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The Fireman

L’an dernier, Paul McCartney sortait de sa manche une de ces ballades à tomber dont il a le secret, You tell me. Il nous avait fait le même coup avec Jenny Wren, en 2005. Quel rapport entre The Fireman et Macca ? Tout, puisqu’il s’agit de lui, sous l’alias qu’il s’est inventé pour ses collaborations avec Youth, producteur inspiré et bidouilleur sonore patenté. Les deux premiers albums de The Fireman n’étaient que ça : du bricolage semi-électro qui permettait avant tout à Paulo de soigner son image d’aventurier. Avec Electric Arguments, on est en terrain plus familier. On songe au Paulo en solo de McCartney II, désireux de casser l’image lisse de Wings, s’essayant avec plus ou moins d’effets à détourner sa nature de mélodiste limpide.
Cette fois, McCartney semble vouloir prouver que, quarante ans après le manifeste de pop révolutionnaire qu’était le White Album, il est toujours dans le coup. Vomir sa hargne (contre Heather Mills, on présume), avec la voix retrouvée de Helter Skelter, sur le heavy Nothing too much just out of sight n’est pas forcément le meilleur moyen d’y arriver. Et il faut attendre le dernier titre, l’atmosphérique, rythmé et captivant Don’t stop running, pour imaginer ce qu’un mariage équilibré entre le sens inné de la mélodie de l’ex-Beatles et l’invention du brillant metteur en son pourrait donner de meilleur. Entre ces deux morceaux, on a l’impression d’entendre une suite d’ébauches de chansons, certaines plutôt bonnes mais laissées à l’état de « work in progress ». Les inconditionnels affirmeront qu’Electric Arguments témoigne d’une audace et d’une vivacité renouvelées. On peut aussi se dire qu’il lui manque cruellement cette ballade qui tue et qu’on ne se lassera jamais de réécouter. H.C.

Source : Télérama

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