Paul McCartney sur les Plaines en juillet. Le Cirque du Soleil au Colisée la semaine prochaine. Et pour faire le lien entre
ces deux moments phares des Fêtes du 400e, quoi de mieux que le fabuleux documentaire All Together Now, avec les chansons des Beatles revisitées par la toujours surprenante troupe de Guy Laliberté.
Le film d’Adrian Wills (présenté au cinéma Cartier en version originale anglaise avec sous-titres français) est une occasion unique de découvrir les coulisses de la préparation du show LOVE qui fait courir les foules à Las Vegas, 10 fois par semaine, depuis juin 2006.
Né de l’amitié entre Guy Laliberté et le regretté George Harrison, ce spectacle présentait sa part de risques. Ne touche pas aux chansons du Fab Four qui veut. «Remixer les chansons des Beatles, c’est comme s’en prendre au Saint-Graal…», comme le dit si bien Sir George Martin, alias «le cinquième Beatle», qui a travaillé avec son fils Giles à «remastériser» les enregistrements originaux du groupe.
Le grain de sel de Yoko
Entre Londres, Montréal et Las Vegas, All Together Now convie le spectateur au coeur d’un work in progress stupéfiant de 180 millions $, où les chansons des Beatles se fondent dans un amalgame d’acrobaties, de chorégraphies et d’émotions. La pression que devait supporter le metteur en scène Dominic Champagne (qui avoue être atteint du «syndrome de l’imposteur») est facile à imaginer dans le contexte.
Champagne devait non seulement jongler avec les échéanciers, mais aussi avec les opinions et les commentaires d’Olivia Harrison (la veuve de George) et de Yoko Ono, gardienne opiniâtre de la mémoire de John Lennon. La recherche de consensus n’a pas été une tâche facile.
À un certain moment, Yoko Ono rabroue Champagne pour sa vision «scabreuse» de Come Together. «Yoko, à l’haït ça, ce que je fais avec les tounes de John…» confie Champagne à la caméra, un brin désespéré.
Puisque le diable se cache souvent dans les détails, la veuve de John Lennon, davantage que la conciliante Olivia Harrison, cherchera à mettre son (gros) grain de sel, ce qui ne l’empêchera pas d’applaudir chaleureusement à l’issue de la première. «Il manque une lumière, celle de John. Je suis triste qu’il ne soit plus qu’une voix», confie-t-elle à la caméra.
Des gars «du tonnerre»…
Paul McCartney se rendra également à Las Vegas pour assister à une séance de travail du spectacle. Toujours aussi gentleman, Sir Paul donnera sa bénédiction à Champagne, profitant de sa présence pour prodiguer ses encouragements aux artistes de la troupe.
C’est exclusivement par l’entremise d’entrevues que Ringo Starr se fera entendre, échappant ici et là quelques anecdotes intéressantes sur la genèse des Beatles et comment il a appris à battre la mesure avec… des aiguilles à tricoter, à l’hôpital.
Ringo sera aux premières loges, lors de la première, et craquera lui aussi pour LOVE. Assis à ses côtés, le rigolo Paul lui glissera alors à l’oreille : «On était quand même du tonnerre…» Difficile de le contredire.
Le documentaire de Wills démontre aussi le perfectionnisme d’un John Lennon, qui rêvait d’un son et d’arrangements d’une pureté inatteignables. «On aurait pu faire mieux», a-t-il dit un jour à George Martin, au sujet de toutes les chansons du groupe. «Même pour Strawberry Fields Forever?», lui répond ce dernier. «Surtout pour celle-là…»
Plus qu’un simple making of, LOVE est une véritable pièce d’anthologie sur un défi hors du commun comme seul le Cirque du Soleil peut relever. À quand le dernier documentaire qui vous a donné des frissons de joie et de nostalgie?
Source : Normand Provencher / Le Soleil












