrics : 1956 to the Present. « Nous Ă©tions complètement isolĂ©s dans notre ferme en Écosse, un endroit que j’avais achetĂ© quelques annĂ©es auparavant mais dont Linda Ă©tait vraiment tombĂ©e amoureuse. Nous nous sommes donc amusĂ©s comme des fous. Nous avons beaucoup dessinĂ©. Nous avons beaucoup Ă©crit. Nous nous sommes mutuellement inspirĂ©s. Linda prenait beaucoup de photos, et je pense que Scotland l’a aidĂ©e Ă trouver une nouvelle facette de son travail, en s’Ă©loignant des musiciens et en capturant la nature et le quotidien de la vie de famille. »
D’un point de vue musical, « Eat At Home » doit beaucoup Ă l’exemple de Buddy Holly, qui a eu une influence considĂ©rable sur les Beatles lorsque nous Ă©tions jeunes et que nous commencions Ă Ă©crire nos propres chansons », a ajoutĂ© McCartney. L’un des aspects que j’apprĂ©cie le plus est que j’ai modifiĂ© la tendance de Buddy Holly Ă imiter une hĂ©sitation verbale en introduisant un baa de mouton dans la phrase « eat in be-e-e-e-d ». J’en Ă©tais fier !
Cependant, sous la couche extĂ©rieure de cuisine familiale se cache une signification beaucoup plus salace. InterrogĂ© sur la chanson en 1975, McCartney a dĂ©clarĂ© que « Eat at Home » Ă©tait simplement « un plaidoyer pour la cuisine familiale – c’est obscène ». Au cas oĂą vous auriez besoin d’un autre indice, Linda a fini par chanter « Cook of the House » pour Wings at the Speed of Sound en 1976. Nous vous laissons tirer vos propres conclusions de la chanson ci-dessous.













